Grande classique de l’épreuve sudiste de fin de saison, ce tracé a bien failli laisser place à un inédit (Grand Sud). Heureusement ou malheureusement, c’est finalement Bassin Martin qui est programmé comme première spéciale de la boucle dominicale à disputer deux fois. Avec une horloge arrêtée l’an passé en 7’58.5 dans sa configuration montante durant 12,800Km, Bassin Martin possède cette particularité d’être quasi aussi rapide en montant qu’en descendant.
Champs de canne et arroseuses…
Avec une vitesse moyenne de 96,3km/h, ce tracé est l’un des plus rapides du circuit réunionnais. Sur un mix de surfaces très différentes, cette spéciale démarre sur une voie très empruntée par les agriculteurs à travers les champs de canne du chemin de la Croix Jubilé pendant 1,800Km. Particulièrement “grippeux” par les températures élevées du littoral début Décembre, il faut toutefois se méfier d’un relief souvent bombé sur un revêtement dégradé et des bas côtés cachant potentiellement des pierres et roches dissimulés sous la paille canne. Attention au passage du radier qui a déjà réservé des surprises (mauvaises) à certains (trop) optimistes. Autre piège potentiel: certaines arroseuses automatiques qui peuvent créer ponctuellement de véritables flaques résiduelles attendant tout pneu moulé qui aurait la fâcheuse idée de venir “luger” sur elle. Après un court passage de 400m sur le chemin Bassin plat ultra rapide mais comportant de nombreuses compressions à haute vitesse, les équipages prennent à gauche avec des approches souvent spectaculaires en dérive le chemin Boissy.
Le tracé change alors de physionomie. Alternant les sections parfois longues flat out, avec des angles parfois fermés et/ou qui se referment dans ce sens montant, cette section de près de 2km demande finesse et rythme soutenu avec des notes ultra précises sur un revêtement en très bon état. Sur cette seule section les écarts peuvent se compter en plusieurs dixièmes à voiture équivalente. Nombre de cordes paraissant anodines sont interdites sous peine de crevaison franche voire dégâts immenses pour le train avant gauche notamment dans la fausse épingle en sortant du radier comblé. Direction gauche en appui pour une section sur le chemin Ringion qui représente le quart de ce tracé. En faux plat descendant (100m d’altitude de perdue entre l’entrée et la sortie de Ringuin de 280 à 179m) Ringuin est particulièrement exigeant. Les arroseuses de cette section peuvent également être en route pour hydrater les cannes récemment coupées. Ultra rapides avec de longues courbes en appui qui s’enchainent sans interruption, l’aéro aura son mot à dire. Hormis le passage des deux radiers en béton, l’asphalte est totalement smooth et de bonne qualité. Néanmoins, les risques de crevaison y sont réels pour qui poserait trop généreusement les chaussettes dans certaines cordes qui n’en sont pas.
Taquet, taquet, taquet !
Place ensuite pour le sprint final dans la très courtisée zone spectateurs située à l’entrée du chemin Bassin Martin qui donne son nom à cette spéciale. En montée progressive cette section démarre par une section ultra rapide dans laquelle les pilotes ont la pédale de droite littéralement soudée au plancher pendant 700m pour les plus dingues (je vous fais grâce de deux descentes de rapport au droit des deux premiers ralentisseurs). Ça hurle, ça gueule, ça envoie du gros voire du sale ! Toute en trajectoire parfois en aveugle avec une moisson de “droite i” et “gauche i”, cette section jusqu’en haut du haras demande une immense précision en pilotage et une confiance absolue en son châssis. Gros coeur et grosses coui…. nécessaires ! Un paquet de secondes sont en jeu dans cette seule section de 2,500km.
Une fin rapide…
On retrouve ensuite une approche plus traditionnelle de nos spéciales locales avec là encore une possibilité d’arrosage dominical. Après le droite conditionnant l’entrée de la dénommée allée des jonquilles (en fait la continuité du chemin Bassin Martin) la montée se fait plus franche mais toujours sur un rythme très élevé compte tenu de l’enchainement de courbes à l’angle ouvert hormis quatre ou cinq virages fermés. La partie finale recèle quelques portions d’asphalte dégradé et après 10km de course, les gommes en températures risquent de se trouver aspirées pour les moins concentrés.

Toute en montée, cette spéciale offre une légère descente ultra rapide en sa partie médiane. Passant de 93m à 575m d’altitude Bassin Martin est traditionnellement ensoleillée et la gestion des températures pneus est essentielle. Il faut être vite en action tout en évitant une quelconque surchauffe (et donc surpression) qui annihilerait toute volonté de bon chrono. Le revêtement y est globalement de bonne qualité et les francs appuis à haute vitesse, voire très haute vitesse font la part belle aux plus “fighters”. En vous enfermant notamment dans la section chemin Ringuin vous verrez les voitures sur une longue distance pour qui s’éloigne un peu des bas côtés. Respectez les plantations aux abords de ce tracé. Les champs de canne ne sont ni des parkings ni des zones de pique nique et les risques d’incendie y sont réels.