LA deuxième spéciale de la boucle dominicale est la classique sudiste Notre Dame de la Paix en configuration habituelle sens montant. Avec un record toujours actif signé par Gerville en 2022 (Alpine A110) en 10’55.5 à la vitesse moyenne de 93,9km/h, Notre Dame pourrait cette année encore réserver des surprises et voir son record claqué…
Spéciale atypique s’il en est tout au long de la RD36, le tracé démarre à 596m pour terminer à 1546m. Et encore le point culminant est fixé à 1743m au niveau du deuxième bassin agricole de rétention d’eau en sortie de la forêt de Notre Dame. Véritable casse-tête d’ingénierie, les équipages devront s’adapter à une déperdition de puissance importante en partie haute. Compte tenu de la concentration en oxygène moindre, le comburant est fatalement moins efficient. Ainsi on considère qu’une voiture perd empiriquement 1% de puissance par tranche de 100m d’altitude. Le comportement en phase de remise de gaz est donc très différent et les prises de régime moins franches induisant des approches différentes en terme de pilotage avec un sous virage plus marqué.
C’est donc un ruban départemental (RD36) d’un très bon état qui attend les équipages au départ. La première section est assez rapide avec des courbes amples et une largeur de route permettant une exploitation optimale. Malgré la présence de quelques virages fermés, le rythme y est assez important avant le toboggan (intersection avec ligne d’équerre) qui laisse les moteurs pleine charge pendant plusieurs centaines de mètres par une pente pourtant conséquente.
Des trajectoires sacrifiées
Place ensuite aux premières prairies qui présentent le même profil que la traversée de la forêt juste au-dessus. Un enchainement de courbes fermées qui demandent des changements d’angles incessants avec l’obligation d’accepter le sacrifice de certaines courbes pour mieux enchainer les suivantes. Au sortir de la forêt, le brouillard peut faire son apparition avec des nuages qui grimpent les flancs de l’aplomb depuis la Rivière des remparts située sur l’à pic sur la droite. Un premier faux plat montant emmène les bolides jusqu’à la core la plus élevée de ce Rallye des 1000Km à 1743m. Avec un tracé rapide voire très rapide, le manque de puissance (plus de 15%) n’est pas immédiatement perceptible.
On redescend…
C’est dans la section suivante de faux plat descendant que les pilotes remarquent un manque réel de relance. Par la suite les courbes se referment davantage à l’approche de l’école Notre Dame de la Paix en traversant le petit bourg pour plonger ensuite dans la deuxième partie forestière avec une pente toujours descendante plus marquée et des courbes qui accueillent traditionnellement de nombreux spectateurs puisque dans ce sens le déclenchement du frein à main est une quasi obligation pour garder du rythme jusque sur la ligne d’arrivée au PR 17,100.

Avec une montée franche sur un très bon asphalte, Notre Dame de la Paix fait partie des spéciales habituelles des 1000Km. Pour sa 50e édition, l’ASASud ne pouvait évidemment pas faire l’impasse sur cette classique. Le casse tête est multiple. Non seulement il y a plusieurs changements de rythme mais c’est surtout l’altitude qui est un paramètre essentiel. Avec un point culminant près de 1000m plus haut que le départ, le pilotage va devoir s’adapter en permanence. Entre les immenses flat out et les séries d’épingles en sens descendant dans la deuxième partie, Notre Dame de la Paix peut également être victime d’averses aussi violentes que soudaines ou noyée sous une bruine toute normande. Pour ajouter à la complexité, malgré des vitesses de pointe parfois très élevées, il faut avoir des notes ultra précises sans aucun point de repère extérieur sur la partie haute. La présence de bancs nuageux et/ou de brouillard ajoute encore au rôle décisif du navigateur.