samedi, octobre 17, 2026
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Razgatlioglu flat out…

Bienvenue à Portimão où les montagnes russes de l’Algarve ont accueilli vendredi la deuxième manche du championnat WorldSBK 2025, après un coup d’envoi australien qui nous avait déjà donné envie pour la suivante. Le touchdown européen sur ce circuit vallonné – un Autódromo Internacional do Algarve qui semble avoir été dessiné par un ingénieur sous acide – a permis de jauger l’état de forme des uns et des autres lors des essais libres de la catégorie reine. Plus d’un mois après le lancement de la saison, pilotes, ingénieurs et équipes techniques ont eu tout le loisir de peaufiner leurs montures. Et pourtant, à voir certains chronos ou certaines gamelles, on se demande si ce temps a été utilisé pour régler les machines ou pour siroter des cocktails sur les plages australiennes.

Commençons par le roi du plateau, Toprak Razgatlioglu, alias “El Turco”, le pilote BMW qui a décidé que la première séance d’essais libres (FP1) était optionnelle. Un problème technique l’a cloué au stand après un tour de chauffe – probablement juste assez pour saluer la foule et rentrer boire un café. Mais ne vous inquiétez pas pour le champion turc : en FP2, il a repris la piste comme si de rien n’était, claquant un 1’39.995s – le seul chrono sous la barre des 1’40 – et laissant Nicolo Bulega, son rival Ducati, à trois dixièmes derrière. Razgatlioglu, c’est le genre de type qui rate le départ mais finit quand même par vous mettre une claque en pleine ligne droite. Son coéquipier Michael van der Mark a complété le podium du jour avec un 1’40.506s, histoire de rappeler que BMW n’est pas là pour faire de la figuration. Pas mal pour une marque qu’on associe plus aux autoroutes allemandes qu’aux virages portugais.

En face, Bulega, le métronome italien de chez Ducati, a fait du Bulega : constant, propre, presque ennuyeux. Des tours en 1’40.6s, puis 1’40.7s, avant de grappiller du temps pour finir à 1’40.294s. On dirait un comptable qui ajuste ses chiffres pour ne pas trop effrayer le patron. Mais soyons sérieux : pourra-t-il vraiment défier “El Turco” ce week-end ? Parce que pour l’instant, on a l’impression qu’il suit le rythme sans jamais vraiment sortir les griffes. Derrière lui, le contingent Ducati a montré les crocs, mais pas toujours avec grâce. Andrea Iannone, quatrième, a fini sa journée par une glissade à Turn 5 – un classique pour ceux qui confondent Superbike et patinage artistique. Alvaro Bautista, cinquième, reste dans le coup, mais à sept dixièmes de Razgatlioglu, on sent que le double champion commence à entendre le tic-tac de l’horloge. Quant aux indépendants Petrucci et Montella, ils se tiennent dans un mouchoir de poche avec Bautista. Une belle bagarre de chiffonniers en perspective.

Et puis, il y a les autres. Alex Lowes, dixième sur sa Bimota, a flirté avec le top 3 en début de FP2 avant de retomber dans le rang. Son coéquipier Axel Bassani, troisième en FP1 grâce à un pneu neuf, a oublié de se réveiller pour FP2. Résultat : un 1’41.046s qui sent la sieste prolongée. Chez Yamaha, on bricole avec des “superconcessions” – comprenez des pièces censées sauver une R1 qui semble en bout de course. Andrea Locatelli, onzième, mène la charge, mais à plus d’une seconde de Razgatlioglu, on se demande si ces concessions servent à accélérer ou à décorer. Jason O’Halloran, remplaçant de Jonathan Rea (toujours en convalescence après avoir confondu sa moto avec un punching-ball), ferme la marche en 22e position. Deux secondes de progrès entre FP1 et FP2, bravo Jason, mais à ce rythme, tu seras dans le top 10 en 2030.

Honda, fidèle à sa tradition de “on y croit, mais pas trop”, place Xavi Vierge en 14e position et Iker Lecuona, de retour de blessure, en 16e. Six dixièmes entre les deux, c’est presque un exploit pour une CBR1000RR-R qui semble toujours chercher son manuel d’utilisation. Tarran Mackenzie et Zaqhwan Zaidi, 18e et 23e, complètent un tableau aussi enthousiasmant qu’un lundi pluvieux. Kawasaki, réduit à un seul pilote en 2025, Garrett Gerloff, traîne en 19e place après une FP1 gâchée par un souci technique. On compatit, Garrett, mais à 1’42.009s, on dirait presque que tu roules avec le frein à main.

Alors, que retenir de ce vendredi à Portimão ? Que Razgatlioglu reste le patron, même quand sa moto fait des caprices. Que Bulega est solide et assume sa place de leader, mais pas encore assez tranchant pour enfoncer le clou. Que Ducati domine en nombre, mais pas forcément en panache. Et que les autres – Bimota, Yamaha, Honda, Kawasaki – jouent les seconds rôles dans un scénario où les chutes et les chronos s’entremêlent comme une mauvaise sitcom. Le rollercoaster portugais a tenu ses promesses : ça monte, ça descend, et parfois, ça finit dans le décor. Vivement la suite, parce qu’à ce rythme, on risque de rire autant qu’on vibre.


Top 5 du vendredi :

  1. Toprak Razgatlioglu (BMW) – 1’39.995s
  2. Nicolo Bulega (Ducati) – +0.299s
  3. Michael van der Mark (BMW) – +0.511s
  4. Andrea Iannone (Ducati) – +0.600s
  5. Alvaro Bautista (Ducati) – +0.711s
IntituléDuréeLocalEuropeRéunionVietnam
Samedi 29 Mars
FP320′09h0010h0013h0016h00
Superpole15′11h0012h0015h0018h00
Course 120 tours14h0015h0018h0021h00
Dimanche 30 Mars
Warmup10′09h0010h0012h0015h00
Superpole race10 tours11h0012h0014h0017h00
Course 220 tours14h0015h0016h0019h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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