Ce week-end, l’Indianapolis Motor Speedway accueille la 109e édition de l’Indy 500, le joyau de l’IndyCar où 33 pilotes vont s’affronter sur un ovale qui n’a rien d’un simple rond-point. On pourrait croire qu’il s’agit juste de tourner à gauche pendant 200 tours, mais la piste de 2,5 miles (4,023 km) est un monstre technique qui sépare les héros des zéros. Avec des virages inclinés, des volants capricieux et des favoris prêts à se manger les murs, ce Grand Prix promet du spectacle. Et au centre de l’arène, Alex Palou, le maestro espagnol, veut enfin briser sa malédiction ovale.
Un ovale, mais pas un manège

Ne vous y trompez pas : l’Indianapolis Motor Speedway n’est pas une balade de santé. Ses quatre virages, qui semblent identiques sur le papier, sont des casse-têtes uniques. Chaque virage est incliné à 9 degrés et 12 minutes, une pente subtile mais cruciale qui permet aux voitures de tenir des vitesses folles – jusqu’à 233,954 mph (376,5 km/h) pour Scott McLaughlin vendredi dernier. Mais les similitudes s’arrêtent là. Le virage 1, en entrée de ligne droite principale, est le plus traître : les vents de travers, souvent de 20-25 mph cette année, y créent une instabilité diabolique, comme l’a prouvé le crash de Kyle Larson en avril. Le virage 2, avec son entrée plus étroite, punit les pilotes trop gourmands : Christian Rasmussen y a embrassé le mur lundi. Les virages 3 et 4, plus ouverts, permettent des trajectoires audacieuses, mais une sortie mal négociée envoie directement dans le SAFER Barrier, comme l’a appris Kyffin Simpson vendredi. La piste, large de 50 pieds (15,24 m), se resserre à 33 pieds (10 m) dans les virages, forçant une précision chirurgicale. Ajoutez des températures de piste flirtant avec les 100°F (38°C) et des bourrasques imprévisibles, et vous avez une recette pour le chaos.
Le volant, ce tyran ergonomique

Les volants IndyCar, loin des jouets de F1, sont des bêtes complexes. Avec l’introduction du système hybride en 2024, ils ont gagné en poids et en boutons, rendant leur maniement aussi intuitif qu’un puzzle sous LSD. L’inclinaison du volant, ajustée entre 20 et 30 degrés selon les préférences du pilote, est critique pour gérer les forces G – jusqu’à 5 G dans les virages à pleine vitesse. Alex Palou, par exemple, préfère une inclinaison plus verticale pour maximiser le contrôle dans le trafic, où il excelle. Les pilotes doivent jongler avec des commandes pour l’ERS (Energy Recovery System), le poids du volant alourdi par la batterie hybride (environ 1,5 kg de plus), et des ajustements de différentiel, tout en gardant les yeux sur une piste où une erreur de 2 cm peut coûter la course. Larson a noté que ce volant, reconfiguré depuis 2024, demande un temps d’adaptation, surtout pour les rookies comme Robert Shwartzman.
Alex Palou, le roi sans couronne ovale

Parlons d’Alex Palou, l’Espagnol qui fait trembler l’IndyCar. En 2025, il a remporté quatre des cinq premières courses – St. Petersburg, Thermal Club, Alabama, et le Sonsio Grand Prix – avec une moyenne de finition de 1,2, un record digne d’un métronome. Avec 30 podiums en 67 départs pour Chip Ganassi Racing, il domine le championnat avec 97 points d’avance sur Kyle Kirkwood. Mais l’Indy 500 reste son Everest. En quatre participations, il a fini 5e, 2e, 9e et 4e, avec 119 tours menés, mais jamais la victoire. En 2021, il a frôlé le succès, battu par Castroneves ; en 2022, une caution l’a piégé ; en 2023, un accrochage en pitlane l’a relégué. Lundi, il a signé le meilleur temps en pratique (226,765 mph), prouvant que sa Honda No. 10 DHL est prête à rugir. Curt Cavin et Eric Smith le voient enfin triompher, citant son aisance en trafic et sa constance.
Les forces en présence : un peloton de tueurs

Les journalistes d’IndyCar sont formels : c’est un duel au sommet, mais avec des outsiders affamés. Curt Cavin mise sur Palou, notant son average de 5,0 à Indy et sa capacité à survivre aux pièges. Eric Smith, lui, préfère Scott Dixon, coéquipier de Palou, dont la dernière victoire à Indy remonte à 2008. Dixon, 44 ans, a fini dans le top 6 trois fois en cinq ans et reste une menace constante. Arni Sribhen parie sur Pato O’Ward, 2e en 2022 et 2024, qui part en première ligne et a soif de revanche après avoir été doublé au dernier tour l’an dernier. Paul Kelly voit aussi O’Ward triompher, soulignant sa position extérieure en première ligne, statistiquement favorable (13 victoires). Conor Daly, en 4e ligne, est le « dark horse » de Sribhen pour sa capacité à dépasser en course. Takuma Sato, 2e sur la grille, est un danger avec son style « no attack, no chance ». Josef Newgarden, double tenant du titre, part 32e après une infraction technique, mais son exploit serait historique. Le rookie Robert Shwartzman, poleman surprise, risque de jouer prudent dans son premier ovale.
Un rodéo, pas une promenade
L’Indy 500 2025, c’est tout sauf tourner en rond. Entre des virages aux personnalités vicieuses, des volants qui demandent des biceps de forgeron, et un peloton où Palou, Dixon, O’Ward, et même un Daly ou un Sato peuvent faire basculer l’histoire, ce week-end s’annonce comme un thriller. Palou, en quête de son premier triomphe ovale, est le favori logique, mais à Indy, la logique est souvent la première à s’écraser dans le mur. Alors, sortez le popcorn : Indianapolis va rugir…
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 23 Mai | |||||
| Carb Day FP | 6h | 11h00 | 19h00 | 17h00 | 22h00 |
| Pit stop Challenge | 3h | 14h30 | 22h30 | 20h30 | 01h30(J+1) |
| Dimanche 24 Mai | |||||
| Pre Race | 2h | 10h00 | 18h00 | 16h00 | 21h00 |
| Course | 200 tours | 12h00 | 20h00 | 18h00 | 23h00 |