Bien évidemment il y aura ce week end les barbecues, les feux d’artifice et les discours patriotiques sur fond de ketchup : en course, le vrai programme de la fête de l’indépendance, c’est une décharge collective d’adrénaline sur l’asphalte bosselé du Mid-Ohio Sports Car Course. Le championnat IndyCar attaque le marathon annuel avec la grâce d’un poulet sans tête lancé sur un tapis roulant. Huit courses en neuf semaines. Oui, huit ! Même les préparateurs de commande d’Amazon prennent plus de pauses que ça.

Et pour inaugurer ce marathon transformé en sprint, direction Lexington, Ohio, au cœur de ce que les géographes appellent avec beaucoup de bienveillance le « milieu de nulle part ». Le circuit ? Un ruban de 2,258 miles (3,633km), 13 virages, du relief, du flow, des virages piégeux, une pitlane en diagonale à l’entrée compliquée… Bref, une piste qui a autant de personnalités qu’un adolescent sous cocktail redbull/monster.

Mais surtout, Mid-Ohio marque le début de la Palou Parade estivale. Car soyons clairs : Alex Palou a décidé que 2025 serait l’année de l’ennui pour ses rivaux. Six victoires en neuf courses. Une domination si impudique que même Verstappen en aurait rougi. L’Espagnol survole la série avec 93 points d’avance et une régularité clinique, au volant de sa Ganassi-Honda aussi docile qu’un chat sous sédatif. Il a gagné ici en 2023, a collectionné les podiums comme d’autres les coupons de réduction, et il a même des victoires programmées à Portland et Laguna Seca, au cas où quelqu’un douterait encore de l’issue du championnat.
Kyle Kirkwood : le deuxième de la classe qui n’a jamais fait de bêtise

Le seul autre homme à avoir goûté au champagne cette saison, c’est Kyle Kirkwood. Trois victoires, et une stratégie qui consiste à pointer le bout de son museau quand Palou daigne lui en laisser l’occasion. Ce week-end, Kirkwood revient sur une piste où il a surtout connu la médiocrité, mais qu’il connaît bien pour avoir tout raflé en Indy NXT. Est-ce le moment de transformer les souvenirs en résultats ? Ou va-t-il encore terminer derrière une demi-douzaine de pilotes frustrés qui n’ont toujours pas gagné cette année ?

Car c’est bien là le drame de cette saison : ils sont des poignées à attendre leur part du gâteau, pendant que Palou et Kirkwood s’empiffrent au buffet. Penske a trois voitures, trois pilotes au CV doré (Power, McLaughlin, Newgarden), et pas la moindre victoire. Un échec collectif d’autant plus comique que les intéressés continuent de faire mine que tout va bien.
Newgarden, le pilote binaire

Josef Newgarden n’a que deux vitesses : ou bien il gagne, ou bien il termine 14e dans une confusion de freins bloqués, de stratégies foireuses et de gestes d’humeur face aux commissaires. À Mid-Ohio, il a gagné une fois (2021), mais aussi perdu beaucoup. La patience n’étant pas son point fort, attendez-vous à le voir tenter des freinages suicidaires dès le 3e tour.
Scott Dixon : le roi du coin

Et puis il y a l’éternel Scott Dixon. À 45 balais moins quelques jours, le Néo-Zélandais a plus de victoires à Mid-Ohio (6) que de rides sur le front. Un monument. Une institution. Une légende. Mais aussi, depuis 20 courses, un monument un peu délaissé. Sa dernière victoire remonte à l’ère préhistorique palousienne (Detroit 2024), et l’an dernier à Mid-Ohio, sa voiture est tombée en panne avant même le départ officiel. Cette année, il revient avec le regard du prédateur en manque : une autre contre-performance, et la série de 20 saisons consécutives avec au moins une victoire s’arrête net. Autant dire qu’il mordra à la moindre ouverture.
Et les autres ? Des touristes de luxe

Colton Herta ? Rapide mais aussi fiable qu’un modem 56k (les plus jeunes ne savent même pas ce que c’est). Pato O’Ward ? Vainqueur ici même l’an dernier en traquant Palou comme un coyote affamé, mais irrégulier comme un vote au Texas. McLaughlin ? Lisse, efficace, mais toujours coincé dans l’ombre de ses coéquipiers. Will Power ? Toujours pas d’erreur de calcul en qualifs, mais toujours pas de victoire non plus. Chez Arrow McLaren, on accumule les podiums comme les excuses : brillants sur un tour, spectaculaires pendant cinq, mais incapables de convertir quoi que ce soit.
Mid-Ohio : le circuit des illusions
Il faut dire que Mid-Ohio a un petit côté miroir aux alouettes. On y croit, on se bat, on rêve… et à la fin, c’est souvent Ganassi qui gagne. Sur les quatre dernières éditions, ils ont placé un pilote sur la deuxième marche du podium à chaque fois. Et s’ils ne gagnent pas, c’est souvent pour mieux finir 2e derrière leur propre coéquipier. Le genre de domination structurelle qui ferait baver Toto Wolff.
Et comme si ça ne suffisait pas, Mid-Ohio est aussi un terrain fertile pour les doublés d’équipe. Depuis 1990, le circuit a produit 16 doublés — deux fois plus que n’importe quel autre tracé. Autant dire qu’entre les Palou, Dixon et potentiellement Armstrong (si la lune s’aligne), Ganassi a de quoi rafler la mise, encore une fois.
Dimanche, ils seront 27 à s’élancer pour 90 tours de tranchées. Le public viendra en masse, entre deux hot-dogs et une démonstration de motocross sponsorisée par un concessionnaire local. Il y aura des dépassements acrobatiques, des stratégies à dormir debout, un ou deux accrochages débiles, et probablement Alex Palou, survolant le tout avec l’air blasé d’un étudiant qui sait déjà qu’il aura la mention très bien.
Bienvenue à Mid-Ohio. La saison redémarre. Et le Palou-show continue.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 4 Juillet | ||||
| FP1 | 16h30 | 00h30(J+1) | 22h30 | 03h30(J+1) |
| Samedi 5 Juillet | ||||
| FP2 | 10h30 | 18h30 | 16h30 | 21h30 |
| Qualifs | 14h30 | 22h30 | 20h30 | 01h30(J+1) |
| Dimanche 6 Juillet | ||||
| Warmup | 09h30 | 17h30 | 15h30 | 20h30 |
| Course | 13h00 | 21h00 | 19h00 | 00h00(J+1) |