Abu Dhabi, ses dunes majestueuses, son sable brûlant, et ses concurrents qui s’écroulent les uns après les autres comme des châteaux de cartes dans une tempête. Ce jeudi, l’élite du rallye-raid mondial terminait sa chevauchée infernale à travers les Émirats. Enfin, ceux qui avaient réussi à survivre jusqu’ici.
La grande nouvelle avant même le départ ? Sébastien Loeb, déjà malmené par un tonneau spectaculaire la veille, n’a même pas eu le droit de reprendre la piste. Son arceau de sécurité était trop endommagé, et la FIA, dans sa grande sagesse, a dit « non ». Rideau pour Loeb, qui voit encore une fois ses espoirs de titre partir en fumée plus vite qu’un désert en plein incendie.
Al Attiyah, toujours roi du désert

Pendant ce temps, un homme ricanait doucement dans son casque : Nasser Al Attiyah. Le Qatari avait un plan, et comme souvent, son plan s’est déroulé sans accroc. Parti avec 41 secondes d’avance sur Lucas Moraes, il n’a même pas pris la peine de feindre le suspense. Dès le premier pointage, il avait déjà repris 35 secondes au Brésilien. Autant dire que l’histoire était écrite dès le premier chapitre.
Au km 57, la messe était dite. Al Attiyah avait creusé l’écart à 1’03’’ sur Moraes et pouvait tranquillement piloter vers une nouvelle victoire. Parce que oui, encore une. Depuis 2022, l’homme a gagné 50% des manches du championnat (8 sur 16). Le genre de statistique qui ferait rougir de jalousie une dictature sportive.
Goczal : de la révélation à l’incendie

Si certains se battent pour le titre, d’autres doivent simplement survivre à ce terrain de jeu impitoyable. Eryk Goczal, qui avait brillé la veille en remportant sa première spéciale en Ultimate, a vite compris la vérité cruelle du rallye-raid. Son Hilux Overdrive Racing s’est arrêté au km 38, pour une panne d’abord, puis un incendie ensuite. L’équipage indemne, mais son égo sans doute en cendres.
Goczal n’était pas le seul à devoir abandonner. Yazeed Al Rajhi, pourtant vainqueur du Dakar en ouverture de saison, a été stoppé au km 13 par un problème moteur. Joao Ferreira (Mini) et Guillaume de Mevius (Mini X-Raid) ont également connu leur lot de misères mécaniques. Bref, cette étape ressemblait plus à une hécatombe qu’à une compétition.
Moraes, l’impuissance incarnée
Lucas Moraes, lui, a essayé d’y croire. Vraiment. Mais que pouvait-il faire face à un Al Attiyah en mode rouleau compresseur ? À l’arrivée, il concède 1’47’’ dans la spéciale, soit un total de 2’28’’ de retard sur le rallye. Dacia remporte sa première victoire à Abu Dhabi, et Al Attiyah sa cinquième, égalant ainsi son nombre de succès sur le Dakar.
| Pos | Equipage | Chrono | Ecart |
| 1. | 2:04:25 | ||
| 2. | 2:06:12 | +1:47 | |
| 3. | 2:08:59 | +4:34 | |
| 4. | 2:09:27 | +5:02 | |
| 5. | 2:09:28 | +5:03 |
Seth Quintero, la jeune pousse américaine, complète le podium. Il devient un habitué du champagne à Abu Dhabi, avec une troisième place en 2023 et une autre l’an passée. Toyota Gazoo Racing signe un joli doublé avec Moraes et Quintero, mais la réalité est dure : face à Al Attiyah, ils n’ont jamais vraiment existé.
| Pos | Equipage | Chrono | Ecart |
| 1. | 14:26:55 | ||
| 2. | 14:29:23 | +2:28 | |
| 3. | 14:38:51 | +11:56 | |
| 4. | 14:56:48 | +29:53 | |
| 5. | 14:57:57 | +31:02 |
Les chiffres ne mentent pas : Al Attiyah, le patron
Avec cette victoire, Al Attiyah reprend les commandes du championnat W2RC. Son total grimpe à 96 points, contre 73 pour Al Rajhi, qui voit son rêve de titre s’éloigner plus vite qu’un buggy en roue libre sur une dune. Moraes (63 pts) et Quintero (60 pts) suivent, mais soyons honnêtes : personne ne semble capable d’arrêter la machine qatarienne.
Chez les constructeurs, Toyota (221 pts) domine devant Dacia (153 pts) et Ford M-Sport (137 pts), qui a vu son pilote Mattias Ekström abandonner à cause d’une maladie au soir de la deuxième étape. Le championnat partira désormais pour la première fois en Afrique du Sud en mai, avec un South African Safari Rally qui risque d’être une autre formalité pour Al Attiyah, à moins qu’un miracle ne vienne bouleverser cette hégémonie.
Conclusion : Un prince du désert, et des ruines
Que retenir de cet ADDC 2025 ? Que les dunes d’Abu Dhabi réservent toujours leur lot de déceptions. Que Loeb, une fois de plus, s’est retrouvé au tapis avant d’avoir pu montrer l’étendue de son talent. Que Goczal est passé de héros à figurant carbonisé en moins de 24 heures. Et surtout, que le désert appartient à Nasser Al Attiyah. Le Qatarien continue d’écrire son hégémonie sur le rallye-raid mondial, pendant que ses adversaires empilent les excuses et les regrets.
Al Attiyah, 50% de victoires depuis 2022. Un chiffre qui résume tout. Rendez-vous en Afrique du Sud, où il faudra plus qu’une carte postale de safari pour espérer lui ravir sa couronne.