Bienvenue à Miami pour la première journée en “piste”, temple de la démesure, des yachts stationnés en carton-pâte, et du Grand Prix qui confond encore ambiance de kermesse et sport mécanique. Sauf que cette fois, entre deux DJ sets et un énième plan large sur des influenceurs visiblement perdus, la Formule 1 nous a offert un spectacle qu’on n’osait plus espérer : un rookie au sommet, un Verstappen éjecté du podium… et Mercedes qui se réveille, guidée non pas par Lewis Hamilton ou George Russell, mais par un gamin de 17 ans qui n’a même pas l’âge légal pour fêter ça avec un mojito.
Kimi Antonelli, 17 ans, zéro complexe, une pole.

Kimi Antonelli, vous le connaissiez à peine hier. Aujourd’hui il est le plus jeune poleman de l’histoire de la F1, tous formats confondus. Oui, même devant Verstappen, même devant Norris, même devant les fantasmes de Helmut Marko. Pendant que le paddock s’étranglait sur sa précocité, lui déposait un 1’26’’482 sorti de nulle part sur un circuit qu’il n’avait jamais foulé. Résultat ? Piastri (P2 à 0.045s) et Norris (P3) s’inclinent, Verstappen fulmine, Russell grimace, et Toto Wolff a probablement pleuré, mais discrètement, dans un coin du garage.
Antonelli, lui, reste placide : « Je ne m’y attendais pas, mais j’étais bien dans la voiture ». Traduction : Je viens de vous humilier avec le sourire et je n’ai même pas transpiré. Il a même pris le temps d’aller chercher son père dans le garage pour un câlin en mondovision. C’est touchant, c’est mignon, et c’est surtout le genre d’image que Liberty Media adore. Netflix, prépare les violons.
McLaren : belle gueule, mais deuxième. Encore.

Chez McLaren, on sourit jaune. Piastri a failli faire le coup parfait, mais Antonelli l’a coiffé au poteau. Quant à Norris, il s’installe confortablement à cette troisième place qu’il semble affectionner autant que les brunchs à Miami Beach. Le duo papaye est dans le coup, indéniablement, mais toujours derrière quelqu’un. Et aujourd’hui, ce quelqu’un, c’est un adolescent italien à la voix qui mue.
Alors oui, McLaren est bien là, mais la frustration est palpable : entre une saison où ils menacent, sans encore dominer, et une équipe qui semble tourner parfaitement… sauf quand il faut conclure, la vibe commence à ressembler à celle de Ferrari 2019. Trop beaux, trop propres, trop polis pour gagner ?
Verstappen, papa grognon et P4 : ça sent le sable chaud.

Max Verstappen, fraîchement papa, a peut-être laissé un peu de son rythme à la maternité. P4, relégué derrière deuxMcLaren et un Antonelli, le triple champion n’a pas bronché en public – mais on devine que des casques ont volé dans la motorhome. Sa tentative de dernière minute n’a rien changé : pneus usés, trajectoires bancales, visage fermé.
Red Bull, d’habitude si impériale, paraît soudain vulnérable. Tsunoda ? Éliminé en SQ1 après avoir oublié qu’il fallait déclencher un chrono. Sainz ? P15, auteur d’une figure libre au freinage. Sergio Pérez ? Tellement absent qu’on se demande s’il n’était pas en train de siroter un cocktail au bord d’une piscine. Ah non, attendez, il ne s’est même pas qualifié dans le top 10. Évidemment.
Russell, Hamilton : le grand écart Mercedes.
Pendant qu’Antonelli repeint le plafond, George Russell semble coincé au rez-de-chaussée. Parti en SQ3 sur l’idée brillante de claquer un temps early, il a fini par regarder tout le monde lui passer devant comme un piéton à un feu rouge. P5 pour Russell, qui invoque le manque de confiance et les pneus qui glissent – on sent le moral d’un homme qui se fait désormais battre par un lycéen dans la même voiture.
Hamilton ? P7, derrière Leclerc, devant Albon. L’homme aux 7 titres continue son tour d’honneur prolongé dans une voiture qu’il n’a plus vraiment envie de comprendre, et qu’il abandonnera l’an prochain pour enfiler une combinaison rouge. En attendant, il fait le boulot. Le minimum syndical.
Le milieu de peloton ? Un joyeux cirque.
Leclerc a joué aux auto-tamponneuses avec les murs sans conséquences. Albon, tel un oiseau rare chez Williams, s’est faufilé en Q3, pendant que Sainz (désormais habillé en bleu Williams, mais toujours aussi malchanceux) s’offrait un tout droit de gala. Hadjar sort un joli P9, ce qui prouve que les Racing Bulls ne servent pas qu’à remplir la grille. Alonso ? P10, vieux loup solitaire qui continue d’arracher des résultats à la force du poignet et de son ego.
| Pos | Pilote | Ecurie | Q3 |
|---|---|---|---|
| 1 | Kimi Antonelli | Mercedes | 1:26.482 |
| 2 | Oscar Piastri | McLaren | 1:26.527 |
| 3 | Lando Norris | McLaren | 1:26.582 |
| 4 | Max Verstappen | Red Bull Racing | 1:26.737 |
| 5 | George Russell | Mercedes | 1:26.791 |
| 6 | Charles Leclerc | Ferrari | 1:26.808 |
| 7 | Lewis Hamilton | Ferrari | 1:27.030 |
| 8 | Alexander Albon | Williams | 1:27.193 |
| 9 | Isack Hadjar | Racing Bulls Honda | 1:27.543 |
| 10 | Fernando Alonso | Aston Martin | 1:27.790 |
Derrière, c’est l’hécatombe : Tsunoda s’élimine tout seul, Bearman rate la ligne, Doohan râle à la radio, et Stroll… fait du Stroll. Rappelons qu’on parle d’un week-end Sprint, donc avec très peu de roulage. Ce qui, dans certaines équipes, se traduit par une préparation aussi efficace qu’un tutoriel IKEA en mandarin.
Et demain ?
Demain, on sprinte. Et tous les regards seront braqués sur ce môme de Bologne qui a déjà foutu un joyeux bazar dans la hiérarchie. On peut raisonnablement penser que Verstappen ne va pas rester sage longtemps. Que les McLaren vont tenter de passer en force. Que Russell va tenter un coup. Mais le fait est là : en 2025, la F1 a changé de génération. Et Kimi Antonelli vient peut-être d’écrire la première page d’un livre qu’on va dévorer.
Avec des chapitres où Hamilton lit les panneaux, où Verstappen grimace, et où Toto sourit.
On n’a pas fini de s’amuser.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 3 Mai | |||||
| Sprint Race | 19 tours | 12h00 | 20h00 | 18h00 | 23h00 |
| Qualifs | 60′ | 16h00 | 00h00(J+1) | 22h00 | 03h00(J+1) |
| Dimanche 4 Mai | |||||
| Course | 57 tours | 16h00 | 00h00(J+1) | 22h00 | 03h00(J+1) |