À une vingtaine de kilomètres au nord de Vérone, là où les pizzas sont bonnes et les routes sinueuses, le circus du MXGP pose ses valises à Pietramurata pour le cinquième round de la saison 2025. Trente, son terrain dur comme du béton armé, ses ornières vicieuses et son décor de carte postale qui contraste avec la brutalité du bitume local. Après le sable mou de la Sardaigne la semaine dernière, où les pilotes ont joué aux châteaux de sable à coups de gaz, voilà l’opposé total : une piste qui pardonne autant qu’un percepteur des impôts pour une virgule oubliée. Bienvenue dans le motocross version hardcore.
En MXGP, Romain Febvre sort d’une bonne opération en Sardaigne, où Tim Gajser a mis un genou à terre, le Slovène indéboulonnable qui trône en tête du championnat avec 34 points d’avance. Trente-quatre points, c’est rien et c’est tout à la fois : un week-end parfait pour le Frenchy de Kawasaki, et il pourrait presque faire sentir son haleine dans le cou de Gajser. Mais soyons réalistes : le pilote Honda, avec sa régularité de métronome suisse (il est slovène), ne va pas se laisser impressionner par un circuit qui pourrait servir de parking à poids lourds. Febvre a du boulot, et pas qu’un peu. Il a montré en Sardaigne qu’il pouvait titiller le maître, mais à Trente, il va falloir sortir l’artillerie lourde, pas juste une pelle et un seau.

Derrière, ça bataille aussi. Gajser n’est pas seul dans son monde : Glenn Coldenhoff, Lucas Coenen et Maxime Renaux rodent, prêts à profiter d’un faux pas. Mais sur ce terrain qui ne rigole pas, c’est souvent celui qui a le plus de sang-froid (ou le moins de neurones à secouer) qui s’en sort. Febvre a les crocs, c’est sûr, mais Gajser a l’expérience et une Honda qui semble collée à la piste comme un chewing-gum sous une semelle. À Pietramurata, les dépassements sont rares, les erreurs coûtent cher, et les pneus pleurent des larmes de gomme. Ça promet une guerre d’usure, et on sait tous qui gagne ce genre de guerre : le type qui ne cligne jamais des yeux.

Passons au quart de litre, le MX2, où Kay de Wolf a repris son trône en Sardaigne, arrachant la plaque rouge des mains de Simon Längenfelder avec un sourire narquois. Huit points d’écart, autant dire une broutille, un pet de gaz dans le vent. Le Néerlandais est en mission : prouver que 2025, c’est SON année. Derrière, Längenfelder grince des dents, et Liam Everts, sur sa Husqvarna, complète le podium provisoire à deux points du dauphin. Ça sent la bagarre de gamins dans une cour de récré, mais avec des moteurs qui hurlent et des suspensions qui encaissent. De Wolf a l’élan, mais à Trente, un départ raté ou une ornière mal négociée, et c’est le drame. Le béton ne fait pas de cadeau, même aux rois autoproclamés.

Et puis, il y a Quentin Prugnières. Le Réunionnais, qui roule pour KTM, a montré en Sardaigne qu’il avait du feu dans les bottes. Troisième au premier virage de la course 2, avant de finir huitième, il a prouvé que les départs – son point faible habituel – pouvaient devenir son arme. Régulièrement dans le top 10, Quentin a ce petit truc en plus, cette étincelle qui pourrait bien exploser un jour. Moi, j’y crois : 2025, c’est l’année où il va dégoupiller, claquer une perf’ qui fera taire les sceptiques. Pourquoi pas à Trente ? L’an dernier, il finissait huitième du meeting (10-7), et même si le niveau en MX2 a grimpé d’un cran – merci Coenen, Everts et autres prodiges –, Prugnières a les épaules pour un top 5. Voire mieux, si les étoiles s’alignent et que ses pneus tiennent le choc.
Mais soyons honnêtes : Pietramurata, c’est un juge impartial et cruel. Ce terrain, c’est le prof de math qui te colle une bulle parce que t’as oublié un zéro après une virgule. Les lignes sont étroites, les dépassements relèvent du miracle, et la moindre glissade te renvoie au fond du classement plus vite qu’un tweet façon bad buzz. Pour Febvre, c’est l’occasion de gratter des points sur Gajser, mais il faudra un pilotage chirurgical et un peu de chance – genre, une chute du Slovène, soyons fous. Pour Prugnières, c’est le moment de transformer l’essai, de passer de “pas mal” à “putain, il est là !”. Le public italien, bruyant comme une Vespa sans pot d’échappement, attend du spectacle, et les Français pourraient bien leur en donner.
Alors, qui va survivre au béton de Trente ? Gajser, avec son flegme de champion ? Febvre, avec sa rage de remonter ? De Wolf, avec son arrogance de leader ? Ou Prugnières, avec son envie de tout casser ? Réponse ce week-end, sur une piste qui ne pardonne rien et qui risque de laisser des traces – sur les motos, les corps et les ego. Que le massacre commence !
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Samedi 12 Avril | ||||
| MX2 FP | 25′ | 10h30 | 12h30 | 15h30 |
| MXGP FP | 25′ | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| MX2 Chronos | 30′ | 13h40 | 15h40 | 18h40 |
| MXGP Chronos | 30′ | 14h15 | 16h15 | 19h15 |
| MX2 Qualifs | 20’+2tours | 16h35 | 18h35 | 21h35 |
| MXGP Qualifs | 20’+2tours | 17h25 | 19h25 | 22h25 |
| Dimanche 13 Avril | ||||
| MX2 Warmup | 15′ | 10h25 | 12h25 | 15h25 |
| MXGP Warmup | 15′ | 10h45 | 12h45 | 15h45 |
| MX2 Course1 | 30’+2tours | 13h15 | 15h15 | 18h15 |
| MXGP Course1 | 30’+2tours | 14h15 | 16h15 | 19h15 |
| MX2 Course2 | 30’+2tours | 16h10 | 18h10 | 21h10 |
| MXGP Course2 | 30’+2tours | 17h10 | 19h10 | 22h10 |