Si vous aviez encore le moindre doute, laissez Lucas Auer vous l’ôter à coups de dixièmes : le neveu de Gerhard Berger n’est pas seulement l’homme des départs parfaits, c’est aussi le roi des week-ends cliniques où l’ennui guette aussi sûrement qu’un barbecue sous la pluie. Au Lausitzring, pour cette troisième manche du DTM 2025, l’Autrichien a sorti la trousse à outils, vissé la pole avec un nouveau record du tour, et refermé la boîte à spectacle dès le premier virage. Rideau.
QUALIFS – L’AUERPORT EST OUVERT
Il faisait à peine dix degrés au moment de lancer les festivités du samedi matin, autant dire une température idéale pour… rien du tout. Les Pirelli gelés ont mis près de quinze minutes à comprendre qu’ils étaient censés coller à la piste et non pas faire du patinage artistique. Mais au Lausitzring, où les bosses sont plus nombreuses que les idées originales chez Ferrari, on ne demande pas aux pneus de réfléchir trop longtemps : on leur demande d’endurer.

Et pendant que tout le monde faisait la sieste à 1:20 et des miettes, Lucas Auer décidait de passer à table en 1:19.827, un tour au couteau, affûté comme le regard de Toto Wolff après un mauvais débrief. Résultat : un nouveau record du tour et une pole position méritée, pour un homme qui, visiblement, digère très bien les changements de setup nocturnes. Mention spéciale à Ricardo Feller qui, à 33 millièmes, a failli lui voler la vedette avec son Audi, mais s’est finalement contenté du rôle d’accompagnant.
Derrière, c’est la foire Mercedes : Engel troisième, Gounon quatrième, ambiance AMG-Cup avec options peinture jaune fluo et grilles sponsorisées par la domination teutonne. Rast complète le top 5 et sauve l’honneur de BMW, même si le véritable exploit fut probablement de ne pas perdre l’arrière dans le chaos bosselé du circuit. On notera tout de même que les 17 premiers se tiennent en moins de 0.5 seconde, ce qui prouve que le plateau est homogène… ou simplement que tout le monde est également limité par une piste plus faite pour tester des tanks que pour voir s’épanouir des GT3.
- Lucas Auer (A/Mercedes-AMG Team Landgraf), 1:19.827
- Ricardo Feller (CH/Land-Motorsport), +0.033
- Maro Engel (D/Mercedes-AMG Team Winward Racing), +0.062
- Jules Gounon (F/Mercedes-AMG Team Mann-Filter), +0.146
- René Rast (D/Schubert Motorsport), +0.169
COURSE 1 – LE FESTIVAL DE L’AUER
L’après-midi, même punition : Auer au départ, Auer à l’arrivée. Entre les deux ? Une petite tentative d’usurpation de trône par Maro Engel, qui a brièvement osé rêver pendant l’undercut avant de se faire renvoyer dans sa boîte à gants par des pneus froids et un Auer déjà en température. Faut-il rappeler qu’on parle d’un type qui a gagné ici en 2016 ? Il connaît les moindres creux, les bosses et probablement les touffes d’herbe du virage 5.

Mercedes fait le doublé, ce qui n’étonne personne, et René Rast récupère un podium solide, sans génie mais avec l’élégance d’un vétéran qui sait que les coups d’éclat ne paient plus à 37 ans. Gounon, lui, fait du Gounon : il bastonne avec panache et finit quatrième, ce qui, à défaut de rapporter une bouteille de champagne, confirme qu’il est au moins vivant dans ce championnat où les personnalités sont souvent aussi lisses que les discours d’après-course.

Derrière, Marco Wittmann sauve quelques points pour BMW, et Thomas Preining hisse enfin une Porsche dans le top 6, après avoir probablement mené la plus grosse bataille de l’après-midi contre une direction qui n’a jamais dû voir autant de corrections en si peu de temps. Jack Aitken finit septième avec sa Ferrari, ce qui est miraculeux tant on se demande encore si la 296 GT3 est une voiture de course ou un concept artistique. Ayhancan Güven, Ben Dörr et Ben Green complètent le top 10, dans une ambiance plus “meublage de classement” que “fin de course palpitante”.
- Lucas Auer (A/Mercedes-AMG Team Landgraf)
- Maro Engel (D/Mercedes-AMG Team Winward Racing), +1,344
- René Rast (D/Schubert Motorsport), +5,083
- Jules Gounon (F/Mercedes-AMG Team Mann-Filter), +6,778
- Marco Wittmann (D/Schubert Motorsport), +7,347
UNE HIÉRARCHIE QUI SENT LA ROUTINE
Cette première journée au Lausitzring aura donc confirmé plusieurs choses :
- Lucas Auer n’a pas besoin qu’on l’aide à gagner – il se débrouille très bien tout seul, merci pour lui.
- Mercedes joue au DTM comme Mercedes a joué à la F1 2014-2020 : en monopolisant l’espace médiatique avec une régularité soporifique.
- BMW reste en mode “on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a”, à défaut de mieux.
- Porsche arrive parfois à glisser une 911 dans le peloton, mais visiblement, ça demande plus d’efforts qu’un repassage en pleine canicule.
- Ferrari, toujours fidèle à elle-même, reste imprévisible – ce qui est un euphémisme pour dire “souvent à côté de la plaque”.
Quant au spectacle, parlons-en : s’il fallait résumer la course à un son, ce serait celui d’un ronflement léger entrecoupé de quelques “ah” polis au moment des arrêts aux stands. Auer a beau être propre, rapide et efficace, il lui manque ce petit grain de folie qui transforme un vainqueur en showman. En l’état, on assiste à une démonstration – chirurgicale, certes – mais aussi palpitante qu’un tutoriel Excel.
DEMAIN, MÊME COMBAT ?

Le Lausitzring n’a jamais été une terre de grands délires, et ce n’est pas cette édition qui changera la donne. Si Mercedes continue à aligner les doublés comme des perles, il faudra sérieusement envisager d’y installer un distributeur de café à chaque tribune. On espère une météo capricieuse, un départ raté, une défaillance technique, n’importe quoi pour rompre la mécanique infernale de la domination à l’allemande.
Mais à en juger par la froide efficacité d’Auer et la solidité du clan AMG, ne misez pas trop sur un miracle. Et si d’aventure un outsider venait à se mêler à la lutte, encore faudrait-il qu’il passe les pneus en température avant le dernier tour.
En résumé ? Auer a déroulé, Mercedes a verrouillé, et les autres ont fait de la figuration en mode service minimum. On espère un peu de feu dans le Lausitz demain, parce que là, franchement, ça sent le diesel froid.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Dimanche 25 Mai | ||||
| DTM WU | 20′ | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| DTM Course2 | 55’+1tour | 15h30 | 17h30 | 20h30 |