samedi, octobre 17, 2026
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Autonexx : Duvivier ramasse la mise, Ramdarshan les intérêts…

Il fallait probablement deux rallyes pour le prix d’un. Le Motor Racing Club a fait encore mieux : il les a mis dans le même week-end nous verrons celà plus loin avec les vitesses horaires moyennes. Deux terrains très différents selon les boucles, un samedi soir globalement sec mais sur des routes encore grasses, quelques gouttes venues remettre une pièce dans la machine (ES5) et, dimanche, un temps franchement sec avec seulement quelques flaques résiduelles pour rappeler que la semaine avait été nettement moins sympathique. Le Rallye Autonexx n’a donc jamais vraiment proposé la même question aux équipages. Et à la fin, Thierry Duvivier a trouvé la meilleure réponse.

Duvivier attend dimanche pour prendre les commandes

Le samedi n’avait pourtant rien d’une promenade digestive pour l’Alpine. Duvivier avait construit son choix de pneus et ses réglages à partir de la séance d’essais effectuée le week-end précédent. Mais le gras n’est pas nécessairement le terrain rêvé de la voiture, même si son pilote, lui, explique être parfaitement à l’aise dans ces conditions. Et même les adorer. Le profil Plaine Champagne/Chamarel aura toutefois eu sont mot à dire. L’Alpine A110 doit donc 18s5 au leader du rallye et du Championnat à bord de la Skoda. La première étape est avalée à la vitesse moyenne de 68,35km/h par Ritesh.

Nuance importante.

Car dimanche, lorsque les conditions deviennent franchement plus sèches, Duvivier et Frédéric Nokiah montent encore d’un cran. Solides tout au long de la journée, ils prennent finalement la tête dans l’ultime boucle et remportent Autonexx en 39’41”7, avec seulement 3”6 d’avance sur Ritesh Ramdarshan et Julien Froget. Trois secondes et six dixièmes après deux jours de rallye. 22s1 de repris le deuxième jour. Le compte est bon, Thierry prenait la P1 dans l’avant dernier chrono pour augmenter le gap dans le dernier passage de Pavé Citron/La Pipe. Retenez également ce chiffre de 118,60km/h de moyenne dans la deuxième étape pour Thierry Duvivier, soit +50,25km/h par rapport à l’étape 1. En clair un dimanche 73,55% plus élevé que le Samedi.

Thierry nous le disait au micro dans son ITV à retrouver dans Motors, le podcast épisode25 : il fut un temps où les écarts avec les Rally2 pouvaient se compter en minutes. Ils se comptent maintenant en secondes. Selon lui, c’est une bonne chose pour tout le monde. Nous lui avions répondu par un vieux morceau de Corneille : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Pour la gloire, cette fois, il y avait suffisamment de monde dans le rétroviseur et Thierry peut donc s’enorgueillir d’un triomphe légitime.

Lachkar : très vite, parfois avec beaucoup moins de roues motrices que prévu

Xavier Lachkar et Cedric Froget terminent troisièmes à 1’36”8. Pris tout seul, l’écart pourrait raconter un rallye assez tranquille derrière les deux premiers. Ce serait raconter un autre rallye. Dès l’ES2, après le temps scratch en ouverture, le pont piloté de la Toyota Yaris GR rend les armes. Résultat : la voiture poursuit jusqu’à l’ES4 en fonctionnant, pour simplifier, essentiellement en traction avec un afflux de puissance sur le seul train avant: fallait s’accrocher au cerceau ! Ce n’est généralement pas l’option cochée dans le catalogue lorsque l’on achète une Yaris 4RM. Au dernier service du samedi, l’équipe remplace le pont grâce à une pièce prélevée sur une autre voiture. L’opération coûte du temps : six minutes de retard à la sortie d’assistance, donc 12 secondes de pénalité. Puis arrive l’ES6. La Yaris a retrouvé ses quatre roues motrices et Lachkar signe un nouveau record de la spéciale et donc son deuxième temps scratch. Manière assez efficace de signaler que le problème précédent ne se situait pas exactement entre le volant et le baquet.

Dimanche, la mécanique décide toutefois qu’elle n’avait pas totalement terminé la conversation. Dans l’ultime spéciale, après un passage particulièrement généreux au turn quand Xavier se prend soudain pour Panizzi en Espagne (je sais les plus jeunes ne connaissent pas ce donuts mémorable en Catalogne en 2002), la transmission avant droite casse. Lachkar parvient malgré tout à rejoindre l’arrivée, avec plus de 30s de retard sur ce seul chrono, puis le dernier contrôle horaire. La troisième place reste là. Mais le potentiel montré lorsque la voiture fonctionne normalement laisse évidemment quelques regrets. Lachkar nous le résumait dès l’arrivée : il estimait avoir eu une carte à jouer face à Ramdarshan voire davantage encore et espérait maintenir le championnat davantage ouvert. La Yaris était manifestement d’accord sur la première partie. Sur la seconde, elle s’est montrée moins coopérative.

Ramdarshan n’a pas gagné. Et pourtant…

Entre les deux, Ritesh Ramdarshan a fait quelque chose de beaucoup moins spectaculaire à raconter mais potentiellement beaucoup plus important à la fin de l’année : il a terminé deuxième. Pas de victoire, donc. Mais 24 points supplémentaires pendant que son principal (et désormais seul) adversaire pour le championnat en prend 21. Trois petits points. Sur un rallye, c’est presque de la monnaie oubliée au fond d’une poche. À une manche de la fin d’un championnat, ça commence à ressembler davantage à des intérêts composés.

Ramdarshan repart d’Autonexx avec 108 points, contre 90 à Lachkar. Derrière, Shayan Ramdenee compte 76 points après sa cinquième place, assortie de 15 secondes de pénalité pour un contact avec une chicane. Thierry Duvivier remonte à 71 points grâce à sa victoire. Nous reviendrons séparément sur les mathématiques du championnat, les bonus de fin de saison et les différents scénarios possibles. La calculatrice mérite son propre bureau.

Retenons simplement ceci : Ramdarshan a encore élargi son avance et aborde désormais la finale avec une très belle porte ouverte devant lui.

Les Rally2 ne sont plus des figurantes

Autonexx laisse également une autre image intéressante. Duvivier considère que la vitesse de l’Alpine n’est plus vraiment à démontrer après deux titres consécutifs. Il estime même que, sur le papier, les Rally2 sont désormais plus efficaces. Sur ce dernier point, nous garderons une petite cale sous la porte. Les terrains mauriciens peuvent être suffisamment différents pour déplacer sérieusement le rapport de forces. Certains profils conviennent nettement mieux aux GT que d’autres. En revanche, le rapprochement général ne fait guère de doute.

Duvivier gagne, mais Ramdarshan termine à 3”6. Lachkar montre, chaque fois que sa Toyota lui laisse un peu de tranquillité, qu’elle possède elle aussi la vitesse nécessaire pour venir jouer devant. Ce n’est donc plus vraiment Alpine d’un côté et le reste du monde derrière. Et pour un championnat, c’est plutôt une excellente nouvelle.

Un mot également concernant Shayan Ramdenne, il termine finalement P5, 11s3 derrière David Koenig après une pénalité de 15s dans l’ES9 suite à un contact avec la chicane artificielle. Le pilote de la Citroen C3 a donc freiné au panneau “trop tard” et perd donc la P4 notamment à cet endroit. Le coup de collier dans l’ultime chrono ne sera pas suffisant.

Autonexx a livré deux terrains, plusieurs états de route et trois prétendants capables, chacun à leur manière, de faire bouger le classement. Duvivier repart avec la victoire. Lachkar avec une nouvelle démonstration de vitesse et quelques pièces mécaniques à regarder de travers. Et Ramdarshan ? Il repart avec seulement trois points de plus que Lachkar sur ce rallye.

Seulement trois. Mais à une manche de la fin, il arrive un moment où les petits chiffres commencent à faire beaucoup de bruit.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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