lundi, septembre 7, 2026

Bienvenue dans le royaume des Marquez…

Le cirque MotoGP débarque à MotorLand Aragón, ce petit bijou de goudron pondu par Hermann Tilke au beau milieu du désert espagnol. Une piste longue de 5,077 km, 17 virages, un horizon de bitume et de vent, et une histoire récente mais déjà tapissée d’exploits, de high sides et d’ego boursouflés.

Aragon, c’est la chasse gardée de Marc Márquez, alias le roi local. Le T10 a été rebaptisé de son nom. Six fois vainqueur ici, six poles, et surtout détenteur du record du tour absolu depuis 2024 (1:45.801). Un CV long comme le bras d’un chef de clan mafieux, sauf qu’en 2025, les hiérarchies changent tous les dimanches et personne n’est à l’abri de se faire dégager au virage 10 comme un vulgaire sac de patates.

Une terre d’empire… en faillite ?

Ah, Aragon. L’écrin moderne sorti des cendres des courses urbaines d’Alcañiz (qui, soyons honnêtes, ressemblaient plus à un rodéo improvisé dans une zone industrielle qu’à un Grand Prix sécurisé). En 2010, Tilke s’en mêle, trace sa piste aux règles de l’art – traduisez : en zigzagant comme un DJ sous kétamine – et voilà le chef-d’œuvre. Dès sa première apparition au calendrier, MotorLand décroche le prix du meilleur Grand Prix de l’année. Depuis ? Une alternance d’hommages à la famille Márquez et de bastons façon Battle Royale dans le groupe WhatsApp de la Dorna.

2025 : le chaos institutionnalisé

C’est la huitième manche du calendrier, et si vous avez réussi à prédire le podium d’un seul Grand Prix cette saison, c’est soit que vous êtes devin, soit que vous trichez avec après avoir inventé une machine à voyager dans le temps. Après cinq Grands Prix remportés par cinq pilotes différents, sur trois marques distinctes, la constance en MotoGP cette année se résume à : “on verra bien dimanche”.

Marc Márquez revient sur ses terres avec un petit air de Napoléon post-Waterloo. Certes, il domine les sprints comme un patron de boîte de nuit contrôle son carré VIP, mais côté Grand Prix dominical, c’est une autre paire de manches. Depuis sa victoire à Lusail en mars, c’est silence radio le dimanche. Et s’il est encore leader du championnat, c’est autant par habitude que par réelle domination.

Alex Márquez, le petit frère en Gresini, lui colle 24 points dans la tronche. “Je suis encore vivant”, a-t-il déclaré. Oui, et même plutôt vif : il a déposé son aîné à Jerez et vise ni plus ni moins que de le battre dans sa propre salle de bains. Ambiance fratricide garantie.

Quartararo en pole, mais pas en pôle

Fabio Quartararo, alias le roi des qualifs (trois poles d’affilée), continue de vivre un calvaire le dimanche. À Silverstone, il perd tout sur une panne technique alors qu’il tenait enfin sa victoire de l’année entre les dents. Aragon n’a jamais été tendre avec lui (zéro podium malgré trois premières lignes), mais s’il devait conjurer une malédiction, ce serait maintenant.

Dans l’ombre, Johann Zarco brille comme un néon en discothèque : victoire au Mans, deuxième place en Angleterre, et le voilà cinquième du championnat. Aragon ? Inconnu au bataillon pour lui, mais avec les Honda de série B qu’il pilote, il transforme la boue en or. En début de saison 2025, c’est lui le Français à surveiller.

Ducati, Aprilia, Yamaha : le bal des frustrés

Chez Ducati, les pilotes pullulent comme des influenceurs à Ibiza. Bagnaia veut rejouer son duel d’anthologie avec Márquez version 2021, sauf que depuis Silverstone, il semble plus préoccupé par son image Instagram que par ses trajectoires. Morbidelli, en VR46, sort de l’ombre et se rappelle au bon souvenir de tous, tandis que Di Giannantonio engrange les tops 10 comme des points fidélité à la station-service.

Un succès inattendu pour Marco Bezzecchi

Aprilia a enfin gagné une course cette saison avec Bezzecchi à Silverstone. Partant 11e, l’Italien a remonté le peloton comme une Ferrari en double file un vendredi soir. Il rêve d’enchaîner, ce que Noale n’a jamais su faire. Martin ? En convalescence (encore) et sur le départ…

Chez Yamaha, Jack Miller essaye de faire oublier qu’il est chez Pramac avec une M1 retapée, pendant que Miguel Oliveira n’a toujours pas compris que la saison a commencé. Quant à Álex Rins ? No comment !

La meute des affamés

Derrière, c’est la guerre civile. Pedro Acosta est la seule KTM crédible cette saison : le rookie a enchaîné trois top six sur les derniers dimanches, pendant que Brad Binder fait des cabrioles.

Et que dire des rookies ? Fermin Aldeguer fait sensation sur la Gresini, deuxième meilleur débutant derrière lui-même. Ai Ogura revient tout juste d’un mauvais week end à Silverstone, mais garde l’ambition d’en coller une aux vétérans dès Aragon. Le Japonais a été soigné comme un vase Ming mais entend bien jouer au marteau-piqueur dès les FP1.

Verdict : tout sauf prévisible

MotorLand Aragon sera peut-être encore une fois le royaume de Marc Márquez. Ou peut-être pas. Quartararo pourrait enfin convertir sa pole en victoire. Ou pas. Zarco pourrait claquer un triplé. Ou pas. Le seul truc sûr, c’est qu’on n’a aucune foutue idée de ce qui va se passer.

Et c’est précisément pour ça qu’on regarde.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Vendredi 6 Juin
FP145′10h4512h4515h45
FP60′15h0017h0020h00
Samedi 7 Juin
FP230′10h1012h1015h10
Qualifs40′10h5012h5015h50
Sprint11 tours15h0017h0020h00
Dimanche 8 Juin
Warm up10′09h4011h4014h40
Course23 tours14h0016h0019h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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