On quitte l’argile bétonnée de Teutschenthal pour plonger les pneus dans les sables mouvants de Kegums, haut-lieu balte de la trahison mécanique, de l’ensablement mental, et du grand art motocrossien. Car oui, après dix manches et un mois de juin à faire passer la tournée des festivals pour une promenade de santé, le MXGP débarque en Lettonie pour son 20e tour de manège dans la bac à sable du Zelta Zirgs Motocenter. La deuxième moitié de saison démarre !
Kegums : là où les carrières se font, se défont, ou se sablent joyeusement les fesses
Il faut bien l’admettre, Kegums est un lieu à part. Le genre de terrain où si tu ne sais pas t’enfoncer avec élégance, tu t’enlises comme une botte mal lacée. Mais c’est aussi une légende : le circuit accueille le mondial depuis 2009, a vu passer les Nations 2014 (gagnées par les Français, évidemment), et a même servi de salle d’attente Covid en 2020 avec trois GP en huit jours. Un exploit sanitaire ET mental.

Et dans cet écrin de silice, un seul homme a réellement marqué son territoire façon chat dominant : Jeffrey Herlings, alias « The Bullet », alias « Le type qui transforme Kegums en bac à sable personnel ». Huit GP gagnés ici, dont les deux dernières éditions, et une victoire fraîchement empochée à Teutschenthal : autant dire que le Néerlandais arrive avec les crocs aiguisés. Si vous entendez du bruit dans les dunes, ce n’est pas le vent letton, c’est Herlings qui laboure déjà le terrain d’essai à la scie sauteuse.
Romain Febvre : l’homme au rouge qui veut rajeunir ses statistiques… à 33 ans

En haut du classement général, Romain Febvre joue au patriarche têtu. Le Français, champion en 2015, s’accroche à son rêve de refaire le coup dix ans plus tard, comme un vieux rocker qui ressort sa guitare en espérant que le public n’ait pas trop vieilli. Sauf que son principal poursuivant, Lucas Coenen, pourrait techniquement être son stagiaire. Le prodige belge de 18 ans, deux fois deuxième d’affilée, est en train de faire du MXGP une sitcom générationnelle : Papy fait de la résistance contre L’ado qui veut tout casser.

Et pendant que les deux se toisent en haut des charts, Maxime Renaux (troisième) et Glenn Coldenhoff (quatrième) se battent pour la médaille en chocolat. Le Français, en mode retour de fracture, fait ce qu’il peut sur sa Yamaha, pendant que le Hollandais, lui, semble avoir planté sa tente à Kegums depuis 2015 (deux victoires, une régularité de métronome et une passion pour ce terrain aussi surprenante qu’inquiétante).
Des blessés, du suspens et… un Letton privé de fête nationale
Dans la catégorie des mauvaises blagues du destin, on notera l’absence de Pauls Jonass. Oui, le héros local est forfait. Pour la deuxième année consécutive, le Letton a décidé de se blesser juste avant son GP national. Une tradition qu’on commence à trouver un peu trop rigoureuse. Le public, lui, devra se rabattre sur les performances modestes de Karlis Reisulis, 14e en MX2, et qui rêve secrètement d’un top 10 à domicile. Bon courage.
MX2 : le championnat le plus instable depuis la politique italienne

Dans la cage à fauves des 250, c’est simple : il y a plus de rebondissements que dans un épisode de “Dark”. Vous avez la ref ? Andrea Adamo a repris la plaque rouge avec trois petits points d’avance sur Simon Laengenfelder. L’Italien, champion surprise 2023, n’avait gagné aucun GP l’an passé, mais cette saison il en colle quatre à ses rivaux. C’est un peu comme si votre photocopieuse de bureau se mettait soudain à imprimer des œuvres d’art.

Mais attention : dans le sable, tout le monde devient poète, surtout Kay de Wolf. L’autre Néerlandais à crinière blanche adore la surface molle. Il a gagné ici en 2023, a pris une manche en 2024, et rêve d’un week-end sans gamelle pour reprendre le titre qu’il est en train de laisser filer façon savon mouillé.
Et derrière ? C’est le chaos organisé : Liam Everts, 4e, joue au yoyo avec ses résultats ; Sacha Coenen, 5e, rapide comme l’éclair mais aussi stable qu’un déambulateur sur un skatepark ; et Thibault Benistant, 6e, qui a brillé ici en EMX mais semble avoir laissé son mojo dans un container Yamaha.
Les outsiders affûtent leurs crampons, les fans sortent les drapeaux, et les pilotes s’arrachent les cheveux

On surveillera aussi Camden McLellan sur sa Triumph, Cas Valk en mode poil à gratter indépendant, ou encore Valerio Lata, qui commence à justifier son contrat chez Honda sans tomber toutes les deux courses. Et que dire de Nicolò Alvisi et Janis Reisulis en EMX, sinon qu’ils risquent d’entendre plus de décibels par virage que le DJ du paddock ?
Conclusion : attention, ce championnat est plus serré que des sardines chez Robert (référence 974 !)
Kegums n’est pas juste une course. C’est un révélateur. Ici, soit tu maîtrises le sable, soit tu t’y fais avaler comme une tartine de Nutella par enfant à 16h. Et avec des écarts aussi minces qu’un sandwich SNCF en MX2, et un MXGP qui se joue entre l’expérience acide de Febvre et l’ambition acnéique de Coenen, on peut s’attendre à tout. Une chose est sûre : ce week-end en Lettonie, ça va sabler… mais pas le champagne pour tout le monde.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 7 Juin | |||||
| MX2 FP | 25′ | 10h30 | 11h30 | 09h30 | 13h30 |
| MXGP FP | 25′ | 11h00 | 12h00 | 10h00 | 15h00 |
| MX2 OAT | 30′ | 13h40 | 14h40 | 12h40 | 17h40 |
| MXGP OAT | 30′ | 14h15 | 15h15 | 13h15 | 18h15 |
| MX2 QRace | 20’+2tours | 16h35 | 17h35 | 15h35 | 20h35 |
| MXGP Qrace | 20’+2tours | 17h25 | 18h25 | 16h25 | 21h25 |
| Dimanche 8 Juin | |||||
| MX2 WU | 15′ | 10h25 | 11h25 | 09h25 | 14h25 |
| MXGP WU | 15′ | 10h45 | 11h45 | 09h45 | 14h45 |
| MX2 Race1 | 30’+2tours | 13h15 | 14h15 | 12h15 | 17h15 |
| MXGP Race1 | 30’+2tours | 14h15 | 15h15 | 13h15 | 18h15 |
| MX2 Race2 | 30’+2tours | 16h10 | 17h10 | 15h10 | 20h10 |
| MXGP Race2 | 30’+2tours | 17h10 | 18h10 | 16h10 | 21h10 |