vendredi, octobre 9, 2026
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Bol d’or 2026: tenir 24 heures !

Quatrième et ultime levée du Championnat du monde d’Endurance moto, le 89e Bol d’Or accueille du 17 au 20 septembre 56 équipes sur le Circuit Paul-Ricard. Dix-sept sont engagées en Formula EWC, 24 en Superstock, 13 en Production et 2 en Experimental. Et pour les milliers de spectateurs qui rejoignent le circuit à moto, le Bol commence presque avant même d’en franchir les portes. Les petites routes de la Sainte-Baume constituent déjà une partie du voyage. Relief provençal, grillons, lavande… Certains s’y arsouillent malheureusement beaucoup plus que de raison.

Mais une fois les portes du Paul-Ricard franchies, les grillons ont évidemment quelques difficultés à lutter avec les moteurs.

Un circuit qui change constamment de problème

Le Castellet ne se résume pas à sa célèbre ligne droite. Il impose au contraire une succession de contraintes très différentes. La première partie du tour demande de faire pivoter la moto et surtout de soigner les sorties. Puis le circuit change brutalement de registre avec la ligne droite du Mistral : 1,8 kilomètre, certes coupé par une chicane, mais avec de très longues phases poignée dans le coin. Arrive alors un énorme freinage pour la chicane, avant de remettre la moto en accélération et d’aborder Signes à très haute vitesse. Ici, la confiance dans le train avant et la précision de trajectoire deviennent essentielles. Puis nouvelle transformation avec le Beausset. Après la vitesse de Signes, cette longue courbe impose de maintenir la moto en appui et de préparer la sortie. Bendor puis la dernière partie du circuit ramènent ensuite progressivement vers le virage du Pont et la ligne droite des stands.

Accélérer, freiner très fort, remettre en vitesse, passer très vite, rester longtemps en appui puis retrouver de l’agilité : le Paul-Ricard empile les problèmes techniques au cours d’un même tour.

Et maintenant, répétez l’exercice pendant 24 heures

Le record absolu du tour appartient à BMW depuis 2023, à un peu plus de 183 km/h de moyenne. Le record en course, toujours pour BMW, est de 1’52’’517 en 2024, soit environ 181,5 km/h de moyenne et seulement une seconde de plus que le record absolu de l’année précédente.

Et maintenant, répétez l’exercice pendant 24 heures.

Parce que le Bol est évidemment une course de vitesse, mais surtout une immense épreuve de résistance. Aux contraintes propres à chaque portion du Castellet s’ajoutent les relais, les ravitaillements, les pneus, le trafic entre les différentes catégories, la nuit et l’usure progressive des hommes comme des mécaniques. Le meilleur tour ne suffit plus. Il faut construire une vitesse que la moto et l’équipe seront capables de reproduire.

Trois équipes et un titre mondial

Le YART Yamaha Official EWC Team arrive au Castellet en tête du championnat avec 112 points. Derrière, le BMW Motorrad World Endurance Team en compte 93 et Yoshimura SERT Motul, vainqueur du Bol d’Or 2025, 84. Dix-neuf points séparent donc YART de BMW avant une course où un problème mécanique, une chute ou quelques minutes perdues dans les stands peuvent transformer complètement la situation. Personne ne peut encore ranger les calculettes. Et derrière la lutte pour la victoire générale, les 56 engagés feront vivre plusieurs courses simultanément. Le Superstock constitue le contingent le plus important avec 24 équipes, tandis que la nouvelle catégorie Production en rassemble treize. 

High Side passe de l’autre côté du muret

C’est justement en Production que l’on retrouvera une aventure particulière. Pour la première fois, High Side, une déclinaison télévisée de la moto façon Top Gear prend le départ d’une course sous son propre nom. Bader Benlekehal et Adrian Parassol partageront la Kawasaki #33 High Side April Moto Louit avec Dylan Buisson et Alex Sarrabayrouse. Leur préparation a été courte : lors des essais pré-Bol, les quatre pilotes se sont retrouvés pour la première fois ensemble sur la ZX-10R de course et chacun n’a parcouru qu’environ 25 tours en deux jours. Une quantité presque dérisoire avant ce qui les attend.

Car samedi, lorsque les moteurs couvriront définitivement les grillons de la Sainte-Baume, il ne faudra pas seulement être rapide. Il faudra encore l’être 24 heures plus tard.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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