Quatrième meeting de la saison, quatrième occasion pour le paddock WorldSBK de nous démontrer qu’en 2025, la logique est un concept aussi volatil que la fiabilité d’une Bimota un soir d’orage. Bienvenue à Crémone, charmant circuit italien perdu entre rizières et désillusions mécaniques, théâtre d’une première journée d’essais libres où la hiérarchie a tenu autant que Bautista sur ses roues.
Nicolo Bulega, ce fiston modèle

Si Ducati devait ériger une statue pour la relève, elle aurait les traits de Nicolo Bulega. L’Italien, qui semble avoir confondu « FP1 » avec « séance de qualifications pour le trône de Mugello », a claqué un 1’29.158 qui a mis tout le monde d’accord, y compris son coéquipier Bautista, trop occupé à goûter le bitume pour tenter une réponse crédible.
Le jeune loup de la Panigale V4R a dominé les deux séances, histoire de rappeler à la meute que le fiasco d’Assen (deux abandons, zéro point, et un moral en RTT) n’était qu’un fâcheux contretemps dans sa marche vers la gloire. À Crémone, Bulega semble avoir retrouvé le bouton « mode patron », pendant que d’autres cherchaient encore la sortie de la voie des stands.
Toprak, l’artiste incompris du freinage tardif

Deuxième au général, Toprak Razgatlioglu n’a pas raté l’occasion d’enfiler ses chaussons magiques et d’élever sa BMW au rang d’exception dans un monde dominé par les bicylindres rouges. Un tour venu de nulle part en fin de FP2 lui a permis de virer devant les feux follets Ducati, rappelant à tous que même sans les grands moyens de Bologne, le Turc reste l’homme qui fait frémir les data analysts chez ROKiT BMW.
Toprak, c’est ce type capable de faire une glissade à l’entrée d’un virage qui ferait paniquer la NASA, pour ensuite ressortir plus vite que quiconque. Le genre de pilote que la physique tolère par exception, et uniquement parce qu’elle n’a pas encore trouvé le moyen de le contredire.
Danilo Petrucci, le retour du gladiateur

www.photoPSP.com
@photopsp_lukasz_swiderek
Danilo Petrucci, troisième temps du jour, a lui aussi décidé de faire parler la poudre — et les amortisseurs — sur sa Spark Ducati. Tombé le matin, ressuscité l’après-midi, l’homme à la barbe de philosophe romain est venu rappeler qu’il n’était pas là pour enfiler des carbonaras. En dépit d’un roulé-boulé artistique au virage 2 en FP1, il signe un solide 1’29.537 et s’offre une place sur le podium provisoire. Spark peut sourire : ils tiennent peut-être enfin une raison de s’acheter une bouteille de Prosecco.
Bautista : trois chutes, aucune excuse

Si quelqu’un pouvait prêter un chapelet à Alvaro Bautista, ce serait charitable. L’Espagnol a goûté au bitume à trois reprises ce vendredi, comme s’il avait décidé de faire un tour guidé du circuit… mais sans moto. Une chute au virage 2 en FP1, une autre au virage 8, puis une dernière en FP2 pour compléter le bingo. Résultat : un huitième temps loin des standards du double champion du monde, et un moral à ranger dans le bac « à recycler ».
On le sait fébrile quand le grip est précaire, mais de là à transformer sa Ducati en toboggan… Peut-être que la chasse au titre va demander plus que des siestes à l’aspiration de Bulega.
Lecuona, Bassani, Lowes : les trouble-fêtes

Dans le clan des bonnes surprises, Iker Lecuona s’est pointé avec une Honda en état de marche (exploit en soi), pour coller un 1’29.621 et terminer quatrième. C’est assez rare pour être souligné : Honda n’a pas été ridicule. Il paraît même que les techniciens HRC ont esquissé un sourire, avant de vérifier deux fois les chronos par peur d’une hallucination collective.
Bassani, alias « El Bocia », cinquième, s’offre la meilleure perf’ Bimota depuis le retour de la marque — et ce, malgré une chute en FP2 pendant un tour rapide. Un peu de réussite, beaucoup de cœur, et un soupçon de folie : la recette fonctionne à domicile. Alex Lowes, discret mais efficace, suit son coéquipier à la trace en sixième position.
Quant à Sam Lowes (VDS), toujours en mission « opération crédibilité chez les grands », il signe un très bon sixième temps aussi (devant Alex Lowes). Si seulement son frère pouvait l’imiter chez Yamaha…
Locatelli et les Yam’ : le naufrage sous contrôle

Andrea Locatelli a sauvé l’honneur de Yamaha avec un septième temps à une demi-seconde de Bulega. Derrière, c’est une hécatombe. Gardner douzième, Sofuoglu quinzième (ce qui en dit long), Aegerter dix-septième, Rea vingt-et-unième pour son retour de blessure, et Tito Rabat toujours aussi invisible. On a vu des cortèges funèbres plus joyeux que la zone Yamaha dans le paddock.
Quant à Dominique Aegerter, il semble toujours perdu entre ses réglages de MotoE et ses ambitions de Top 10. Et Rea ? Il revient de blessure… et il vaudrait mieux qu’il ait une excuse, parce que sinon, cette 21e place, c’est un début de retraite masqué.
En conclusion : Bulega dans son monde, Bautista dans ses doutes
Le vendredi à Crémone n’a pas révolutionné la hiérarchie, mais a confirmé deux tendances : Bulega est l’homme en forme de ce début de saison, pendant que Bautista semble chercher ses repères (et ses roues). Toprak veille, Petrucci s’invite au bal, Honda sourit, et Yamaha déprime.
Rendez-vous samedi pour la Superpole, où l’on verra si la Ducati #11 transforme l’essai… ou si #19 finit par passer une journée sans balayer l’asphalte avec ses sliders.
Et si vous passez à Crémone ce week-end : évitez les vibreurs, ils semblent porter la poisse.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Samedi 3 Mai | | | | |
| WSBK FP3 | 20′ | 09h00 | 11h00 | 14h00 |
| WSBK SP | 15′ | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| WSBK R1 | 23 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |
| Dimanche 4 Mai | | | | |
| WSBK WU | 10′ | 09h00 | 11h00 | 14h00 |
| WSBK SPR | 10 tours | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| WSBK R2 | 23 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |