La nouvelle a éclaté comme une traînée de poudre : Sergio Pérez, le seul pilote mexicain du plateau, quitte Red Bull. L’information, relayée par Fox Sports MX (chaine mexicaine dédiée aux sports), semblait d’abord improbable, mais elle trouve finalement écho dans des mois de spéculations et de performances en demi-teinte. Pour un pilote qui avait fait vibrer le paddock en 2021 avec des victoires spectaculaires, la descente aux enfers a été brutale.
Un contrat qui n’aura pas tenu la distance
Sergio Pérez avait récemment prolongé son contrat avec l’écurie de Milton Keynes jusqu’en 2026, mais le document ne semble désormais plus qu’un détail administratif. Deux saisons passées dans l’ombre d’un Max Verstappen impérial ont fait de Pérez une cible facile pour les critiques. Avec un quadruple champion du monde dans l’autre garage, les comparaisons étaient inévitables, et malheureusement pour le Mexicain, elles n’étaient pas flatteuses.
En 2023 comme en 2024, Pérez n’a pas été en mesure d’offrir à Red Bull la profondeur nécessaire pour prétendre à un titre constructeurs contre McLaren et Ferrari. Le contraste entre ses résultats et ceux de Verstappen sautait aux yeux, creusant un fossé de performances difficile à ignorer pour une écurie obsédée par l’excellence.
Le scénario du départ semble limpide : soit Sergio Pérez décide de quitter l’équipe de son propre chef, soit Red Bull met fin à son contrat à grands frais. Selon plusieurs sources, la résiliation pourrait coûter un chèque à six chiffres à l’écurie, un détail qui ne semble pas dissuasif compte tenu des ambitions et des moyens de la firme autrichienne.
Abu Dhabi, le dernier acte
Si l’annonce officielle du départ n’a pas encore été confirmée, tout indique qu’Abu Dhabi sera la dernière danse de Pérez sous les couleurs Red Bull. Une fin douce-amère sur le circuit de Yas Marina, qui a souvent marqué des moments clés de la carrière du Mexicain, mais cette fois dans une ambiance plus résignée que triomphante.
Le baquet laissé vacant à Milton Keynes est donc au centre de toutes les spéculations. Et un nom revient avec insistance : celui d’Isack Hadjar, jeune pilote français et étoile montante du Red Bull Junior Team.
Isack Hadjar, le pari de la jeunesse

À seulement 20 ans, Isack Hadjar pourrait bien être le prochain visage de Red Bull en Formule 1. Actuellement pilote de Formule 2 chez Campos Racing, il a impressionné cette saison avec quatre victoires et une place de vice-champion à un demi-point seulement du titre avant Abu Dhabi ce week end (Bartoleto 188,5 points, Hadjar 188, Aron 163). Un palmarès qui attire les regards, mais aussi une trajectoire rapide dans les échelons de la monoplace, ayant intégré le Red Bull Junior Team en 2022 en Formule 3 avant de gravir les échelons avec brio.
Hadjar a également bénéficié d’un contexte favorable : le retour mitigé de Daniel Ricciardo chez AlphaTauri (ex-Racing Bulls) et l’ascension de Liam Lawson, qui a pris la place de titulaire chez l’écurie « sœur » de Red Bull. Ce jeu de chaises musicales a propulsé Hadjar au rôle de pilote de réserve Red Bull depuis Singapour 2024, un poste stratégique qui l’a placé directement dans la ligne de succession en cas de départ de Pérez.
Un choix stratégique pour Red Bull
Le choix d’Isack Hadjar serait un pari audacieux, mais pas insensé. Red Bull est connue pour sa politique de promotion des jeunes talents issus de son académie. En confiant le deuxième baquet au Français, l’écurie miserait sur un potentiel à long terme tout en s’assurant une stabilité dans l’ombre de Max Verstappen.
Ce mouvement présenterait également un avantage financier. Contrairement à un pilote établi, Hadjar représente un investissement moindre, permettant à Red Bull de concentrer ses ressources sur le développement de sa voiture et le soutien à son pilote phare.
Les défis pour Hadjar
Pour le jeune pilote, ce serait une opportunité en or, mais aussi une pression immense. Être coéquipier de Verstappen est un défi herculéen, comme Pérez peut en témoigner. Hadjar devra non seulement prouver qu’il mérite sa place, mais aussi éviter les comparaisons écrasantes avec un champion qui domine la discipline depuis plusieurs années.
L’intégration rapide en Formule 1 est un autre obstacle. Même si Hadjar a montré des capacités remarquables en Formule 2 et effectuer plusieurs test en F1 à bord de la voiture de Perez (2023: Essais libres au Mexique chez Alpha Tauri puis Abu Dhabi avec la RB19 avant les essais libres lors du GP de Grande Bretagne 2024), le saut vers la catégorie reine reste immense. Des pilotes comme Pierre Gasly et Alex Albon, eux aussi issus du Red Bull Junior Team, savent combien l’écurie peut être impitoyable envers ceux qui ne répondent pas immédiatement aux attentes.
Un avenir incertain pour Pérez
Quant à Sergio Pérez, la question est désormais de savoir où il rebondira. Si son départ de Red Bull marque une fin de cycle, le Mexicain reste un pilote expérimenté avec une solide réputation. Une place chez une écurie de milieu de grille, voire une retraite anticipée, sont parmi les scénarios possibles.
Pérez pourra se consoler en sachant qu’il aura marqué l’histoire de Red Bull avec des victoires mémorables et une loyauté indéfectible dans des moments clés. Mais dans le monde impitoyable de la Formule 1, le présent compte plus que le passé, et Red Bull regarde déjà vers l’avenir.
Une nouvelle ère à Milton Keynes ?
Le départ de Pérez et l’arrivée possible d’Isack Hadjar marquent une transition importante pour Red Bull. Avec un duo Verstappen-Hadjar, l’écurie pourrait bien trouver un équilibre entre expérience et jeunesse, domination et développement.
Reste à voir si ce changement sera couronné de succès, ou si Hadjar suivra la trajectoire cahoteuse de certains de ses prédécesseurs. Une chose est sûre : la saison 2025 de Red Bull commence dès ce week-end à Abu Dhabi, et les projecteurs seront braqués sur l’écurie autrichienne.