Ce week-end, à Petite-Île, ce n’est pas la brise marine qui fait vibrer les oreilles, mais le doux vacarme des échappements libérés et des mécanos en surchauffe. L’ASA Réunion a ressorti les banderoles, les barrières et l’huile de coude pour offrir à la commune sudiste son grand raout annuel : le rallye de Petite-Île. Une sorte de grande messe mécanique, version tropicale, où les prières ne montent pas au ciel mais aux injecteurs.
Vendredi soir, dès 17h30, le coup d’envoi des hostilités a été donné par les traditionnelles vérifications administratives et techniques – aussi appelées l’épreuve de patience suprême pour les concurrents. C’est à l’école des Alpinias, face au parc fermé situé Place du Vieux Moulin, que les bolides ont été minutieusement auscultés par des commissaires aux aguets. Une opération chirurgicale menée avec la rigueur d’un huissier suisse mais la lenteur d’un paresseux en pleine sieste digestive. Et pendant ce temps-là, les locaux assistent au ballet des voitures comme on regarderait un défilé de mode… sauf qu’ici, les robes sont en carbone et les talons remplacés par des slicks semi-usés.
Samedi matin, rebelote à partir de 7h. Les grosses bestioles sont de sortie. Petite-Île, normalement si paisible, devient l’espace d’un week-end un concentré de bruit, de stress, de pneus lisses et de promesses de victoire.
Une édition sous le signe du copier-coller
Côté parcours, ne cherchez pas la nouveauté : cette édition 2025 est un remake assumé de l’an dernier. Un « copier-coller » qui ferait frémir n’importe quel professeur de lycée, mais qui a le mérite de la simplicité pour les organisateurs…et les concurrents. Les spéciales sont concentrées sur la commune de Petite-Île, comme si le reste de l’île n’avait plus droit de cité.
Le parc fermé reste au centre-ville, bien exposé au regard curieux du quidam, tandis que le parc d’assistance a été exilé au Domaine du Relais, dans les hauts, là où l’air est plus frais et les moustiques plus costauds. Accéder à cette zone relève du parcours du combattant : sauf si vous êtes riverain identifié ou concurrent détenteur du précieux sésame, il vous faudra ruser. Par exemple, en empruntant le chemin de la forêt depuis la RD3, puis en contournant le domaine du Relais comme un contrebandier pour gagner quelques centaines de mètres et éviter une randonnée non désirée. Le rallye, c’est aussi une question de logistique. Et de mollets.
Sunset show : préparez les LEDs (et vos cierges)
Et puisque rien n’est trop beau pour nos pilotes, la dernière boucle du samedi se disputera… de nuit. Quand le soleil se couche à 18h14 sans laisser de répit (la Réunion, c’est pas la Scandinavie), l’ES5 est prévue à 17h56 pour les VMRS et l’ES6 à 18h34 toujours pour le premier VMRS. À ce stade, on ne parle plus de sport auto mais de chasse nocturne. La lune, elle, boude : seulement 13% de visibilité. Un vrai décor de film d’horreur.
Heureusement, nos guerriers de la route ont leur arme fatale : la rampe de LEDs, cette excroissance lumineuse qui coûte plus cher qu’un scooter neuf et pèse moins qu’un pneu grâce au carbone. Le règlement est clair : elle peut dormir dans l’habitacle tant qu’elle n’est pas fixée sur le capot. Certains la planquent sur le pavillon arrière, pour ne pas pénaliser l’avant.
Rallye ou théâtre rural ?
Mais au-delà du bitume, ce rallye est une comédie humaine. Pendant que les pilotes jouent les funambules sur asphalte détrempé, les spectateurs campent, improvisent, discutent, mangent, bronzent (dimanche, c’est open soleil), et vivent. Car le rallye de Petite-Île, c’est ça : une grande fête populaire où se mêlent l’amour du sport, la passion mécanique, la mauvaise foi météo et l’ingéniosité logistique.
Un joyeux bazar, où chaque virage peut valoir victoire ou abandon, et où chaque spectateur, qu’il soit perché sur un rocher, calé entre deux bananiers ou caché derrière un vieux camion, trouve sa place. Ce week-end, Petite-Île ne dort pas. Elle vibre, elle glisse, elle gueule, elle klaxonne.
Alors sortez les casquettes (obligatoires), les parapluies (peut être) et l’humour, parce qu’on va en avoir besoin. Le rallye de Petite-Île est là, et il ne fera pas de cadeau.
| Intitulé | longueur | Local | Europe | Vietnam |
| Samedi 5 Avril | ||||
| ES1 Manapany1 | 6,200Km | 13h00 | 11h00 | 16h00 |
| ES2 Piton Bloc1 | 10,100Km | 13h38 | 11h38 | 16h38 |
| ES3 Manapany2 | 6,200Km | 15h28 | 13h28 | 18h28 |
| ES4 Piton Bloc2 | 10,100Km | 16h06 | 14h06 | 19h06 |
| ES5 Manapany3 | 6,200Km | 17h56 | 15h56 | 20h56 |
| ES6 Piton Bloc3 | 10,100Km | 18h34 | 16h34 | 21h34 |
| Dimanche 6 Avril | ||||
| ES7 Ermitage1 | 5,800Km | 09h28 | 07h28 | 12h28 |
| ES8 Anse Bas1 | 8,300Km | 10h01 | 08h01 | 13h01 |
| ES9 Ermitage2 | 5,800Km | 11h39 | 09h39 | 14h39 |
| ES10 Anse Bas2 | 8,300Km | 12h12 | 10h12 | 15h12 |
| ES11 Ermitage3 | 5,800Km | 13h50 | 11h50 | 16h50 |
| ES12 Anse Bas3 | 8,300Km | 14h23 | 12h23 | 17h23 |