mercredi, septembre 9, 2026

Championnat superbike, part 2…

Après presque un mois de pause – comprenez une cure de sieste collective à base de posts Instagram de pilotes en short de bain – les acteurs du WorldSBK se remettent enfin en selle. Direction Donington Park, cette piste anglaise au charme aussi rustique qu’une vieille pub avec moquette collante et bières tièdes, où la seconde moitié de saison s’apprête à démarrer. Et si l’on espérait un renouveau, de l’intensité, un bouleversement dans la hiérarchie, spoiler alert : non. Le scénario sent le réchauffé, et la manche britannique a des allures de replay du duel de tête.

Un duel, deux égos, zéro suspense

Le championnat ? Parlons-en. Il se résume à une bataille façon western entre “Bulega l’impassible” et “El Turco l’acrobate”. Neuf points séparent Nicolo Bulega et Toprak Razgatlioglu. Neuf petits points, soit l’écart entre un espresso ristretto et un double cappuccino dans un bar milanais. Mais sur la piste, c’est un choc de styles : l’un déroule avec l’efficacité clinique d’une imprimante laser Ducati, l’autre voltige sur sa BMW comme s’il auditionnait pour le Cirque du Soleil.

Toprak, roi de Donington, arrive avec un palmarès local qui ferait rougir les murs du paddock : 9 victoires, des triples comme s’il les commandait sur Deliveroo, et une propension à humilier la concurrence dans le style le plus spectaculaire possible – freinages sur la roue avant, trajectoires en drifts millimétrés, et ce petit sourire narquois qui dit « je pourrais aussi bien faire ça en claquettes ».

Bulega, quant à lui, avance masqué, mais l’ambition transpire à travers chaque virage. Et il l’a prouvé : même en territoire Toprakien, il sait planter sa banderole sur le podium.

Derrière eux, c’est le théâtre des frustrations

Petrucci est troisième au championnat. Oui, Danilo “je roule pour l’amour du gras et des burnouts” Petrucci. L’homme le plus sympathique du paddock, toujours prêt à vous offrir une bière, mais qui découvre le podium comme on découvre une truffe dans une omelette : par hasard, et pas assez souvent. Derrière lui, Alvaro Bautista, l’ancien champion devenu fantôme, s’accroche comme un vieux rockeur à sa guitare. Il a encore de beaux restes – et quelques podiums – mais son avenir est aussi incertain qu’un plan météo britannique.

Andrea Locatelli, cet éternel promu qui regarde le podium avec la même intensité qu’un enfant devant un distributeur de bonbons cassé est émouvant dans son genre. Donington n’a jamais été sa terre promise, et rien ne laisse penser qu’il y trouvera la rédemption cette année.

Les Britanniques à domicile : l’effet fish and chips

Le public local aura de quoi applaudir, ou soupirer. Jonathan Rea, ex-souverain du championnat, continue sa retraite active chez Yamaha. Un podium ici, un highside là, et beaucoup de nostalgie dans les yeux. Sam Lowes, boosté par un contrat tout neuf, espère enfin briller à domicile. Quant à son frère Alex, fraîchement décoré de la résurrection de Bimota (oui, Bimota, cette marque que même Wikipedia hésite à déclarer vivante), il arrive avec un podium à Misano et l’espoir fou de relancer la légende.

Scott Redding, lui, continue son pèlerinage existentiel entre BMW et moments d’auto-flagellation technique. Il compte sur Donington pour rallumer une étincelle – mais à ce stade, c’est un lance-flammes qu’il lui faudrait.

Des outsiders qui cherchent encore la sortie du labyrinthe

Derrière les ténors, le reste du plateau avance à tâtons. Iannone, l’ex-bad boy du MotoGP recyclé en accessoire de mode sur deux roues, peine à finir une course. Sa présence sur la grille tient plus du storytelling que du classement.

Chez Honda, on confond innovation et errance. Entre Lecuona et Vierge, les Japonais tentent des choses, parfois même des virages, mais le miracle technique se fait attendre comme le métro un jour de grève.

Mention spéciale à Garrett Gerloff, toujours là, toujours rapide sur un tour, mais jamais vraiment dans le film. Et à Axel Bassani, qui réussit l’exploit de faire oublier la laideur du nom “bimota” par la brutalité de ses attaques en piste.

Et puis il y a le folklore

Tommy Bridewell débarque en wildcard avec la grâce d’un hooligan en moonwalk. Tito Rabat revient de nulle part dans une équipe qui ne sait plus trop où elle va (ni avec qui). Quant à Dominique Aegerter, il devra passer par la case médicale avant de reprendre le guidon, preuve que même les Suisses peuvent vivre dangereusement quand ils fréquentent les paddocks italiens.

Donington : berceau du WorldSBK… et de ses paradoxes

Il faut bien le dire : Donington est un circuit à l’ancienne, avec son bitume rugueux, ses bosses pleines de charme et ses infrastructures d’un autre siècle. Mais il a un cœur, et il délivre toujours du spectacle – parfois malgré les pilotes.

À l’aube de cette seconde moitié de saison, on attend donc de savoir si Toprak poursuivra son récital, si Bulega retrouvera l’insolence de la jeunesse, ou si quelqu’un d’autre daignera troubler leur duel. Et si le WorldSBK reste loin derrière le MotoGP en termes d’exposition, il continue d’offrir un théâtre parfait pour les égos malmenés, les promesses non tenues et les espoirs mal garés. Donington n’est pas qu’une course. C’est un concentré de passion, de frustrations… et de baffes en cuir à plus de 280 km/h.

Et pour ça, on signe tout de suite.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Vendredi 11 Juillet
FP145′10h2013h2011h2016h20
FP245′15h0018h0016h0021h00
Samedi 12 Juillet
FP320′09h0012h0010h0015h00
Qualifs15′11h0014h0012h0017h00
Course 123 tours15h0018h0016h0021h00
Dimanche 13 Juillet
Warmup10′09h0012h0010h0015h00
Superpole10 tours11h0014h0012h0017h00
Course 223 tours14h0017h0015h0020h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

Articles similaires

- Publicité -spot_img

Derniers articles

fr_FRFrançais