vendredi, octobre 16, 2026
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Chaos maîtrisé, Hadjar performe…

Le Grand Prix du Japon 2025 à Suzuka a démarré sur les chapeaux de roues… ou plutôt sur une série de dérapages incontrôlés et de feux de broussailles. Si la première séance d’essais libres (FP1) a eu la décence de se tenir sans trop de drame, laissant les pilotes jouer aux apprenants studieux, la FP2 a viré au cirque ambulant avec quatre drapeaux rouges en une heure. Oui, quatre. Autant dire que les pilotes ont passé plus de temps à admirer les barrières et les extincteurs qu’à faire vrombir leurs bolides.

FP1 : Le calme avant la tempête

La matinée s’est déroulée sans anicroche, presque trop sage pour être honnête. Lando Norris a claqué le meilleur temps au volant de sa McLaren, histoire de rappeler à tout le monde que lui et son coéquipier Oscar Piastri sont là pour jouer les premiers rôles. Yuki Tsunoda, promu chez Red Bull, a fait ses premiers tours devant un public japonais extatique, sans doute trop occupé à saluer la foule pour faire des étincelles sur la piste. Bref, une séance d’échauffement pépère, parfaite pour se dire que l’après-midi allait être productive. Grossière erreur.

POSPiloteEcurieChronoTours
1Lando NorrisMcLaren1’28.54924
2George RussellMercedes+0.163s29
3Charles LeclercFerrari+0.416s27
4Lewis HamiltonFerrari+0.502s25
5Max VerstappenRed Bull Racing+0.516s23
6Yuki TsunodaRed Bull Racing+0.623s25
7F AlonsoAston Martin+0.673s25
8Isack HadjarRacing Bulls+0.676s28
9Kimi AntonelliMercedes+0.735s28
10Carlos SainzWilliams+0.784s28

FP2 : Le festival des catastrophes

Cinq minutes. C’est tout ce qu’il a fallu à Jack Doohan pour transformer sa journée en cauchemar et sa belle Alpine en tas de ferraille. Le rookie australien, visiblement trop pressé de briller, a oublié de fermer son DRS avant le virage 1 – une subtilité que Suzuka ne pardonne pas. Résultat : un tête-à-queue spectaculaire, un choc à faire trembler les gradins et une voiture en miettes. Sonné, Doohan a titubé hors de l’épave avant d’être expédié au centre médical, pendant que ses mécaniciens se préparaient à une nuit blanche. « Une erreur de jugement », a sobrement commenté Oli Oakes, le boss d’Alpine, avec l’air de celui qui sait que son poulain vient de lui coûter une petite fortune.

Vingt minutes de ménage plus tard, la piste est enfin libérée… pour mieux replonger dans le chaos. Cette fois, c’est Fernando Alonso qui décide de pimenter les choses. Le vétéran espagnol, en pleine crise existentielle cette saison, a planté son Aston Martin dans le gravier entre les virages Degner, comme s’il voulait prouver qu’il peut encore rater un virage avec panache. Deuxième drapeau rouge, et on commence à se demander si Suzuka n’est pas maudit.

À peine relancée, la séance prend des airs de film catastrophe. Pas d’accident cette fois, mais un feu de broussailles déclenché par les étincelles des monoplaces – parce que pourquoi pas, après tout ? Les commissaires jouent les pompiers pendant que les pilotes twiddlent leurs pouces dans les stands. À sept minutes de la fin, on croit enfin tenir une fenêtre de roulage. Piastri en profite pour signer le meilleur temps, devançant Norris, tandis qu’Isack Hadjar, troisième avec Racing Bulls, joue les trouble-fêtes au milieu des cadors.

Mais Suzuka n’en avait pas fini avec nous. Alors que le chrono s’égrène, un quatrième drapeau rouge surgit, encore à cause d’un feu d’herbes. Sérieusement ? On frôle le ridicule. Sur une heure prévue, les pilotes ont roulé vingt minutes à tout casser. Bravo, messieurs, belle productivité.

Une hiérarchie en carton et des leçons à tirer

POSPiloteEcurieChronoTours
1Oscar PiastriMcLaren1’28.11413
2Lando NorrisMcLaren+0.049s12
3Isack HadjarRacing Bulls+0.404s12
4Lewis HamiltonFerrari+0.430s14
5Liam LawsonRacing Bulls+0.445s13
6George RussellMercedes+0.453s13
7Charles LeclercFerrari+0.472s14
8Max VerstappenRed Bull Racing+0.556s9
9Pierre GaslyAlpine Renault+0.643s13
10Carlos SainzWilliams+0.718s9

Que retenir de ce fiasco ? McLaren reste intouchable, avec Piastri et Norris devant, pendant que Hadjar et Liam Lawson (5e) font briller Racing Bulls – de quoi donner des sueurs froides à Red Bull et Ferrari. Lewis Hamilton (4e) et Charles Leclerc (7e) sauvent les meubles, mais le plateau est tellement serré (cinq pilotes en 0”068) qu’on pourrait tirer la grille à pile ou face. Pendant ce temps, Alonso et Doohan ruminent leurs exploits, l’un dans le gravier, l’autre dans les barrières.

Chez Alpine, on croise les doigts pour rafistoler la voiture de Doohan avant la FP3. « Merci d’avance aux mécanos », a lancé l’Australien, qui doit bien savoir qu’il leur doit une caisse de bières après ce carnage. Quant à Alonso, il continue de traîner sa misère en fond de classement, comme un vieux lion qui refuse d’admettre que la savane a changé.

Samedi, le jour de la rédemption ?

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Samedi 5 Avril
FP360′11h3006h3004h3009h30
Qualifs60′15h0010h0008h0013h00
Dimanche 6 Avril
Course53 tours14h0009h0007h0012h00

Avec si peu de données à se mettre sous la dent, les équipes vont aborder la FP3 et les qualifs en mode improvisation. Doohan devra réapprendre à tenir un volant sans tout casser, Alonso prier pour un miracle, et les favoris croiser les doigts pour que les flammes restent dans les moteurs. Suzuka a déjà prouvé qu’elle pouvait transformer une journée banale en grand n’importe quoi. Espérons que la suite soit un peu moins… pyrotechnique.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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