Le Grand Prix du Japon 2025 à Suzuka a démarré sur les chapeaux de roues… ou plutôt sur une série de dérapages incontrôlés et de feux de broussailles. Si la première séance d’essais libres (FP1) a eu la décence de se tenir sans trop de drame, laissant les pilotes jouer aux apprenants studieux, la FP2 a viré au cirque ambulant avec quatre drapeaux rouges en une heure. Oui, quatre. Autant dire que les pilotes ont passé plus de temps à admirer les barrières et les extincteurs qu’à faire vrombir leurs bolides.
FP1 : Le calme avant la tempête
La matinée s’est déroulée sans anicroche, presque trop sage pour être honnête. Lando Norris a claqué le meilleur temps au volant de sa McLaren, histoire de rappeler à tout le monde que lui et son coéquipier Oscar Piastri sont là pour jouer les premiers rôles. Yuki Tsunoda, promu chez Red Bull, a fait ses premiers tours devant un public japonais extatique, sans doute trop occupé à saluer la foule pour faire des étincelles sur la piste. Bref, une séance d’échauffement pépère, parfaite pour se dire que l’après-midi allait être productive. Grossière erreur.
| POS | Pilote | Ecurie | Chrono | Tours |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Lando Norris | McLaren | 1’28.549 | 24 |
| 2 | George Russell | Mercedes | +0.163s | 29 |
| 3 | Charles Leclerc | Ferrari | +0.416s | 27 |
| 4 | Lewis Hamilton | Ferrari | +0.502s | 25 |
| 5 | Max Verstappen | Red Bull Racing | +0.516s | 23 |
| 6 | Yuki Tsunoda | Red Bull Racing | +0.623s | 25 |
| 7 | F Alonso | Aston Martin | +0.673s | 25 |
| 8 | Isack Hadjar | Racing Bulls | +0.676s | 28 |
| 9 | Kimi Antonelli | Mercedes | +0.735s | 28 |
| 10 | Carlos Sainz | Williams | +0.784s | 28 |
FP2 : Le festival des catastrophes

Cinq minutes. C’est tout ce qu’il a fallu à Jack Doohan pour transformer sa journée en cauchemar et sa belle Alpine en tas de ferraille. Le rookie australien, visiblement trop pressé de briller, a oublié de fermer son DRS avant le virage 1 – une subtilité que Suzuka ne pardonne pas. Résultat : un tête-à-queue spectaculaire, un choc à faire trembler les gradins et une voiture en miettes. Sonné, Doohan a titubé hors de l’épave avant d’être expédié au centre médical, pendant que ses mécaniciens se préparaient à une nuit blanche. « Une erreur de jugement », a sobrement commenté Oli Oakes, le boss d’Alpine, avec l’air de celui qui sait que son poulain vient de lui coûter une petite fortune.

Vingt minutes de ménage plus tard, la piste est enfin libérée… pour mieux replonger dans le chaos. Cette fois, c’est Fernando Alonso qui décide de pimenter les choses. Le vétéran espagnol, en pleine crise existentielle cette saison, a planté son Aston Martin dans le gravier entre les virages Degner, comme s’il voulait prouver qu’il peut encore rater un virage avec panache. Deuxième drapeau rouge, et on commence à se demander si Suzuka n’est pas maudit.

À peine relancée, la séance prend des airs de film catastrophe. Pas d’accident cette fois, mais un feu de broussailles déclenché par les étincelles des monoplaces – parce que pourquoi pas, après tout ? Les commissaires jouent les pompiers pendant que les pilotes twiddlent leurs pouces dans les stands. À sept minutes de la fin, on croit enfin tenir une fenêtre de roulage. Piastri en profite pour signer le meilleur temps, devançant Norris, tandis qu’Isack Hadjar, troisième avec Racing Bulls, joue les trouble-fêtes au milieu des cadors.
Mais Suzuka n’en avait pas fini avec nous. Alors que le chrono s’égrène, un quatrième drapeau rouge surgit, encore à cause d’un feu d’herbes. Sérieusement ? On frôle le ridicule. Sur une heure prévue, les pilotes ont roulé vingt minutes à tout casser. Bravo, messieurs, belle productivité.
Une hiérarchie en carton et des leçons à tirer
| POS | Pilote | Ecurie | Chrono | Tours |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Oscar Piastri | McLaren | 1’28.114 | 13 |
| 2 | Lando Norris | McLaren | +0.049s | 12 |
| 3 | Isack Hadjar | Racing Bulls | +0.404s | 12 |
| 4 | Lewis Hamilton | Ferrari | +0.430s | 14 |
| 5 | Liam Lawson | Racing Bulls | +0.445s | 13 |
| 6 | George Russell | Mercedes | +0.453s | 13 |
| 7 | Charles Leclerc | Ferrari | +0.472s | 14 |
| 8 | Max Verstappen | Red Bull Racing | +0.556s | 9 |
| 9 | Pierre Gasly | Alpine Renault | +0.643s | 13 |
| 10 | Carlos Sainz | Williams | +0.718s | 9 |
Que retenir de ce fiasco ? McLaren reste intouchable, avec Piastri et Norris devant, pendant que Hadjar et Liam Lawson (5e) font briller Racing Bulls – de quoi donner des sueurs froides à Red Bull et Ferrari. Lewis Hamilton (4e) et Charles Leclerc (7e) sauvent les meubles, mais le plateau est tellement serré (cinq pilotes en 0”068) qu’on pourrait tirer la grille à pile ou face. Pendant ce temps, Alonso et Doohan ruminent leurs exploits, l’un dans le gravier, l’autre dans les barrières.
Chez Alpine, on croise les doigts pour rafistoler la voiture de Doohan avant la FP3. « Merci d’avance aux mécanos », a lancé l’Australien, qui doit bien savoir qu’il leur doit une caisse de bières après ce carnage. Quant à Alonso, il continue de traîner sa misère en fond de classement, comme un vieux lion qui refuse d’admettre que la savane a changé.
Samedi, le jour de la rédemption ?
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 5 Avril | |||||
| FP3 | 60′ | 11h30 | 06h30 | 04h30 | 09h30 |
| Qualifs | 60′ | 15h00 | 10h00 | 08h00 | 13h00 |
| Dimanche 6 Avril | |||||
| Course | 53 tours | 14h00 | 09h00 | 07h00 | 12h00 |
Avec si peu de données à se mettre sous la dent, les équipes vont aborder la FP3 et les qualifs en mode improvisation. Doohan devra réapprendre à tenir un volant sans tout casser, Alonso prier pour un miracle, et les favoris croiser les doigts pour que les flammes restent dans les moteurs. Suzuka a déjà prouvé qu’elle pouvait transformer une journée banale en grand n’importe quoi. Espérons que la suite soit un peu moins… pyrotechnique.