Le Lucas Oil Stadium d’Indianapolis accueillait ce week-end la neuvième manche du Championnat de Supercross US, et autant vous le dire tout de suite : on a eu droit à un spectacle qui oscillait entre le grandiose et le grand n’importe quoi. Avec un Ken Roczen déjà auréolé de quatre victoires sur ce tracé, on s’attendait à une démonstration de l’Allemand. Mais non, le destin – ou plutôt Jason Anderson – en a décidé autrement. Dès le premier virage, Anderson, dans un élan de grâce digne d’un éléphant sur rollers, s’est vautré et a emporté Roczen dans sa chute. Daytona encore dans les rétroviseurs, le vainqueur de la semaine passée s’est retrouvé le nez dans la terre, bon dernier, pendant que le public retenait son souffle ou rigolait sous cape, selon l’humeur.
Pendant ce temps, Justin Barcia, alias “Bam Bam”, a décidé de jouer les malins en chopant le hole shot comme un voleur de bonbons à Halloween. Il prend la corde, s’échappe en tête, et on se dit que ça y est, le show est lancé. Sauf que Cooper Webb, double champion et pas du genre à se laisser impressionner par un départ canon, a vite calmé les ardeurs de l’énergumène. Avant même la fin du premier tour, Webb le dépasse proprement, sans un regard, comme un patron qui remet un employé à sa place. La machine Yamaha était en marche, et Barcia, ben… il a commencé à regarder le train lui passer sous le nez.
Mais le Supercross, c’est comme une série Netflix : il faut du rebondissement pour tenir en haleine. Chase Sexton, sur sa KTM, a décidé de pimenter les choses en chipant la place de dauphin à Barcia. Une trajectoire plus longue mais plus rapide dans un gauche avant une série de triples, et hop, la Gasgas de Barcia se fait manger toute crue. Pendant ce temps, Joey Savatgy nous a gratifiés d’un high side mémorable, une gamelle si spectaculaire qu’on aurait dit une cascade de film d’action. Gros crash, grosse douleur à la cuisse gauche, mais miracle : personne ne lui est rentré dedans. On lui souhaite un bon rétablissement, mais franchement, il s’en sort plutôt bien après s’être envolé comme ça.
Et Roczen dans tout ça ? Parti dernier, il gratte une place par-ci, une autre par-là, avec la détermination d’un gars qui refuse de rentrer bredouille au dîner. Pendant ce temps, Justin Cooper, sur sa Yamaha, ouvre les gaz en grand et laisse Barcia dans la poussière – littéralement. Barcia, qui avait pourtant tout pour briller, s’efface peu à peu, pendant que Sexton, dans un moment de solitude existentielle, décide de s’offrir une chute en solo. Résultat : Cooper et Barcia le doublent sans demander leur reste. Aaron Plessinger, lui, a voulu jouer les cow-boys face à Barcia, mais la poussière a eu le dernier mot. Pas de rodéo gagnant cette fois, Aaron.
| Pos | Moto | Pilote | INTERVAL |
|---|---|---|---|
| 1 | Yamaha | COOPER WEBB | 25 Laps |
| 2 | Yamaha | JUSTIN COOPER | +8.455 |
| 3 | KTM | CHASE SEXTON | +12.696 |
| 4 | Gasgas | JUSTIN BARCIA | +15.526 |
| 5 | Ktm | AARON PLESSINGER | +25.842 |
| 6 | Husqvarna | MALCOLM STEWART | +28.131 |
| 7 | Suzuki | KEN ROCZEN | +36.735 |
| 8 | Honda | DYLAN FERRANDIS | +47.821 |
| 9 | KTM | JUSTIN HILL | +52.006 |
| 10 | Honda | SHANE MCELRATH | +1 Lap |
Au final, Cooper Webb, impérial du premier au vingt-cinquième tour, s’impose comme un roi incontesté en signant au passage le meilleur chrono au tour (deuxième tour). Première victoire à Indianapolis pour lui, et un message clair au championnat : le leader est là, et il compte bien y rester. Derrière, Justin Cooper assure un doublé Yamaha en arrachant la deuxième place, pendant que Sexton, un peu penaud, complète le podium. Roczen, lui, finit loin, perd cinq points précieux et voit Sexton s’échapper au classement. Anderson, le déclencheur du chaos, doit probablement encore chercher des excuses dans les stands. On retiendra également le top10 du français Dylan Ferrandis qui retrouve ses automatismes.
Bref, cette neuvième manche fut un mélange savoureux de talent, de malchance et de cascades involontaires. Indianapolis aura encore prouvé que le Supercross, c’est un peu comme une bagarre de saloon : ça part dans tous les sens, mais à la fin, il n’en reste qu’un debout. Et cette fois, c’était Cooper Webb. Chapeau, patron.
L’Est maitre de l’Ouest…
Indianapolis accueillait ce week-end le premier des trois “showdowns” Est-Ouest en 250cc, histoire de voir qui, parmi ces furieux du guidon, allait enfin mériter autre chose que des demi victoires chacun dans sa conférence. Sixième manche pour l’Ouest, quatrième pour l’Est, et un casting de pilotes prêts à tout pour grappiller des points, quitte à se mettre la tête à l’envers dans les whoops. Haiden Deegan, leader insolent de l’Ouest, et Max Anstie, plaque rouge de l’Est, avaient des airs de caïds prêts à en découdre. Spoiler : ça n’a pas déçu, mais pas forcément pour les bonnes raisons.
Dès le départ, Seth Hammaker (Est) a décidé de jouer les malins avec un holeshot bien senti, pendant que notre Frenchie Tom Vialle, champion en titre de l’Est, se calait à la deuxième place – du moins jusqu’à ce que la réalité le rattrape et que Hammaker ne voit plus dans les rétros (z’avez déjà trouvé des rétros sur une bécane de SX ?). Derrière, Cole Davies a offert le grand frisson du jour : une gamelle digne d’un gag de cartoon, mais sans le “bip-bip” du coyote. Il s’en est relevé, l’ego en compote, mais les os intacts. Pendant ce temps, Jo Shimoda et Max Anstie se sont livré une bataille aussi crispante qu’un duel de regards dans un western spaghetti. Le Japonais a d’abord tenu bon, mais Anstie, plus roublard, a fini par le passer dans les whoops – avant de se faire reprendre parce que, soyons honnêtes, Shimoda n’est pas du genre à lâcher son os si vite.
| Pos | Moto | Pilote | INTERVAL |
|---|---|---|---|
| 1 | Kawasaki | SETH HAMMAKER | 19 Laps |
| 2 | KTM | TOM VIALLE | 5.766 |
| 3 | Yamaha | HAIDEN DEEGAN | 13.398 |
| 4 | Husqvarna | R.J. HAMPSHIRE | 17.883 |
| 5 | Yamaha | COLE DAVIES | 21.601 |
| 6 | Honda | JO SHIMODA | 24.657 |
| 7 | Yamaha | MAX ANSTIE | 29.452 |
| 8 | KTM | JULIEN BEAUMER | 33.258 |
| 9 | Kawasaki | G. MARCHBANKS | 35.952 |
| 10 | Yamaha | M. VOHLAND | 38.719 |
Et puis il y a eu RJ Hampshire, qui a décidé que jouer les spectateurs, c’était pour les faibles. Il a mis les gaz, largué Shimoda comme un vulgaire novice et donné une leçon de brutalité élégante. Mais c’est Hammaker qui a raflé la mise signant ainsi sa première victoire 2025, intouchable, pendant que Vialle assurait l’essentiel : une P2 mais toujours 5 places de mieux que le désormais ancien leader de l’Est. Suffisant pour chiper la plaque rouge à Anstie, à mi-parcours de la saison. Deegan, lui, a continué son petit bonhomme de chemin à l’Ouest en signant le meilleur tour en course, creusant l’écart avec un sourire narquois.

Résultat ? Un doublé Est sur les terres d’Indianapolis, histoire de rappeler aux cow-boys de l’Ouest que l’élégance du pilotage, ça ne s’improvise pas. Tout un programme, indeed.