Le Circuit of the Americas (COTA) nous a offert, ce vendredi 28 mars 2025, une entrée en matière digne d’un western spaghetti : des conditions météo aussi changeantes qu’un politicien en campagne, une piste qui passe du déluge à la sécheresse en un claquement de doigts, et un Marc Marquez qui, fidèle à sa légende texane, a décidé de rappeler à tout le monde pourquoi il est le shérif incontesté de ce coin perdu d’Austin. Sept victoires au compteur sur ce tracé, et une démonstration en pratique qui a laissé ses adversaires avec la gueule de bois et les pneus dans la poussière. Pendant ce temps, Pecco Bagnaia, le champion en titre, continue de patiner comme un touriste égaré dans un rodéo. Retour sur une journée où le chaos a régné, et où certains ont brillé pendant que d’autres ont ramassé les miettes.
Pluie, slicks et Marquez en mode bulldozer
On commence sous la flotte, histoire de bien mettre tout le monde dans l’ambiance. Les vingt premières minutes, c’est un ballet de pneus pluie et de pilotes qui tâtent la piste comme des gamins qui testent la température de la piscine du bout du pied. Pas de ligne sèche, pas de grip, juste de quoi faire flipper les teams managers et donner des sueurs froides aux ingénieurs. Mais dès que la pluie commence à se calmer – merci, Texas, pour ce répit – les slicks sortent des stands plus vite que les promo un black friday. Jack Miller, fidèle à son rôle de pionnier intrépide, dégaine le premier, suivi par les Ducati officielles et le rookie Fermin Aldeguer, qui doit encore se demander dans quel cirque il a mis les pieds.

Et puis, il y a Marc Marquez. Le bonhomme tombe sous la pluie – sa première chute de la saison, histoire de rappeler qu’il est humain – mais se relève comme si de rien n’était pour coller une claque monumentale au chrono. 2’02.929. Il est le seul à descendre sous les 2’03 ce vendredi. Les autres ? Ils regardent les feux arrière de la Ducati #93 s’éloigner à l’horizon, avec Fabio Di Giannantonio et Franco Morbidelli qui sauvent l’honneur en complétant le podium du jour, à plus de sept dixièmes. Sept dixièmes ! À ce rythme, Marquez ne bat pas ses concurrents, il les pulvérise, les réduit en cendres et les disperse dans le vent texan.
Bagnaia, le roi qui titube en terre étrangère

Et pendant que Marquez fait son one-man-show, que fait Pecco Bagnaia, le double champion du monde censé porter Ducati sur ses épaules ? Il passe de justesse en Q2, à un dixième près de se faire éjecter dans la jungle de Q1. Une performance qui frise le miracle pour un type qui n’a jamais brillé au COTA – on dirait presque qu’il a une allergie au bitume texan. Chez Ducati, on souffle un peu : les deux pilotes d’usine s’en sortent, mais c’est un soulagement teinté d’amertume. Marquez domine, tandis que Bagnaia rame. Le contraste est saisissant : d’un côté, un patron qui atomise tout, de l’autre, un champion qui semble perdu sans un GPS embarqué.

Joan Mir, lui, doit sabrer le champagne en douce : l’ancien champion 2020, souvent abonné aux places d’honneur ces derniers temps, accroche une neuvième position et un billet direct pour Q2. Une éclaircie dans sa saison en demi-teinte. À l’inverse, Fabio Quartararo mord la poussière – premier recalé pour Q1, avec Brad Binder, Marco Bezzecchi et Ai Ogura pour lui tenir compagnie dans ce qui promet d’être un combat de titans samedi matin. Deux places pour Q2, et une flopée de gros noms prêts à s’étriper. Ça va saigner.
| Pos. | Pilote | Moto | Chrono |
|---|---|---|---|
| 1 | M. Marquez | DUCATI | 2’02,929 |
| 2 | F. Di Giannantonio | DUCATI | +0.736 |
| 3 | F. Morbidelli | DUCATI | +0.837 |
| 4 | A. Marque | DUCATI | +0.882 |
| 5 | F. Aldeguer | DUCATI | +0.973 |
| 6 | J. Miller | YAMAHA | +1.024 |
| 7 | P. Acosta | KTM | +1.170 |
| 8 | M. Viñales | KTM | +1.332 |
| 9 | J. Mir | HONDA | +1.413 |
| 10 | F. Bagnaia | DUCATI | +1.530 |
Du drame, des drapeaux jaunes et un final en apothéose
Comme si cette journée n’était pas assez épicée, Johann Zarco décide de pimenter le tout avec une chute tardive. Drapeaux jaunes, tension maximale, et les 90 dernières secondes qui partent en vrille : tout le monde balance des tours rapides comme des desperados jouant leur dernière carte. Personne ne touche Marquez – intouchable, le bonhomme – mais Di Giannantonio et Morbidelli s’accrochent au podium, suivis d’Alex Marquez et d’Aldeguer, ce dernier décrochant son premier passage en Q2. Jack Miller, top Yamaha, Pedro Acosta et Maverick Viñales (premier qualifié Q2 chez KTM) complètent le tableau des heureux élus.
Et puis il y a Raul Fernandez, qui a passé une bonne partie de la séance à jouer au chat et à la souris avec la dixième place, un cible dans le dos face aux assauts de Bezzecchi, Ogura et Morbidelli. Il s’en sort, mais de justesse. Un peu comme Bagnaia, tiens. Coïncidence ? Peut-être pas : au COTA, les places se gagnent au forceps, et les nerfs d’acier sont de rigueur.
Le Texas, terrain de jeu de Marquez

Alors, que retenir de ce vendredi ? Que Marc Marquez est toujours le patron au Texas, et que ses adversaires feraient mieux de se munir d’une manette pour tenter de le suivre…sur jeux vidéo. Que Pecco Bagnaia, malgré son talent indéniable, continue de galérer sur ce tracé comme un poisson hors de l’eau. Que la météo texane est aussi fiable qu’un nutri-score, et que cette première journée a posé les bases d’un week-end qui s’annonce explosif. Samedi, entre Q1 et Q2, les gros bras vont devoir sortir les griffes. Mais pour l’instant, Marquez trône, et les autres peuvent aller se rhabiller. Ou plutôt, changer leurs pneus. On verra bien qui rira le dernier sous le soleil d’Austin…si la météo reste au beau !
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 29 Mars | |||||
| FP | 30′ | 10h10 | 19h00 | 16h00 | 22h00 |
| Qualifs | 40′ | 10h50 | 19h50 | 16h50 | 22h50 |
| Sprint | 10 tours | 15h00 | 00h00(J+1) | 21h00 | 03h00(J+1) |
| Dimanche 30 Mars | |||||
| Warm up | 10′ | 09h40 | 18h40 | 16h40 | 21h40 |
| Grand Prix | 20 tours | 14h00 | 23h00 | 21h00 | 02h00(J+1) |