Le dernier rallye de la saison aura vu la victoire de l’équipage Thierry Law Long/ Mohamad Balbolia (VW Polo Gti Rally2) au terme des 137,800Km disputés. Le podium est complété par Farouk Moullan/ Yannick Clain (VW Polo Gti Rally2) et Giani Barret/ Ludovic Couhet (Skoda Fabia Rally2).
Grâce à cette victoire inespérée et assez inattendue du fait de la main mise de Damien Dorseuil (Ford Fiesta MKII Rally2) sur la course, Thierry Law Long signe le doublé course/ championnat en signant un sixième titre consécutif. Concernant Damien Dorseuil, arrêté de très longues minutes dans l’ultime chrono au PK7 dans Notre Dame de la Paix2 en raison d’une surchauffe moteur, il buvait le calice jusqu’à la lie une fois la ligne d’arrivée finale enfin franchie P13. En effet, l’équipage se voyait notifié une disqualification en raison d’une brèche réglementaire au départ de l’ES8 Notre Dame de la Paix1 (art 7.6 et suivants).

Explication:
Les équipages ont formellement interdiction d’ouvrir le capot moteur dans une zone neutralisée entre le CH et la ligne de départ d’une épreuve (régime parc fermé) à l’exception d’intervention pour raison de sécurité majeure (fumée par exemple). Toute intervention d’ordre mécanique dont l’ajout de fluide est strictement interdite. Dès lors la question légitime est pourquoi le concurrent #2 s’est arrêté à l’arrivée de l’ES7 au point média en prenant le temps d’indiquer des températures moteur scandaleusement élevées (137°C) au lieu de filer prendre le temps d’ouvrir le capot de la Ford en liaison pour fixer le soucis et ajuster le niveau d’eau. J’espère et suis persuadé que mes très chers collègues auraient fort bien compris cette nécessité impérieuse de rouler pour tenter de trouver une solution avant le CH ES8. Dura lex, sed lex ! et celà est valable pour tout concurrent et chaque concurrent doit le savoir pertinemment surtout à ce niveau de compétition (pilote ET copilote).
Personne ne remet en cause la pointe de vitesse et les qualités de pilotage de Damien Dorseuil, moi encore moins que les autres sans doute. Pour vous en convaincre, malgré les soucis de températures moteur de la Ford depuis une première alerte dans la nuit de Samedi (ES6) selon les déclarations du pilote lui-même à l’arrivée, Damien reste le MP sur ce rallye des 1000Km avec 5 meilleurs temps. Autre question en suspend: les soucis de température n’ont semble t’il pas été fixés lors de l’assistance précédant la dernière boucle. L’équipe a donc pris le risque d’envoyer la Ford en course pour 29,900Km tout en montée en plein été austral avec des températures élevées. Joueurs jusqu’au bout, ils ont malheureusement perdu ce pari. Dommage, compte tenu de la configuration de cette course, Damien méritait largement et amplement cette victoire aux 1000. Thierry Law Long notamment ne s’est pas privé de le souligner à l’arrivée en se déclarant désolé de ce coup du sort affectant son rival préféré.
Les conséquences sont difficiles pour le team encadrant la Ford Fiesta. Certes terminer P2 ou P3 au championnat ne change pas fondamentalement la donne mais d’un point de vue financier avec un moteur ayant dépassé 130°C, il va maintenant falloir checker en profondeur le cœur de la bestiole et les surprises peuvent être fâcheuses avant même le début de la saison 2024. Les frais de changement d’un moteur de ce type (sous réserve de disponibilité des pièces chez M-Sport) s’élèvent tout compris à plus de 40.000 euros ! Sacré somme à débourser avant même de faire le moindre kilomètre 2024 si d’aventures le moteur avait pris “une grosse claque”. A suivre…
Concernant ce rallye des 1000Km, on retiendra également une bataille homérique pour le gain de la dernière marche du podium suite à la disqualification de DD. C’est finalement Giani Barret qui signe son premier temps scratch en carrière en réalisant un probant chrono à quelques dixièmes seulement de la référence de Notre Dame en montant signée l’an passé par Meddy Gerville avec l’Alpine. Chapeau bas! J’espère que ce scratch en appellera d’autres maintenant que le petit ilois a décoincé son compteur.
En fin, Farouk Moullan hérite d’une P2 à l’arrivée et aura surtout pu dérouler une course en retrouvant du plaisir avec une monture moins rétive que ces dernières courses. “Tonton” Farouk arborait un large sourire à l’arrivée avec le sentiment d’avoir pu (enfin) rouler à sa main.
| 1. | Law-Long Thierry – Balbolia M. Volkswagen Polo GTI R5 | Rally2 | 1h32m45s7 |
| 2. | Moullan Farouk – Clain Yannick Volkswagen Polo GTI R5 | Rally2 | +1:02.41 |
| 3. | Barret Giani – Couhet Ludovic Škoda Fabia R5 | Rally2 | +1:38.43 |
| 4. | Bardeur Olivier – Naigon Fabrice Peugeot 208 T16 | Rally2 | +1:45.96 |
| 5. | Sam-Caw-Freve S. – Joseph M. Ford Fiesta R5 | Rally2 | +2:10.06 |
| 6. | Hoareau Mannix – Pecault J. Subaru Impreza STi N12 | A8 | +4:07.84 |
| 7. +1 | Payet Giovani – Payet Thierry Peugeot 208 T16 | Rally2 | +4:10.96 |
| 8. | Laup Jonathan – Eclapier Enzo Peugeot 208 Rally4 | Rally4 | +5:31.84 |
| 9. | Beurard Yann – Cazanove Ludovic Citroën DS3 R3T | R3 | +5:59.51 |
| 10. | Dijoux Gilles – Payet Vincent Peugeot 207 RC R3T | R3 | +7:07.41 |