samedi, octobre 17, 2026
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Courses de côte, sport ou jackpot ?

La course de côte moto à La Réunion est une discipline où l’adrénaline des pilotes rivalise avec l’avidité de certains organisateurs. Chaque année, les amateurs se posent la même question : y aura-t-il un championnat digne de ce nom, ou allons-nous encore assister à une bataille d’influence où l’enjeu principal n’est pas la compétition, mais le remplissage de certaines caisses bien placées ?

Le calendrier prévisionnel de la Ligue Moto affiche fièrement huit épreuves, dont une majorité sous l’égide du MC Podium (5/8), cette structure dirigée par Claude Lepinay, qui suscite autant de commentaires que de soupçons murmurés à voix basse. Car si la course de côte est une bénédiction pour les pilotes désireux de s’exprimer dans un cadre sécurisé, elle l’est aussi pour les trésoriers en mal de liquidités. Statut Loi 1901 ou pas, l’organisation de ces événements est réputée être une manne financière permettant d’éponger les déficits des autres disciplines comme le Monobike ou le MX. Certains organisateurs multi-domaines l’assument pleinement et se déclarent ravis de concilier belle compétition avec effacement de difficultés financières liées à l’organisation d’épreuves très couteuses.

Mais cette jolie mécanique pourrait bien connaître quelques ratés. Les bruits de couloir se font insistants : si MC Podium décidait d’annuler une partie de ses épreuves pour des raisons difficiles à assumer sportivement, le championnat 2025 s’effondrerait comme un château de cartes, laissant les pratiquants sur le carreau. Un championnat initialement costaud de huit manches risquerait de se retrouver réduit à peau de chagrin.

Devant ce scénario catastrophe, les autres clubs organisateurs affûtent déjà leurs stratégies. Un plan B est en gestation au cas où: récupérer les dates abandonnées pour éviter que les pilotes ne se retrouvent avec un championnat au rabais. Il faut dire que nombre de ces compétiteurs ne sont pas des professionnels, mais des motards du quotidien qui se licencient exclusivement pour ce championnat, avec l’espoir de vivre leur passion sans être otages des querelles de clocher et des comptes d’apothicaires.

Bien sûr, les tensions et tractations en coulisses sont une tradition aussi vieille que la discipline elle-même. Chaque intersaison voit son lot de menaces d’annulation, de négociations en sous-main et d’appels à la raison – toujours dans « l’intérêt des pratiquants », bien entendu. Mais soyons honnêtes : l’intérêt des organisateurs n’est jamais bien loin, et la ligne entre la passion pour le sport et la soif de rentabilité est aussi mince qu’un pneu slick sur une route mouillée.

L’espoir subsiste néanmoins que ces jeux de pouvoir ne prennent pas le pas sur la compétition pure. Que l’enjeu principal reste la performance des pilotes et non celle des comptes bancaires. Que les dates inscrites soient honorées, et que la course de côte continue d’exister pour ce qu’elle est censée être : un spectacle, une montée d’adrénaline, une bataille contre le chrono… et non contre des arrangements en coulisses.

Affaire à suivre, ou comme on dit dans le milieu : “To be continued…”

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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