vendredi, octobre 16, 2026
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Cuir, bruit et lumières…soirée sado-maso ?

Samedi 19 juillet, pendant que certains iront dîner en bord de mer, faire leurs reconnaissances pour le Tour Auto du week end suivant ou s’entasser dans les parkings à ciel ouvert (j’en connais, si, si !), les vrais amateurs de frissons mécaniques se retrouveront sur l’anneau de vitesse de la Jamaïque. Non, pas pour un revival de “Fast & Furious: Saint-Denis Drift Edition”, mais pour l’avant-dernière manche du Championnat Monobike 2025.

Aux manettes, le club Motoshop de Rudy Bertille et ses fidèles dalons, qui en une seule saison sont passés de simples passionnés à organisateurs chevronnés. Diurne, nocturne, semi-nocturne pour cette fois… ils maîtrisent désormais tous les fuseaux horaires de la discipline. Et ce samedi, ils nous livrent leur version “crépusculaire” du Monobike. Une sorte de Moto After Dark, sans le budget, ni les avions, mais avec beaucoup plus de sueur.

La Jamaïque, temple du Monobike (et des phares obligatoires)

C’est donc sur le bitume très officiel de la Jamaïque, ce célèbre anneau de vitesse coincé entre ravine et aéroport, que les pilotes en cuir vont venir s’arsouiller dans un ballet parfaitement chorégraphié de freinages tardifs et d’inclinaisons optimistes. Ce n’est pas tout à fait une piste GP, mais dans l’imaginaire local, ça fait largement le taf. Surtout quand la lumière commence à baisser, que les lampadaires prennent le relais, et que l’adrénaline remplace les ombres.

Et qu’on se le dise : la réglementation est formelle. Quand ça roule la nuit, on allume les feux arrière. Ce n’est pas une option, ni un choix esthétique pour mieux briller sur Instagram. Le Monobike, c’est certes du fun, mais aussi des règles. Et l’éclairage avant optionnel ne sert pas seulement à repérer les moustiques — il permet aussi d’éviter de finir dans le bac à graviers ou dans le top 10 des chutes les plus idiotes de la saison.

Masterclass chez les Masters : Mondon vs. Techer, round final (ou presque)

Mais venons-en au vrai sujet. La catégorie Master, la crème de la crème du Monobike, où les gommes chauffent et les ego surdimensionnés s’entrechoquent à chaque virage. La dernière manche a été un mini-séisme dans cette hiérarchie bien huilée. Le #4 Richard Mondon a profité de la méforme passagère — appelons un chat un chat : le choc post traumatique MX tamponnais — de Dylan Techer pour lui piquer la victoire et surtout, la plaque rouge de leader.

Et ça, c’est un événement.

Richard Mondon débarque donc à la Jamaïque en patron, avec cette plaque rouge tant convoitée. Mais attention, Dylan n’a pas dit son dernier mot. La dernière manche, ce sera au Tampon, chez lui, devant ses supporters, ses copains, ses cousins… bref, dans sa tanière. Et croyez bien qu’il ne compte pas laisser Mondon faire le kéké trop longtemps.

150 points à distribuer : quatre candidats, une couronne

Alors que la saison arrive à son crépuscule — tout comme la lumière du jour ce samedi — le championnat reste incroyablement ouvert. Il reste 150 points à prendre, et ils sont mathématiquement quatre encore en lice pour la couronne. Quatre pilotes, quatre tempéraments, quatre machines réglées à la loupe. Et un seul trône.

PosPiloteTotal
1Richard Mondon275
2Dylan Tcher272
3Alexandre Fabre248
4Tanguy Sorlier215
5Medhy Sinacouty154
6Thomas Prugnières92
7Simao Horta90
8Timothee Hoarau44
9Simon Payet41
10Aimé Lebreton40

Pour une fois, les dés n’ont pas encore été jetés en juillet. C’est presque un miracle dans ce championnat souvent verrouillé bien avant le final. Ici, la moindre erreur peut faire basculer le classement, transformer un espéré podium en simple top 5, et faire entrer un outsider par la grande porte.

Et Alexandre Fabre, dans tout ça ?

Parlons-en, de l’outsider en chef. Alexandre Fabre, alias #15, alias le guerrier silencieux (enfin pas tant que ça pour être honnête). Sur bitume comme sur terre, il est respecté. Et pour cause : l’homme est une force tranquille, un pilote méthodique, et surtout un sacré modèle de résilience. En plein développement d’un kit pour passer les vitesses au guidon, Alex’ n’a jamais levé le pied (bah oui, il ne peut simplement physiquement pas). Et les écarts se resserrent.

Le voilà provisoirement troisième, aux aguets, toujours régulier. Si les deux de devant se chamaillent trop fort, il pourrait bien faire un hold-up à la régulière. Et là, croyez-moi, ce ne serait pas volé. Le garçon mérite autant la lumière des projecteurs que les autres, peut-être même plus…

Programme : chrono sous le soleil, courses sous les étoiles

Côté organisation, tout est calé au cordeau. Les essais chronométrés, qui comptent dans le championnat (ne l’oublions pas, chaque millième compte), se dérouleront de jour. Ensuite, les choses sérieuses commenceront avec les premières manches et dès le coucher du soleil pour la catégorie S3 (sunset à 17h55 à Saint Denis).

Et comme tout le monde le sait, la deuxième course de chaque catégorie se fera en nocturne complète. Lumières allumées, visières baissées, et cœur battant. Voilà ce qui attend les pilotes.

Le spectacle promet donc d’être total : de la sueur, des trajectoires au millimètre (ou pas), et des passes d’armes entre pilotes qui n’ont plus grand-chose à perdre. Bref, le Monobike comme on l’aime : brut, bruyant, borderline — mais diablement vivant.

Conclusion : nuit blanche, pneus noirs, spectacle garanti

Ce samedi à la Jamaïque, le Monobike fera ce qu’il fait de mieux : mettre les compte-tours en ébullition et les spectateurs en transe. Si vous aimez l’odeur de l’huile chaude au crépuscule, les virages serrés en pleine lumière artificielle et les pilotes qui ne doutent jamais, c’est là qu’il faut être.

Richard, Dylan, Alex et les autres vous donnent rendez-vous sur le bitume. Et n’oubliez pas : la règle, c’est d’allumer les feux. Mais le vrai feu, il est dans les yeux.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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