Six éditions et un même décor. L’Arabie Saoudite, avec ses dunes écrasantes et son soleil assassin, a offert une 47ème édition du Dakar aussi impitoyable qu’épique. Mais cette fois, l’histoire à écrire était locale, avec Yazeed Al Rajhi à l’encre dorée. Oui, pour une fois, le génie des dunes a triomphé à domicile, et avec un panache rare. Mais si le Saoudien a atteint les cimes, d’autres se sont brisés dans les sables mouvants de l’Empty Quarter, transformant leurs ambitions en débris.
Al Rajhi, l’élu des sables

Onze ans d’efforts, des coups durs à n’en plus finir, et enfin la récompense : Yazeed Al Rajhi, flanqué de son copilote allemand Timo Gottschalk, a dompté les 7 828 kilomètres (version FIA) du parcours avec une maîstria qui laisse à penser qu’il était prédestiné. Le Toyota Hilux de l’équipage saoudien a traversé les épreuves comme un émir en conquête, faisant la différence dans les ultimes étapes, particulièrement sur la boucle de Shubaytah. Avec une marge de seulement trois minutes et cinquante-sept secondes sur son dernier rival, Henk Lategan, Al Rajhi devient le premier Saoudien à être couronné à domicile. L’attente était longue, mais la revanche contre les déboires passés n’en a été que plus douce.
La première semaine : un théâtre de naufrages spectaculaires

Si Al Rajhi était occupé à jouer sa partition victorieuse, d’autres étaient moins inspirés. Carlos Sainz, le « Matador », n’aura finalement été qu’un gladiateur éphémère, mis hors-jeu après un tonneau spectaculaire dans les premiers jours. L’arceau de son Ford ne résistant pas à l’épreuve, il a quitté la scène, délaissant une équipe Ford ambitieuse mais visiblement pas prête.

Quant à Sébastien Loeb, le roi du rallye qui s’aventurait dans le désert au volant d’une Dacia inédite, il a fait étalage de ses talents… avant de les disperser dans les dunes, là encore suite à un tonneau fatal. L’Alsacien, malgré une victoire d’étape, repart avec plus de sable dans les chaussures que de gloire dans les bagages.
Une bataille pour le podium sans éclats

Derrière le tandem Al Rajhi-Lategan, Mattias Ekström a tenu bon pour offrir une prestation honorable. Avec une victoire d’étape à Shubaytah, le Suédois a clôturé son Dakar dans le bronze, tout en repoussant les assauts d’un Nasser Al-Attiyah inhabituellement erratique. Le Qatari, malgré quelques étincelles, termine au pied du podium et laisse à penser que même les légendes ont des failles. Pendant ce temps, la Mini de Guerlain Chicherit a préféré transformer les dunes en trampoline, finissant dans une position aussi acrobatique que définitive.
| POS. | EXP. | PILOTE-EQUIPE | ÉQUIPE | ÉCART |
|---|---|---|---|---|
| 1 | AL RAJHI/ GOTTSCHALK | OVERDRIVE RACING | 52h52’15 | |
| 2 | LATEGAN/ CUMMINGS | TOYOTA GAZOO RACING | + 00H 03′ 57” | |
| 3 | EKSTRÖM/ BERGKVIST | FORD M-SPORT | + 00H 20′ 21” | |
| 4 | AL-ATTIYAH/ BOULANGER | THE DACIA SANDRIDERS | + 00H 23′ 58” | |
| 5 | GUTHRIE/ WALCH | FORD M-SPORT | + 01H 02′ 10” |
Chez les motos : Sanders, le patron

Si l’histoire des autos s’est écrite à coups de tonneaux et de victoires arrachées de justesse, celle des motos s’est résumée en un nom : Daniel Sanders. L’Australien a été intouchable, remportant cinq étapes et dominant le général de bout en bout, à la manière d’un Marc Coma en 2009. Avec KTM, il offre à l’Autriche son vingtième succès sur le Dakar. Tosha Schareina et Adrien Van Beveren complètent le podium pour Honda, confirmant que la firme japonaise n’est jamais loin, mais souvent deuxième.
| POS. | PILOTE-EQUIPE | ÉQUIPE | ÉCART |
|---|---|---|---|
| 1 | SANDERS | KTM | 53h08’52 |
| 2 | SCHAREINA | HONDA | + 00H 08′ 50” |
| 3 | VAN BEVEREN | HONDA | + 00H 14′ 46” |
| 4 | BENAVIDES | KTM | + 00H 22′ 16” |
| 5 | BRABEC | HONDA | + 00H 29′ 50” |
Les autres catégories : le festival des outsiders

En SSV, Brock Heger (Sébastien Loeb Racing) a écrasé la concurrence le jour de ses 25 ans, tandis que « Chaleco » Lopez, avec cinq victoires d’étapes, a montré que l’âge n’est qu’un chiffre. Martin Macik a quant à lui consolidé son statut de roi des camions avec une domination absolue, répétant son succès de 2024. Enfin, Nicolas Cavigliasso, en Challenger, et Carlos Santaolalla, en Classic, ont offert des prestations sans faute, illustrant l’importance de la régularité sur ce rallye impitoyable.
| POS. | PILOTE-EQUIPE | ÉCART |
|---|---|---|
| 1 | HEGER/ EDDY | 59h13’11 |
| 2 | CONTARDO/ LATRACH | + 02H 06′ 04” |
| 3 | PINTO/ OLIVEIRA | + 03H 37′ 11” |
| 4 | DE SADELEER/ ORTEGA GIL | + 05H 16′ 54” |
| 5 | GASPARI/ MOTA | + 09H 55′ 51” |
Une édition à domicile, des héros locaux

Avec cinq victoires d’étapes pour les pilotes saoudiens, le Dakar 2025 marque une étape historique. Outre Al Rajhi, Dania Akeel a brisé la glace avec une victoire chez les SSV, confirmant que la nation hôte a appris à maîtriser les subtilités de son propre terrain. Mais si l’édition 2025 est riche en récits, elle reste avant tout celle de la première étoile pour Al Rajhi, qui inscrit son nom parmi les grands tout en ajoutant un peu de chaleur humaine à un désert parfois trop froid. Mention particulière aux jumeaux néerlandais Tim et Tom Coronel qui en terminent avec ce Dakar 2025 malgré galères, embûches et autres soucis techniques. Je ne peux que vous inciter à les suivre sur les divers réseaux sociaux tant ces deux là sont partageurs de leur passion automobile.

Prochain rendez-vous en W2RC à l’occasion du Abu Dhabi Desert Challenge du 21 au 27 Février prochain.