samedi, octobre 17, 2026
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Déjà la fin? Pas vraiment !

Un championnat du monde, c’est très bien organisé. Il y a une première manche, une dernière manche et, entre les deux, un classement qui permet normalement de savoir où l’on en est. Ensuite vient l’intersaison, cette période théorique pendant laquelle tout le monde est censé ranger les motos, compter les points et attendre poliment l’année suivante.

Évidemment, ça ne fonctionne pas comme ça.

Le MXGP arrive à Darwin pour sa dernière manche de 2026 avec un Jeffrey Herlings déjà champion du monde et un Romain Febvre qui arborera son numéro 1 pour la dernière fois cette année. On pourrait donc considérer que l’essentiel est réglé, distribuer les bons points, fermer la caisse et passer à autre chose. Ce serait précisément le meilleur moyen de ne rien voir. Parce qu’à Darwin, 2027 commence déjà à dépasser derrière 2026.

Le dernier numéro 1 de Febvre

Romain Febvre arrive en Australie avec un symbole sur la plaque. Ce #1 appartient encore pleinement à 2026, mais il accompagne aussi ses derniers tours de roue de la saison avec Kawasaki avant son changement de constructeur.

En face, Herlings n’a plus besoin de calculer grand-chose. Le titre est acquis. Reste une question beaucoup plus amusante : compte-t-il vraiment s’arrêter là ? Le Néerlandais a transformé la fin de saison en entreprise de ramassage industriel. Ce n’est plus de la collecte, c’est un nettoyage par le vide. Pour les autres. Darwin permettra donc de voir s’il poursuit sa moisson, 38 sessions sans jamais avoir été battu, ou si Febvre peut offrir à Kawasaki un dernier rebond avant que chacun ne commence à déplacer les meubles pour 2027. Comptablement, l’enjeu paraît secondaire. Sportivement, beaucoup moins.

Coenen, dernière sortie avant l’Amérique

En MX2, la situation possède un délicieux parfum de transition. Triumph sait déjà qu’elle sera championne du monde. Reste ce petit détail généralement apprécié dans un championnat pilotes : savoir avec qui. Guillem Farres et Camden McLellan doivent encore régler la question australienne pendant que Sacha Coenen s’apprête, lui, à effectuer sa dernière apparition en MX2 dans le cadre du championnat du monde.

Et le décor est plutôt bien choisi.

Le Belge de KTM doit rejoindre les États-Unis en 2027, avant de retrouver ensuite un univers où règnent notamment Jett et Hunter Lawrence. Pour son dernier MX2 mondial, le voilà justement en Australie, sur les terres des frangins. Coenen n’a plus le titre à aller chercher. Il peut donc attaquer libéré. Ce qu’il fait en permanence, même si le curseur « trop » n’est pas toujours positionné au bon endroit. Parce que « libéré » et « sans commettre de boulette » ne sont pas toujours deux notions qui voyagent dans le même camion. Darwin constituera à ce titre un dernier examen intéressant : vitesse pure, engagement maximal et capacité à rester du bon côté de cette frontière minuscule qui sépare parfois le spectaculaire du retour au paddock avec quelques morceaux de plastique en moins et quelques plaques de métal en plus la semaine suivante, après un passage au bloc.

En résumé : trop à bloc et vous finissez au bloc !

Et puis il y a cette piste

Darwin propose 1 610 mètres dans le sens horaire, avec huit virages à gauche, onze à droite, quatre tables, deux big jumps, une ligne de whoops et un triple. Bref, de quoi occuper les suspensions.

Mais le plus intéressant se trouve peut-être sous les roues. La classique terre rouge australienne mêle ici craie et argile, avec un sol susceptible d’évoluer sensiblement au fil des passages et des conditions. Ajoutez la proximité de la mer et une météo capable de modifier l’équation, et le tracé peut présenter plusieurs visages au cours du week-end. Il ne suffira donc pas nécessairement d’être rapide. Il faudra comprendre suffisamment vite sur quoi on est rapide. Et c’est exactement ce qui rend cette finale intéressante.

Darwin ne donnera pas seulement les derniers résultats de 2026. Il montrera comment Herlings termine une saison qu’il a déjà gagnée, comment Febvre referme son année avec le numéro 1, comment Coenen quitte le MX2 mondial et lequel des deux pilotes Triumph transformera la certitude du constructeur en titre personnel.

Puis les moteurs s’arrêteront face aux chronos.

Officiellement, ce sera l’intersaison.

Cette curieuse période pendant laquelle un championnat est terminé alors que le suivant a déjà commencé.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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