vendredi, septembre 11, 2026

Dernier round pour les gladiateurs du bitume…(programme)

Le Tampon fête cette année son centenaire, et, pour souffler dignement les bougies, la commune a ressorti sa piste urbaine éphémère pour accueillir la 4ᵉ édition du Monobike toujours organisée par le MCT (Moto Club du Tampon). On aurait pu imaginer un feu d’artifice, un défilé ou une grande soirée dansante…déjà fait ! Et en ce week end de pré-rentrée scolaire on préfère enfermer des dizaines de fous du guidon sur un tracé de 764 mètres, et les laisser se chamailler pour un titre qui, dans la catégorie reine, se joue au millimètre et au coup de gaz.

Ce dimanche, l’esplanade dite « des 400 » se transforme une fois encore en arène mécanique. Avec ses 16 virages — oui, seize, sur même pas huit cents mètres — le circuit n’a rien à envier à un parcours de karting. Et pour pimenter la sauce, on y ajoute la spécialité locale : un grip qui change plus vite que l’humeur d’un commissaire de piste un matin de pluie. Bitume lisse, plaques granuleuses, raccords douteux… chaque section a son caractère, et le pilote qui espère dominer devra jongler entre l’attaque chirurgicale et la prudence d’un patineur sur sol gras.

On roule ici dans le sens horaire et contraire au sens de circulation “civil” de l’esplanade, mais ce n’est pas la seule curiosité : les spectateurs sont installés… au centre même de la piste. Comme dans une arène romaine, ils voient les gladiateurs du 2-roues tourner autour d’eux. Bon, pour éviter les débordements façon corrida, des passages balisés permettent de circuler sans se faire découper en deux par un pilote en perdition. La Direction de Course surveille ça d’un œil de lynx, secondée par des commissaires qui, entre deux agitations de drapeaux, jouent les gendarmes de trottoir.

Le MCT (Moto Club du Tampon) n’a pas lésiné sur la mise en scène. Les paddocks sont eux aussi plantés au cœur du circuit : ici, on démonte un moteur pendant qu’à dix mètres, un concurrent négocie un freinage limite à l’épingle. Une proximité qui ravit les accompagnateurs — enfin, ceux qui supportent le bruit des échappements libres et l’odeur d’embrayages martyrisés. Les fans, eux, profitent de zones spectateurs nombreuses et gratuites. On insiste bien : gratuites. Oui, ça existe encore, un événement populaire où on ne vous vend pas un bout de trottoir à 25 euros pour « vivre l’expérience ».

Mais ne nous y trompons pas : derrière l’image de fête familiale et de pique-nique sur fond de moteurs hurlants, il y a une vraie bataille. Le championnat 2025 a été plus serré qu’un pneu pluie monté sur une jante trop large. Dans la catégorie reine, chaque point arraché compte, et la finale du Tampon va faire office de juge impitoyable. Les pilotes se connaissent, se jaugent, et savent que sur ce tracé, l’erreur ne pardonne pas. Les freinages tardifs dans les épingles, les relances sur sections glissantes et les trajectoires « optimistes » vont rythmer la journée.

La météo hivernale de l’hémisphère sud jouera aussi son rôle : températures fraîches le matin, soleil l’après-midi et même quelques gouttelettes, de quoi transformer la piste en puzzle à grip variable. Les mécanos vont s’arracher les cheveux sur les réglages : trop tendre, et c’est la surchauffe ; trop dur, et c’est la patinette. Par ailleurs, la piste va “se gommer” au fil des tours et l’incertitude quant à la qualité de l’adhérence évolue très vite !

Et puis il y a l’autre charme de ce Monobike : la diversité des catégories. Onze titres seront décernés, de quoi occuper tous les niveaux, du gamin en Minibike au vétéran qui jure encore qu’il « aurait pu jouer le coup » si ça, ça ou encore ça… Entre manches, c’est une ambiance de paddock détendue, faite de chamailleries bon enfant, de partages d’astuces et de petites piques. Car oui, le Monobike du Tampon, c’est aussi une discipline où l’on se connaît tous — et où on se rappelle parfaitement qui a bouchonné qui l’an dernier.

En résumé, cette finale 2025 promet du spectacle : du bruit, de la gomme brûlée, des freinages à l’équerre en partie basse mais également au point le plus haut, des spectateurs au milieu de l’action, et peut-être, au bout du compte, un champion sacré par un souffle. Car au Tampon, pour la dernière manche de l’année, on ne vient pas juste pour tourner en rond : on vient pour entrer dans l’histoire… ou au moins dans la mémoire des habitants, et dans les statistiques de la Ligue … jusqu’à la prochaine édition.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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