Le Rallye de Petite Île, coup d’envoi du Championnat de la Réunion des Rallyes, s’apprête à accueillir une flopée de nouveaux visages les 5 et 6 avril prochains. Pas moins de sept pilotes rookies – j’ai recompté pour être sûr même si certains sont peut être passés entre les gouttes – vont se jeter dans l’arène, le cœur battant et les mains moites malgré les gants, face au chrono impitoyable. On parle ici d’un mélange hétéroclite : certains passent du baquet de droite, où ils aboyaient des notes en espérant ne pas vomir, à celui de gauche pour enfin tenir cerceau. D’autres, purs novices, n’ont probablement jamais vu un parc fermé autrement qu’en spectateurs. Bienvenue dans le grand bain, les petits, et bonne chance pour ne pas noyer la mécanique dès la première spéciale !
Ces courageux – ou inconscients, c’est selon – auront le palpitant en surchauffe bien avant que le feu ne passe au vert au départ de l’ES1. Imaginez la scène : des rookies aux yeux écarquillés, serrant leur licence toute neuve comme un doudou, prêts à affronter les vérifications administratives et techniques. Parce que oui, avant de jouer les Loeb des routes réunionnaises, il faudra montrer patte blanche face aux officiels. Les 4 avril (17h30-20h30) et 5 avril (7h00-9h35), ils défileront devant le parc fermé, priant pour que leur monture passe l’épreuve du contrôle technique sans un “désolé, votre clignotant clignote mal”. Un rite de passage aussi stressant qu’un oral de bac, mais avec plus de cambouis.
Et ne croyez pas que l’hécatombe se limite aux pilotes. À droite, les copilotes novices pullulent aussi, armés de leurs roadbooks et d’une confiance vacillante. On imagine déjà les “tourne à gauche… euh, non, droite !” suivis d’un tête-à-queue magistral dans le premier virage. Entre les ex-copilotes qui se rêvent désormais rois du volant et les vrais débutants qui découvrent que “ES” ne veut pas dire “extra-sauce” mais “épreuve spéciale”, ce Rallye de Petite Île s’annonce comme un savoureux mélange de bravoure et de chaos. Les spectateurs, eux, risquent de se régaler autant que les vautours autour d’une carcasse puisque c’est bien connu: nombre de spectateurs viennent avant tout pour assister à des SRSG (sortie de route sans gravité) permettant moult moukatages.
Alors, que peut-on attendre de cette fournée de rookies ? Disons-le franchement : pour beaucoup, l’objectif sera déjà de rallier l’arrivée sans transformer leur bolide en sculpture contemporaine. Les routes sinueuses de Petite Île, entre bitume traître et gravillons vicieux, ne pardonnent pas les excès d’optimisme. On parie combien que certains vont découvrir à leurs dépens que freiner, ça ne s’improvise pas ? Et pourtant, il faut leur reconnaître un certain panache. Se lancer dans un rallye sans expérience, c’est un peu comme sauter d’un avion sans parachute en espérant que le vent vous porte. Chapeau bas, ou plutôt casque bas, pour l’audace.

Côté organisation, rien de nouveau sous le soleil réunionnais : les vérifs se tiendront face au parc fermé, comme chaque année. Une formalité pour les vieux briscards, un calvaire pour les nouveaux. Entre les pneus à vérifier, les dates de validité des harnais et des extincteurs et les officiels à amadouer, ces rookies vont vite comprendre que le rallye, c’est 10 % de pilotage et 90 % de sueur froide avant même de démarrer. Mais qu’ils se rassurent : s’ils survivent à ce week-end, ils auront des histoires à raconter – ou à enjoliver – pour les années à venir.
Alors, à tous ces novices, pilotes et copilotes confondus : bienvenue dans la jungle du rallye réunionnais. Que vos pneus tiennent, que vos freins répondent et que vos anges gardiens fassent des heures sup’. Le public, lui, sera là, prêt à applaudir vos exploits… ou à filmer vos sorties de route. À vos marques…
Rookies pilotes RPI25
- Potin Sylvain (Peugeot 208 F215)
- Balaca Stéphane (Peugeot 309 Gti F214)
- Law Mui Vincent (Mitsubishi Lancer N4)
- Assaby Souresh (Renault Clio Rally5)
- Trenoult Dorian (Renault Clio Rally5)
- Payet Ruddy (Citroën Saxo N2)
- Grondin Bruno (Peugeot 106 N1)