Toronto. Cette métropole qui respire l’élégance feutrée, le sirop d’érable à outrance, et les feux rouges respectés avec une dévotion quasi religieuse. Et pourtant, chaque année, la série IndyCar vient brutalement briser cette quiétude canadienne en transformant le centre-ville en arène urbaine de la tôle froissée. Oui, la foire mécanique d’Exhibition Place est de retour, avec son cortège de pilotes prêts à se faufiler dans des virages de la largeur d’un couloir d’hôpital. Attention aux accrochages : ici, quand deux voitures tentent un dépassement musclé, c’est souvent l’équivalent d’un duel au sabre-laser… où les deux se tranchent un bras.
Un tracé aussi accueillant qu’un pavé de ciment
Le circuit temporaire de Toronto — 2,874km soit 1,786 miles, 11 virages, un bitume inégal comme les résultats d’un rookie — est ce qu’on appelle un “circuit technique”, un doux euphémisme pour dire : “préparez les drapeaux jaunes”. Les meilleurs endroits pour les dépassements ? Un bout droit en descente vers un virage à angle droit. Oui, parce que rien ne dit “stratégie de course” comme lancer 27 furieux dans un goulot d’étranglement. Mention spéciale au T3, là où l’espoir de dépassement rencontre souvent la dure réalité du mur extérieur.
Alex Palou, favori malgré Toronto, ou l’art de s’imposer sans gagner

En tête du championnat avec une avance plus indécente qu’un speedo dans un sauna, Alex Palou arrive avec une sérénité que seuls les champions peuvent afficher — ou ceux qui savent que leurs rivaux sont trop occupés à jouer aux auto-tamponneuses pour être menaçants. Sept victoires en douze courses ? À ce stade, ce n’est plus une saison, c’est une annexion. Et pourtant, Toronto reste sa bête noire : jamais il n’y a gagné, ni même passé le premier tour des qualifs sans se vautrer dans l’anonymat du fond de grille. Résultat ? Il remonte toujours. De la 22e à la 6e place ? Facile. De la 18e à la 4e ? Routine. Palou fait du karting au milieu des meilleurs pilotes nord-américains. Ce mec est un spoiler ambulant.
Pato O’Ward ou la stratégie du “on verra bien”

Pendant ce temps, Pato O’Ward vit une relation compliquée avec les circuits urbains — un peu comme un chat et une baignoire. Sur les tracés éphémère cette saison, sa moyenne de 10,33 le situe quelque part entre “peut mieux faire” et “au moins il ne s’est pas crashé”. Toronto ne lui a jamais vraiment souri non plus : 11e, 8e et 17e — c’est plus une tendance qu’une malchance. Même sa victoire héroïque à Iowa (la seule de Chevrolet cette saison, soyons clairs) ne fait que souligner à quel point Honda roule sur l’IndyCar comme une moissonneuse sur un champ de maïs.
Kirkwood, Lundgaard, Dixon : les outsiders qui font peur (ou pas)

Kyle Kirkwood, malgré un style flamboyant, est récemment passé maître dans l’art de ruiner ses week-ends plus efficacement que la météo sur une terrasse en avril. Crash en essais, crash en course, perte de 67 points : il est passé de dauphin à figurant. Pourtant, sa moyenne sur circuits urbains est la meilleure du plateau : 2,33. Et il a terminé deuxième ici l’an dernier. Toronto pourrait donc marquer un renouveau… ou une nouvelle glissade vers l’oubli.

Christian Lundgaard, lui, est l’exemple parfait du pilote dont on oublie toujours qu’il a gagné une course. Oui, Toronto 2023. Oui, dans une Rahal. Et maintenant ? Dans une Arrow McLaren, il se remet à rêver, fort de trois top 8 consécutifs dans la ville de Drake. Pas mal pour un ex de la Formule 2 qui avait l’habitude de rouler sur des circuits où il y a vraiment des dégagements.

Et puis il y a Scott Dixon. Le doyen. Le sage. Celui qui, à défaut de briller, ne fait jamais de vagues mais finit toujours devant. 3e meilleure moyenne sur les circuits urbains, avec un septième rang régulier comme un métronome. Ne le cherchez pas aux avant-postes : attendez le chaos, et regardez-le émerger comme un phénix néo-zélandais.
CGR vs Andretti : les tauliers du béton
Chip Ganassi Racing et Andretti Global ont la mainmise sur Toronto, un peu comme les bouchons sur le périph’ parisien : constants, prévisibles, inévitables. Ils trustent les podiums depuis des années, au point que les autres équipes arrivent déjà avec des visages d’enterrement. Neuf des douze derniers top 3 ? C’est de la domination, ou du hold-up permanent, au choix. Il faudra une performance miraculeuse de McLaren ou Foyt (rien que d’écrire ça, j’ai ri) pour espérer bousculer ce duopole.
Le pronostic final ? Une boucherie élégante
Toronto n’est pas une course. C’est un rite de passage. Une bataille urbaine où seuls les plus malins — ou les moins malchanceux — s’en sortent avec leur aileron intact. Palou, avec sa constance extraterrestre, devrait encore s’en sortir par la grande porte. Herta ? Toujours dangereux. Kirkwood ? Imprévisible. Lundgaard ? Pourquoi pas. O’Ward ? Courage.
Une chose est sûre : dimanche, sur les rives du lac Ontario, entre les bosses, les rails et les virages assassins, IndyCar offrira un spectacle aussi imprévisible qu’un virage sous la pluie à 300 km/h en slicks. Et nous, on sera là pour compter les morceaux.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 18 Juillet | ||||
| FP1 | 15h00 | 23h00 | 21h00 | 02h00(J+1) |
| Samedi 19 Juillet | ||||
| FP2 | 10h30 | 18h30 | 16h30 | 21h30 |
| Qualifs | 14h30 | 22h30 | 20h30 | 01h30(J+1) |
| Dimanche 20 Juillet | ||||
| warm up | 08h30 | 16h30 | 14h30 | 19h30 |
| Course 90 tours | 12h00 | 20h00 | 18h00 | 23h00 |