vendredi, septembre 11, 2026

El Diablo en pole, M.Marquez 5/5…

Enfin, ils rentrent en Europe ! Après s’être baladés en mode commercial sur les circuits d’Asie et des Amériques, les gladiateurs du MotoGP retrouvaient l’Europe et le circuit de Jerez pour ce Grand Prix d’Espagne. Une terre de passion, de poussière… et de retournements de veste en un virage. Et ce samedi crucial n’a pas déçu, offrant un beau florilège de chronos historiques, de chutes spectaculaires, et de rêves fracassés contre le bitume andalou.

Dès les essais libres du vendredi, la tension était palpable. Alex Marquez, petit frère éternel du grand Marc, avait allumé la mèche en cassant pour la première fois la barre mythique des 1’36. Une performance qui, soyons honnêtes, a duré moins longtemps qu’un mojito au bar du paddock, puisque dès les qualifs, ce sont pas moins de sept pilotes qui l’ont atomisée façon puzzle. C’est dire si tout le monde était énervé.

En Q2, la bagarre a tourné au pugilat de chronomètre. Un Marc Marquez incandescent, porté par 100.000 hurlements de fans enfiévrés, claquait un premier tour en 1’35.643, record pulvérisé. Derrière lui, son frère Alex jouait le parfait poisson-pilote, tandis que Franco Morbidelli sortait de sa naphtaline pour signer un tour décent. Mais dans les cinq dernières minutes, Fabio Quartararo – qu’on croyait définitivement perdu pour la cause – a sorti un numéro de prestidigitateur. Deuxième run, dernière cartouche avec un deuxième tour consécutif sur ses gommes soft : le Français arrachait la pole avec un tour à la fois furieux et désespéré, volant la vedette à Marc sur son propre terrain pour 33 millièmes.

Oui, vous avez bien lu : Quartararo, sur Yamaha (si, si, ça existe encore), a signé la pole à Jerez. Sa première depuis… Mandala… Mandinka… bref, depuis 2022 et 63 Grand Prix ! Mieux : il est le seul à réussir cet exploit avec un moteur 4 cylindres dans un océan de V4 surpuissants. Fabio aura parfaitement tiré partie des caractéristiques d’un 4 en ligne sur ce circuit qui n’offre que de très courtes lignes droites (2) dans un océan de courbes et virages. “Class is permanent”, comme ils disent. Le nouveau record de la piste est bien au français…

Car oui, si le samedi matin avait tout du conte de fée, l’après-midi sprint a rappelé à “El Diablo” que les histoires finissent rarement bien, surtout en MotoGP.

Le Sprint : Marquez croque Quartararo et la meute

La Sprint, ce magnifique concept pour donner plus de travail aux kinés des pilotes, promettait du grand spectacle. Et dès l’extinction des feux, le ton était donné : Marc Marquez bondissait comme un cabri sous Red Bull et grillait Quartararo au départ. Mais Fabio, avec la rage du désespoir, récupérait la tête au premier freinage dans une manœuvre d’école. Jerez exultait, l’Espagne retenait son souffle… pendant exactement un tour et demi.

Car dès le deuxième passage, en voulant défendre sa position contre un Marc Marquez aux aguets et sur la trace intérieure, Fabio, en forçant sur une trajectoire sale comme une friteuse de fête foraine, voyait l’avant de sa Yamaha lui échapper au freinage du virage Dani Pedrosa. Éjection immédiate. Fin de la belle histoire. Et retour à la case “dommage !”.

Pendant ce temps, Marc – sourire carnassier sous la visière – déroulait sa partition. Solide, clinique, inarrêtable, il enchaînait les tours parfaits sous les vivats, creusait l’écart sur son frère Alex (oui, encore lui), et s’offrait une cinquième victoire Sprint consécutive. La fourmi revient donc à égalité du record de Jorge Martin en Sprint Race. Comme dirait l’autre : “Mêmes pneus, même combat”.

Derrière, Bagnaia, pourtant rescapé d’un crash en FP2, assurait une troisième place discrète, mais précieuse. Morbidelli, dans une improbable résurrection, terminait quatrième, tandis que le rookie Fermin Aldeguer prouvait qu’on pouvait avoir encore des poils de lait et mettre la misère aux vieux briscards en course courte.

Pos.PiloteTeamChrono
1M. MarquezDUCATI19:32.107
2A. MarquezGRESINI+1.001
3F. BagnaiaDUCATI+3.077
4F. MorbidelliVR46+3.530
5F. Aldeguer GRESINI+5.791
6F. Di GiannantonioVR46+7.691
7M. ViñalesKTM+7.849
8M. BezzecchiAPRILIA+10.175
9J. MirHONDA+10.414

Et maintenant ?

On pourrait croire que tout est joué d’avance pour dimanche. Marquez favori, Quartararo en VRP de luxe pour les stands Yamaha, et Bagnaia en gestionnaire fatigué… Mais à Jerez, rien n’est jamais simple. Surtout quand la température grimpe, que les pneus fondent comme des Mister Freeze, et que les égos se frottent sur l’asphalte.

La seule chose certaine ? Quartararo, même en pole, aura des difficultés en mode course en peloton, tandis que Marquez, débarrassé de ses béquilles psychologiques, est redevenu ce monstre froid et sans pitié qui n’a besoin que d’un semblant d’ouverture pour atomiser le plateau. Une chose est sûre : si Fabio veut sauver son week-end, il lui faudra convoquer non seulement son talent… mais aussi les dieux du MotoGP, et peut-être sacrifier deux ou trois ingénieurs sur l’autel de l’efficacité Yamaha.

Allez Fabio, on y croit. Un peu. Beaucoup. À la folie. Ou pas.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Dimanche 27 Avril
Warmup10′09h4011h4014h40
Course25 tours14h0016h0019h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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