Dans l’écrin scintillant du Snapdragon Stadium de San Diego, Eli Tomac a une nouvelle fois prouvé qu’il était bien le « GOAT » du Supercross moderne. Avec une victoire époustouflante lors de cette deuxième course de la saison, le pilote Monster Energy Yamaha Star Racing a empilé les records comme un collectionneur frénétique. Sa 53e victoire en carrière lui permet de décrocher une distinction historique : celle du premier pilote à triompher sur 11 saisons consécutives. Et comme si cela ne suffisait pas, il a égalé les légendes Ricky Johnson et James Stewart avec trois victoires à San Diego. Pour compléter la série, Eli s’empare également du meilleur tour en course (L15). Rien que ça!

Mais que serait un triomphe sans une petite dose de suspense ? À mi-course, Tomac a pris les commandes, dépassant Cooper Webb et s’installant en tête avec la grâce d’un fauve bondissant. Derrère lui, le jeune prodige australien Jett Lawrence (Honda) a fait de son mieux pour coller à sa roue arrière. Mais soyons honnêtes, il aurait pu aussi bien essayer de s’accrocher à une comète : Tomac était tout simplement intouchable. Lawrence a terminé deuxième, signant un retour en force après une 12e place décevante lors de l’ouverture à Anaheim. « Dix places de mieux, c’est pas mal, non ? » plaisantait-il en fin de course. Si l’humour ne gagne pas de points, il gagne des cœurs.

Le podium a été complété par un Cooper Webb opiniâtre, qui aurait bien mérité une tisane au miel pour apaiser sa gorge et ses muscles fatigués. Sous un rhume tenace, Webb a quand même offert une belle résistance à Ken Roczen, quatrième. « Ils sont passés devant moi comme si j’étais en mode ralenti, mais je suis resté sur le podium, alors je prends ! » a-t-il confié.

Et puis, il y a eu Chase Sexton. Le vainqueur de l’ouverture a été victime d’une chute dès le premier tour. Démarrant depuis la dernière place, il a remonté le peloton avec l’énergie d’un lion affamé pour finir sixième. Pas mal pour une soirée où « rien n’allait », comme il l’a admis. « On reviendra plus fort à A2 (Anaheim2 NDLR) ! » a-t-il promis. Les fans attendent. Le français Dylan Ferrandis, désormais seul frenchie en catégorie reine termine quant à lui dans le top10.
| POS | Pilote | Ecart | Moto |
|---|---|---|---|
| 1 | ELI TOMAC | 24 Laps | Yamaha |
| 2 | JETT LAWRENCE | 1.518 | Honda |
| 3 | COOPER WEBB | 18.518 | Yamaha |
| 4 | KEN ROCZEN | 19.632 | Suzuki |
| 5 | HUNTER LAWRENCE | 21.041 | Honda |
| 6 | CHASE SEXTON | 21.631 | KTM |
| 7 | MALCOLM STEWART | 32.915 | Husqvarna |
| 8 | JUSTIN BARCIA | 37.015 | GASGAS |
| 9 | DYLAN FERRANDIS | 42.720 | Honda |
| 10 | JOEY SAVATGY | 44.148 | Honda |
Au championnat, Eli Tomac prend la plaque rouge de leader provisoire
| Pos | Pilote | Moto | Total |
| 1 | Eli Tomac | Yamaha | 42 |
| 2 | Chase Sexton | KTM | 41 |
| 3 | Ken Roczen | Suzuki | 40 |
| 4 | Cooper Webb | Yamaha | 38 |
| 5 | Jett Lawrence | Honda | 32 |
En 250SX, c’est le jeune Julien Beaumer (Red Bull KTM Factory Racing) qui a volé la vedette. Pour sa deuxième course professionnelle, l’ado de 18 ans a décroché sa première victoire en signant une prestation solide. Après avoir patiemment attendu son heure derrière Cole Davies, il a pris la tête et ne l’a plus jamais lâchée. Dans une discipline où les nerfs sont aussi importants que la vitesse, Beaumer a montré une maturité impressionnante. « J’ai essayé de l’user à petit feu, et ça a marché », a-t-il confié avec un sourire d’enfant gâté.

Derrière lui, Jordon Smith (Triumph Racing) a terminé deuxième, profitant de l’expérience pour naviguer sur un circuit à la fois technique et traitre. « Les cailloux sur les rampes de saut étaient dignes d’un parcours de paintball », a-t-il plaisanté. Haiden Deegan, quant à lui, a complété le podium après une remontée impressionnante depuis le milieu de peloton. Toujours franc, Deegan a qualifié sa performance d’« embarrassante », mais a promis de revenir plus fort.

Le drame n’était pas limité à la finale : Jo Shimoda (Monster Energy Pro Circuit Kawasaki) a connu une journée cauchemardesque. Après une collision avec un panneau publicitaire en qualifications, il s’est fracturé deux doigts de la main gauche. Malgré la douleur, il s’est aligné en finale pour marquer des points précieux. « C’est incroyable ce que les pilotes sont prêts à endurer pour un championnat », a commenté un analyste. Courageux ou insensé ? Sans doute un peu des deux. Un mot sur le kop français de la conférence Ouest en quart de litre: Anthony Bourdon (Yamaha) termine ce rendez-vous de San Diego P16 après s’être qualifié P6 dans sa série. Ludovic Macler (Suzuki) ne parvenait à faire mieux que P15 en qualifs et ne passait donc pas en Finale.
| POS | Pilote | Ecart | TEAM |
|---|---|---|---|
| 1 | JULIEN BEAUMER | 18 tours | KTM |
| 2 | JORDON SMITH | 3.087 | Triumph |
| 3 | HAIDEN DEEGAN | 5.773 | Yamaha |
| 4 | COLE DAVIES | 7.949 | Yamaha |
| 5 | R. DIFRANCESCO | 8.732 | GASGAS |
En ce qui concerne la conférence Ouest après cette deuxième course de la saison, les dès sont relancés avec un classement provisoire quasi CtrlC/CtrlV de la course de San Diego. Le malheureux JO Shimoda, malgré sa blessure très handicapante et douloureuse parvient à se maintenir sur le podium provisoire alors que Beaumer s’empare de la plaque rouge..
| Pos | Pilote | Moto | Total |
| 1 | JULIEN BEAUMER | KTM | 47 |
| 2 | JORDON SMITH | Triumph | 42 |
| 3 | JO SHIMODA | Honda | 40 |
| 4 | HAIDEN DEEGAN | Yamaha | 37 |
| 5 | R. DIFRANCESCO | GASGAS | 35 |
La soirée de San Diego a donc offert un spectacle digne des meilleures productions hollywoodiennes, avec son lot de rebondissements, de révélations et d’émotions fortes. Eli Tomac repart avec une nouvelle page dans les livres d’histoire, Jett Lawrence confirme qu’il est bien l’avenir de ce sport, et Julien Beaumer émerge comme une étoile montante. Quant à Chase Sexton et Jo Shimoda, ils nous rappellent que, parfois, le Supercross est autant une question de survie que de vitesse.
Le Snapdragon Stadium pourra-t-il être le témoin de tels exploits l’an prochain ? Une chose est certaine : si vous avez manqué cette édition, vous avez manqué un véritable opéra de la terre battue. Mais ne vous inquiétez pas, la saison ne fait que commencer. Rendez-vous à Anaheim 2 pour le prochain acte de ce théâtre hors normes le week end prochain.