lundi, septembre 7, 2026

Entre toros, tapas et épaules en vrac…

Après le déluge portugais — ce moment d’anthologie où les pilotes de MXGP ont brièvement cru participer aux 24 Heures du Touquet — place à l’Espagne. Lugo, Galicia, ses vaches à grandes cornes, ses légendes celtes, et peut-être, enfin, un circuit où les motos ne font pas flop flop à chaque saut. Le paddock y croit. Il faut bien garder une lueur d’espoir quelque part, coincée entre deux prévisions météo contradictoires et trois vis de té de fourche rouillées par l’humidité lusitanienne.

Tim Gajser : l’épaule en vrac, la plaque rouge en cavale

Le grand absent du Portugal, c’était bien sûr Tim Gajser, ex-leader du championnat jusqu’à ce que son épaule décide, en Suisse, qu’elle préférait les RTT aux holeshots. Officiellement engagé pour Lugo, le Slovène joue désormais à “je t’aime moi non plus” avec sa clavicule, pendant que son équipe serre les dents et les fesses. On le dit capable de rouler. Traduction paddock : « il peut peut-être faire un tour chrono sans grimacer, mais faudra pas trop lui demander de doubler Febvre dans les bosses. »

Ce qui nous amène à notre Français préféré (et parfois préféré de lui-même), Romain Febvre. Opportuniste, génie quand il a envie, et chien fou les jours de pluie, le pilote Kawasaki a su cueillir au Portugal les points qu’on n’offre qu’aux téméraires. En l’absence du boss slovène, Febvre a joué la carte de la régularité agressive : des départs solides, des lignes qu’on ne lui connaît que quand il flaire un podium, et surtout un flair infaillible pour exploiter le moindre faux pas des autres. Autant dire qu’en Galice, il pourrait bien repartir avec une nouvelle victoire… si la météo ne lui joue pas un tour façon carwash andalous.

Lucas Coenen : le rookie qui ne tremble pas

Et pendant que les vétérans s’écharpent à coups de coudes dans la catégorie MX1, un jeune loup venu du Nord est en train d’imposer sa loi avec un calme déroutant : Lucas Coenen. Oui, Lucas. Pas Sacha. Parce que cette année, le garçon a fait le grand saut vers la catégorie reine, MXGP. Et spoiler : il ne s’est pas noyé. Loin de là.

Lucas a même brillé au Portugal, avec une victoire solide, maîtrisée, presque clinique. Le genre de performance qu’on n’attend pas d’un rookie, mais qu’il balance comme s’il avait 10 ans de grille derrière lui. Style propre, dépassements chirurgicaux, et un physique déjà au niveau. En gros, le Belge roule comme un vétéran de guerre avec la fraîcheur d’un junior. Et si ses adversaires ne commencent pas à le prendre très au sérieux, ils risquent de passer le reste de la saison à regarder sa plaque arrière.

À Lugo, terrain plus rapide et moins détrempé (croisons les doigts), il pourrait bien remettre le couvert. Et cette fois, avec Febvre, les locaux déchainés et peut-être Gajser sur la piste, on saura vraiment de quel bois il se chauffe. On ne va pas dire que Lucas est une menace pour le titre… mais on commence à se demander si ce n’est pas les autres qui vont devoir hausser le ton pour rester dans le coup.

MX2 – Sacha Coenen et Co., pendant que Prugnières cartonne

Pendant que Lucas fait mumuse avec les grands, Sacha Coenen, son frère jumeau, reste en MX2. Et là, c’est plus compliqué. Le garçon est rapide — parfois trop — mais entre erreurs stratégiques et amour immodéré pour les figures acrobatiques involontaires, ses résultats manquent de constance. S’il veut éviter d’être relégué au rang de “l’autre Coenen”, Lugo est peut-être le bon moment pour aligner deux manches sans frayeurs. Rien de révolutionnaire, juste un GP propre. On y croit.

Mais celui qui fait parler de lui, et qu’on ne voyait pas forcément venir si tôt, c’est Quentin Prugnières. Le Réunionnais a crevé l’écran (et la boue) au Portugal, avec ses meilleurs résultats en carrière, à la régulière, sans coups d’éclat absurdes, juste du bon motocross solide. Sur une piste pourtant piégeuse, il a su rester sur ses roues, attaquer quand il fallait, et marquer des points qui comptent — pour lui, pour son team, et pour les fans français qui aimeraient bien avoir un successeur en GP.

Lugo, avec son tracé plus fluide et un sol moins spongieux, pourrait lui permettre de confirmer. Voire de viser un top 5 en manche. Ce n’est pas de la folie : il en a les moyens. Et s’il continue à progresser ainsi, on pourrait bien finir par parler de lui autrement que comme “le p’tit gars de l’île”. Il commence à avoir les épaules pour faire partie des prétendants ponctuels de la catégorie. Sans forcément les déboîter, lui.

En résumé : soleil espéré, tension garantie

À Lugo, l’Espagne va peut-être nous offrir ce que le Portugal a refusé : une vraie bataille au sommet, des dépassements au cordeau, et une météo qui ne ressemble pas à un épisode de Koh-Lanta. Si Gajser est là, Febvre sera obligé d’enclencher la 6. Si Lucas Coenen confirme, il faudra commencer à revoir nos pronostics de mi-saison. Et si Quentin Prugnières frappe à nouveau, c’est tout le clan tricolore qui pourrait retrouver le sourire.

À condition, bien sûr, que la pluie galicienne ne transforme pas tout ça en championnat du monde de wakeboard.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Samedi 10 Mai
MX2 FP25′10h3012h3015h30
MXGP FP25′11h0013h0016h00
MX2 Chronos25′13h4015h4018h40
MXGP Chronos25′14h1516h1519h15
MX2 Quali race20’+2tours16h3518h3521h35
MXGP20’+2tours17h2519h2522h25
Dimanche 11 Mai
MX2 WU15′10h2512h2515h25
MXGP WU15′10h4512h4515h45
MX2 Race130’+2tours13h1515h1518h15
MXGP Race130’+2tours14h1516h1519h15
MX2 Race230’+2tours16h1018h1021h10
MXGP Race230’+2tours17h1019h1022h10
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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