samedi, octobre 17, 2026
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Exclusif: La Réunion, cobaye de la FFSA…

À quelques jours du coup d’envoi du Championnat de la Réunion des Rallyes 2025, prévu les 5 et 6 avril avec le Rallye de Petite Île, l’ASA Réunion, sous la houlette de sa présidente Muriel Rajoël, a décidé de jouer les cobayes pour le compte de la FFSA. Une modification réglementaire inattendue est dans les tuyaux. La Réunion, ce bout de caillou perdu dans l’océan Indien, va servir de laboratoire à la toute-puissante FFSA. Merci Muriel, fraîchement promue au comité directeur de la fédé l’an dernier, de nous offrir ce privilège. On sent déjà l’odeur de l’expérimentation foireuse à plein nez.

Jusqu’ici, l’ordre de départ des rallyes réunionnais suivait une logique aussi limpide que de l’eau de source fraichement captée dans une ravine : les numéros croissants, établis selon des critères de priorité bien définis (articles 4.1 et 4.2 du règlement local, pour les puristes). En gros, les cadors d’une classe pouvaient se retrouver à jouer les chasseurs de charrettes juste derrière les bras cassés de la catégorie précédente. Une pirouette réglementaire – un décalage de deux minutes entre les classes – était censée limiter la casse, mais soyons honnêtes : ça ressemblait surtout à un sparadrap sur une jambe de bois. Les spectateurs, eux, se grattaient la tête devant des écarts aussi aléatoires qu’un tirage de loto, pendant que les pilotes maugréaient en slalomant entre les gravillons laissés par les guimbardes de devant.

Mais voilà, la FFSA, dans sa grande sagesse, a décidé de tout renverser pour le Rallye de Petite Île. Exit l’ordre croissant, place à l’ordre décroissant des numéros ! Les VMRS ouvriront le bal, suivis des modernes, avec le plus gros numéro en tête et le numéro 1 – Olivier Bardeur himself, champion 2024 – qui fermera la marche comme un vulgaire retardataire. Les derniers seront les premiers, ou plutôt les gros numéros joueront les balayeurs d’asphalte pour la première étape. Génial, non ? Patrice Payet, numéro 72, sera gentiment reclassé parmi les N3 pour éviter de trop fausser les conditions de sa catégorie. On ne voudrait pas qu’un malentendu vienne gâcher cette belle expérience scientifique.

Le pitch officiel ? Cette révolution va offrir aux grosses cylindrées une “connaissance poussée des conditions de roulage“. Traduction : les petites cylindrées pourront enfin profiter d’un bitume vierge, pas encore transformé en dépotoir par les pneus râpés des grosses bestioles. Fini les pleurnicheries légitimes des gros numéros qui se plaignent de rouler sur une piste digne d’un chantier après le passage de gros engins du dimanche. Là, ce sont les petits poissons qui vont salir la route pour les gros requins. Équité sportive, qu’ils disent. C’est donc le rookie #71 Daniel Savigny/Sébastien Gironcel (Renault Twingo N2S) qui auront la charge d’ouvrir la route sur Manapany1 Samedi à 13h30.

L’objectif, tenu sous silence jusqu’à ce qu’un indiscret mette le nez dedans, est limpide : valider ce protocole pour le généraliser dès 2026 à toutes les épreuves FFSA. La Réunion, avec ses routes tortueuses et son public fervent, devient le cobaye idéal pour tester cette lubie. Et attention, ce n’est pas juste la première étape qui va subir ce traitement : selon nos infos, toutes les spéciales du rallye adopteraient ce principe. Les mieux classés – ou plutôt les mieux numérotés – seraient systématiquement les derniers à s’élancer, histoire de faire monter la sauce pour les spectateurs. Parce que, soyons sérieux, voir les cadors fermer le bal après un défilé de seconds couteaux, ça doit être le summum du suspense, non ? On imagine déjà les pauvres fans, un ti’punch à la main, attendre des heures pour voir enfin Bardeur et sa Fiesta MKII débouler en dernier, façon diva qui se fait désirer.

Pour l’instant, la FFSA reste muette sur une éventuelle extension aux rallyes terre, probablement parce qu’ils n’ont pas encore dénicher de club organisateur et de terrain permettant cette expérience. Mais à la Réunion, on est prêts à tout essayer, même les idées les plus tordues. Alors, ce Rallye de Petite Île, laboratoire grandeur nature, va-t-il accoucher d’une révolution ou d’un flop retentissant ? Les pilotes vont râler (com’ dab!), les spectateurs s’emmêler les pinceaux, et les organisateurs croiser les doigts pour que ça ne parte pas en sucette. Une chose est sûre : voir le numéro 1 jouer les lanternes rouges dès le départ, ça promet au moins une bonne dose de rigolade.

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cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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