lundi, septembre 7, 2026

Ferrari F80, dernière née des hypercar…

Le seul nom Ferrari suffit à déclencher des spasmes de convoitise chez les amateurs de belles mécaniques et des hémorragies internes chez ceux qui osent regarder les prix. Mais cette fois, la firme au cheval cabré livre la totale, la cerise atomique sur le tiramisu transalpin : voici la Ferrari F80, aussi surnommée “F250” en interne (parce que pourquoi faire simple quand on peut faire cryptique). Héritière spirituelle des 288GTO, F40, F50, Enzo et la LaFerrari, cette bestiole n’est rien d’autre qu’une déclaration de guerre au bon goût, à la décence, et probablement à l’aérodynamique newtonienne. Face aux bobos bien pensants et donneurs de leçons, soyez fiers et assumez : je roule en hybride !

Une hypercar ? Non. Une religion.

Avec ses 1200 chevaux, dont 900 issus d’un V6 de 3 litres et des poussières — un V6, sérieusement, chez Ferrari pour l’hyperbare de la décennie ?! — et 300 piochés dans un système hybride rechargeable inspiré du proto 499P, la F80 ne se contente pas de jouer dans la cour des grands. Elle fait exploser le portail, pique les clés du directeur et repeint le terrain en rouge.

C’est une hypercar, oui. Mais une hypercar de l’apocalypse. La bête atteint 100 km/h en 2,15 secondes. Vous clignez des yeux ? Elle est déjà partie. Et avec une vitesse de pointe de 350 km/h, elle pourrait traverser l’hexagone en moins de temps qu’il n’en faut à un banquier pour vous refuser un prêt pour l’acheter.

Le design ? Star Wars sous stéroïdes

Ferrari a eu une révélation : si une voiture ne ressemble pas à un croisement entre un chasseur TIE (la rep’ est simple cette fois) et une Formule 1 déguisée pour Halloween, elle n’a aucun intérêt. Résultat : un châssis monocoque en fibre de carbone, des bargeboards à faire pâlir un designer d’AMG, et un diffuseur de 1,80 mètre de long qui pourrait servir de piste d’atterrissage à un drone.

Et que dire de ces portes en élytre ? La Enzo leur a ouvert la voie, la F80 les pousse au point d’orgue. On monte à bord comme on enfilerait un costume spatial : par la grâce du cosmos et d’un coup de reins bien placé.

Intérieur : un cockpit de F1 pour milliardaires désoeuvrés

L’habitacle ? Une disposition “1-plus”, comme ils disent. Comprendre : vous êtes le pilote, l’autre est là pour faire joli. Si vous êtes passager dans une F80, sachez que vous êtes un figurant dans un film dont vous ne lirez jamais le script.

Et si vous pensiez profiter d’un moment de quiétude pour admirer les paysages italiens, oubliez. Le système FIVE (Ferrari Integrated Vehicle Estimator — parce qu’un nom en anglais, ça fait plus sérieux) vous donne l’impression que la voiture vous juge constamment. Trop lent ? Elle vous engueule. Trop rapide ? Elle vous pousse. En ligne droite ? Elle s’ennuie.

Technologie : quand Ferrari joue au Dieu des algorithmes

Avec un système de suspension active contrôlé par quatre moteurs électriques de 48V (un par amortisseur, parce que pourquoi pas), la F80 danse sur la route comme un ballerine sur acide. Elle peut corriger l’angle de carrossage, anticiper une perte d’adhérence latérale, et probablement prévoir votre divorce si vous passez trop de temps avec elle.

Le tout est orchestré par le fameux SSC 9.0, un système de contrôle du patinage latéral si intelligent qu’il pourrait probablement être élu maire d’une grande ville dès le premier tour. Et au cas où cela ne suffirait pas, Ferrari vous ajoute gentiment quelques vis en titane. Oui, des vis. En titane. Parce que si ce n’est pas ultra léger, ultra cher, et totalement inutile, ce n’est pas vraiment Ferrari.

3,4 millions d’euros : et vous n’aurez même pas le droit de choisir la couleur

À ce tarif-là, vous pourriez acheter un manoir, une île grecque ou… une place dans le garage de Maranello, aux côtés des autres 798 veinards. Sauf que non, vous ne choisissez probablement rien. La F80 est déjà vendue. Tout est déjà vendu. Le clip promotionnel où Leclerc et Hamilton jouent les VRP de luxe n’était qu’une mascarade, un théâtre à huit millions d’euros le mot. Mais bon, voir Charles et LH sourire de concert, ça n’a pas de prix.

Un hymne à la performance ou une crise existentielle motorisée ?

Finalement, la F80 n’est pas une voiture. C’est un statement, un doigt d’honneur en carbone injecté au monde des voitures électriques tristes et des SUV désincarnés. C’est une œuvre d’art roulante, un concentré d’orgueil italien et de génie mécanique. C’est l’ultime jouet pour adultes qui refusent de grandir — ou pour ceux qui veulent compenser autre chose. Et tant pis si finalement ce n’est “qu’un” V6 !

La Ferrari F80, c’est l’excès absolu, l’arrogance à quatre roues, le pinacle d’une époque qui confond progrès technologique et débauche absurde. Et pourtant… c’est irrésistible.

Ferrari signe ici une machine à fantasmes qui vous regarde droit dans les yeux et murmure : « Tu n’as pas les moyens. Et alors ? »

Et nous, pauvres mortels, on applaudit.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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