mercredi, septembre 9, 2026

Ferrari, la crinière au vent, la bave aux lèvres…

C’est reparti pour un tour, ou plutôt pour 6 heures. Le cirque de l’endurance version WEC (pour les intimes : “World Endurance Championship”, mais surtout pour ceux qui veulent faire croire à leur belle-famille qu’ils suivent un sport sophistiqué) pose ses valises à Imola ce week-end. Et inutile de chercher du suspense comme dans un épisode de Gomorra : Ferrari débarque à la maison, armée jusqu’aux dents, en mode ogre affamé prêt à boulotter tout ce qui roule. Le circuit Enzo e Dino Ferrari est prêt !

Qatar : la boucherie Maranello

Petit flashback pour ceux qui auraient raté le premier épisode au Qatar fin février : Ferrari a transformé la course de 8 heures en une garden-party privée. Pole position pour la #51, podium 100 % rouge écarlate (même si la privée est de la couleur historique de Ferrari: jaune qui est la couleur officielle de la ville de Modène) avec la #50, la #83 et donc ladite #51, le tout emballé en ruban tricolore (vert-blanc-rouge, faut-il le préciser). Toyota ? BMW ? Porsche ? Recalés à l’entrée du club VIP. La Scuderia a simplement humilié la concurrence façon “je vous mets un tour et je fais une sieste ensuite”.

Résultat : au classement constructeurs, Ferrari caracole avec 66 points, loin devant BMW (35) et Toyota (33), qui se demandent encore à quel moment le train rouge leur est passé dessus. Bref, après avoir atomisé le désert qatari, la bande de Maranello se présente à domicile en chef de meute, et la meute est affamée.

Imola : entre culte et culture

À Imola, on ne court pas. On célèbre. Car Ferrari ici, c’est plus qu’un constructeur. C’est une religion. Les tifosi ne viennent pas avec des drapeaux, mais avec des cierges rouges et des chapelets en carbone forgé. Ils prient Enzo matin, midi et soir, dans l’espoir de voir la #50 ou la #51 monter sur l’autel du podium.

Les autres ? Ils prient d’autres dieux…et franchement, vu la dynamique actuelle, autant demander à une Fiat Panda des années 80 de battre une Tesla en ligne droite. Le temple d’Imola, avec ses 4,9 km de virages à la chaîne (12 à gauche, 9 à droite, et aucune place pour le dilettantisme), va forcément favoriser les rouges qui y ont plus de repères qu’un vieux chat dans sa maison de campagne.

Une #50 déchaînée, une #83 opportuniste, une #51 frustrée

La Ferrari #50 — vous savez, celle qui donne l’impression d’avoir été réglée par des ingénieurs dopés au ristretto — mène la danse au championnat. Elle a dominé tout ce qui bouge au Qatar, y compris ses petites sœurs. Derrière, la #83, privée mais affutée comme une lame de rasoir neuve, s’est glissée à la deuxième place du classement comme une belle-fille sournoise au dîner de Noël. Et la #51 ? Elle avait signé la pole au Qatar mais s’est laissée avaler par ses collègues comme un vieux ravioli en fin de cuisson. Elle pointe actuellement troisième, un peu vexée, beaucoup motivée.

BMW, l’Allemand studieux qui veut jouer

Et les autres, dans tout ça ? BMW, l’étudiant sérieux qui révise en avance, reste pour le moment la meilleure des autres. Sa #15 officielle a montré un réel potentiel. Pas de quoi inquiéter les rouges, mais suffisamment pour garder Toyota derrière et faire douter Porsche. Ces derniers, malgré leur budget à faire rougir l’Arabie Saoudite, peinent à faire décoller leur fusée. Il leur manque encore un booster ou deux, et un manuel d’endurance.

Toyota, ex-dictateur de la catégorie, traîne désormais la patte. L’époque de la domination sans partage semble loin. Deux petits points derrière BMW au championnat, mais un gouffre (et quelques secondes au tour) les séparent de Ferrari. C’est dur de passer de parrain de la mafia à figurant dans une pub pour scooters électriques.

Pos.ConstructeurTotal points
166
235
333
49
56
65

6 heures, mais un sprint déguisé

Oui, on appelle ça de l’endurance. Oui, c’est censé être une épreuve de régularité, de stratégie, d’intelligence mécanique. Mais avec un plateau aussi affûté, une BoP (Balance of Performance) qui fait le yo-yo façon yoyo des années 90, et des voitures qui roulent à fond dès le premier tour, on est désormais plus proches d’un sprint de 6 heures que d’une valse technico-tactique. La BoP est calculée sur les trois dernières courses. Pour procéder à son calcul, les instances dirigeantes se basent en Hypercar sur 60% des meilleurs tours en course et sur les dix meilleurs tours en course de la plus véloce des autos de chaque constructeur.

Sont également bien évidemment pris en compte les paramètres d’homologation et donc du tracé visité, forcément très différent du Circuit International de Losail, théâtre des 1812 km du Qatar.

Ajoutez à ça un circuit exigeant, une météo printanière potentiellement facétieuse, et une tribune remplie de tifosi survoltés prêts à huer quiconque ose dépasser une Ferrari, et vous avez le cocktail parfait pour un dimanche agité.

Verdict en attente, mais tendance rouge sang

Alors, qui pour arrêter Ferrari ? Personne, probablement. À moins d’un cataclysme, d’une pluie de boulons ou d’un triple tête-à-queue simultané, les 499P sont les favorites incontestées. Imola sera rouge, bruyante, et probablement un peu arrogante. Mais quand c’est Ferrari, on appelle ça de la tradition.

Rendez-vous dimanche soir à 19h00 local pour vérifier si la messe rouge a bien été dite… ou si un miracle allemand ou japonais s’est glissé dans l’autel. Mais entre nous : prier pour autre chose qu’un podium Ferrari à Imola, c’est comme espérer croiser un pizzaiolo vegan.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnamJapon
Vendredi 18 Avril
FP11h3011h1513h1516h1518h15
FP21h3016h0018h0021h0023h00
Samedi 19 Avril
FP360′10h4012h4015h4017h40
Qualifs12′15h1017h1020h1022h10
Hyperpole10′15h3017h3020h3022h30
Dimanche 20 Avril
Race6H13h0015h0018h0020h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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