6 heures de sprint, 65 500 tifosi en fusion, une marée rouge qui a hurlé « Forza Ferrari » comme si la Scuderia venait de gagner un Grand Prix de F1 (spoiler : toujours pas). Mais cette fois, ce n’était pas un mirage ou une illusion d’optique due aux vapeurs de prosecco : Ferrari a bel et bien écrasé la concurrence en WEC, à domicile, sur la terre sacrée d’Enzo Ferrari. Et il n’a fallu ni miracle météo ni abandon de Toyota pour sceller cette victoire. Non. Juste une voiture parfaite, des pilotes solides, une stratégie ciselée au scalpel, et surtout… une foule prête à excommunier n’importe quel concurrent osant défier le Cheval Cabré sur ses terres.
La messe est dite : Ferrari n’a laissé que des miettes
Antonio Giovinazzi, Alessandro Pier Guidi et James Calado ont transformé une pole position limpide en une victoire autoritaire dans cette deuxième manche du WEC 2025. Les trois compères du #51 n’ont pas seulement gagné : ils ont dominé. Même quand les neutralisations façon carnaval – safety cars et full course yellows en série – sont venues foutre le bazar dans le bac à sable, la Ferrari est restée la maîtresse de la cour de récré. À un moment, elle comptait même près de 30 secondes d’avance. C’est dire.
Et si certains espéraient que la pression d’un Porsche revenu du diable Vauvert, d’un Toyota au talent résiduel ou d’un BMW en mode surprise du chef viendrait faire trébucher la bête rouge, ils en ont été pour leurs frais. Ferrari a tenu. Mieux : elle a régné. Elle n’avait plus gagné sur sol italien en endurance depuis 1973. Oui, cette époque où les pilotes fumaient des Gauloises en courant et où le casque servait à peine à autre chose qu’à tenir les cheveux.
Ferrari, cette fois, c’est sérieux

Avec deux victoires en deux courses, Ferrari s’impose comme le vrai patron de ce début de saison WEC. Exit les hésitations stratégiques à la mords-moi-le-nœud, les têtes dans le mur à la première goutte de pluie ou les P4 héroïques qu’on osait à peine fêter. Non, cette fois, Ferrari joue la gagne. Et le fait avec un panache qui fleure bon le retour des années glorieuses… sauf que maintenant, les mécaniciens ont des tablettes et les tifosi des casquettes collector à 80€ pièce.
Calado, Pier Guidi et Giovinazzi prennent la tête du championnat pilotes, tandis que Ferrari se gave au classement constructeurs. Les autres n’ont qu’à bien se tenir. D’ailleurs, chez Toyota, on commence à regarder les rouges avec la même appréhension que celle qu’on avait autrefois pour les Audi diesel : c’est propre, c’est rapide, et ça ne laisse pas de traces (sauf dans l’égo).
BMW et Alpine : les deux surprises du podium

Derrière la furia Ferrari, BMW a déjoué tous les pronostics avec une deuxième place presque improbable. Pourtant, la #20 piloté par Rast, Frijns et Van der Linde avait croisé le chemin d’un Toyota un peu trop agressive à la Curva Gresini (on soupçonne encore Mike Conway d’avoir voulu faire de l’espace avec la méthode GTA). Mais malgré un aileron arrière cabossé, BMW a roulé à l’allemande : méthode, régularité, et une touche de culot. Le trio signe son premier podium et regarde maintenant l’élite dans les yeux.

Alpine, quant à elle, profite enfin d’une stratégie sans suicide collectif pour grimper sur le podium. Mick Schumacher, Jules Gounon et Fred Makowiecki ont tenu bon, malgré une pression féroce dans le dernier relais. Mention spéciale à Gounon, toujours aussi rapide et aussi peu intéressé par les artifices – le genre de mec qui peut remporter une médaille en jean et tongs. Qu’on se le dise : l’Alpine ne fait pas encore rêver, mais elle livre enfin des résultats.
Toyota, Porsche, et la gueule de bois
Du côté des ex-dictateurs de la catégorie, le réveil est douloureux. Toyota n’a pas pris l’eau, mais elle n’a pas non plus mis le feu. Le meilleur résultat ? Une modeste cinquième place, sauvée par un Sébastien Buemi en mode mur suisse pendant son relais. Il a tenu tête à Fuoco comme un videur de boîte à Saint-Tropez, refusant l’entrée à l’Italien malgré plusieurs tentatives musclées.
Chez Porsche, on sauve les meubles avec une P8 pour Estre et Vanthoor, pendant que Matt Campbell enfilait les tours héroïques face à Giovinazzi, pneus rincés en bonus. Il faut dire que le constructeur allemand semble plus inspiré par les courses de pub que par les victoires ces derniers temps.
GT3 : Rossi encore maudit, Porsche en poil à gratter

Si l’objectif était de faire pleurer Valentino Rossi à domicile deux années d’affilée, mission accomplie. Pole position signée Vale himself, relais propre, attaque de feu… et puis un incident avec Simon Mann (dans une Ferrari, ironiquement), pénalité stop-and-go, et descente express de la première à la huitième place. Le #46 remonte comme un diable, van der Linde donne tout, mais c’est le vieux briscard Richard Lietz qui verrouille la victoire pour Manthey et Porsche. Résultat : encore une deuxième place pour le Docteur, qui commence à croire qu’Imola est maudite comme une chicane mal placée à Misano.
Bilan : un championnat relancé ? Non, Ferrari lancé.
CHAMPIONNAT PILOTES
| Pos | Constructeur | Numéro | Equipage | Total |
| 1 | ![]() | #51 | PIER GUIDI, GIOVINAZZI, CALADO | 50 |
| 2 | ![]() | #83 | HANSON, KUBICA, YE | 39 |
| 3 | ![]() | #50 | FUOCO, MOLINA, NIELSEN | 38 |
| 4 | ![]() | #20 | RAST, FRIJNS, VAN DER LINDE | 27 |
| 5 | ![]() | #15 | VANTHOOR, MAGNUSSEN, MARCIELLO | 26 |
| 6 | ![]() | #8 | HARTLEY, HIRAKAWA, BUEMI | 25 |
| 7 | ![]() | #7 | KOBAYASHI, CONWAY, DE VRIES | 18 |
| 8 | ![]() | #36 | MAKOWIECKI, GOUNON, SCHUMACHER | 15 |
| 9 | ![]() | #12 | LYNN, NATO, STEVENS | 7 |
| 10 | ![]() | #93 | VERGNE, JENSEN, DI RESTA | 5 |
Ferrari a donc écrasé la concurrence à domicile, et le plus flippant dans l’histoire, c’est qu’ils n’ont pas eu besoin d’aide divine, ni de circonstances chanceuses. La 499P est rapide, fiable, bien pilotée, et l’équipe semble enfin avoir trouvé le bouton “gagner” qu’elle avait perdu dans un tiroir depuis 1973. Même les tifosi n’en reviennent pas : ils sont sortis du circuit sans râler. Un signe…
FIA HYPERCAR WORLD ENDURANCE MANUFACTURERS’ CHAMPIONSHIP
| Pos. | Manufacturer | Total points |
|---|---|---|
| 1 | ![]() | 92 |
| 2 | ![]() | 63 |
| 3 | ![]() | 53 |
| 4 | ![]() | 15 |
| 5 | ![]() | 12 |
Prochaine manche : Spa-Francorchamps, le 10 mai. Et si Ferrari continue sur sa lancée, il va peut-être falloir interdire les drapeaux rouges en Belgique par mesure de sécurité émotionnelle pour les autres constructeurs.






