Deuxième passage du Monster Energy Supercross dans ce coin paumé du Sud profond, et visiblement, les pilotes ont décidé de transformer la piste du Protective Stadium en champ de bataille pour cette reprise post-week-end off. Format Triple Crown en guise de cerise sur le gâteau, histoire de garantir que personne ne sache qui va l’emporter avant le dernier tour – ou la dernière chute. Et des chutes, il y en a eu, accompagnées d’un déluge de block pass dignes d’un rodéo texan sous stéroïdes. Retour sur une soirée où la terre a pleuré et les ego ont trinqué.
SX450 : Sexton brille, Webb vacille, Stewart grimace
Commençons par le plat principal, le SX450. Chase Sexton a décidé de mettre tout le monde d’accord en s’offrant la victoire au général (1-1-2), histoire de rappeler qu’il n’est pas là pour faire de la figuration. Deux départs canons, une maîtrise insolente dans les deux premières manches, et une deuxième place dans la troisième pour sceller l’affaire. « Merci mon Dieu pour mes départs », a-t-il lâché à NBC, presque surpris d’avoir échappé au carnage. Avec cette troisième victoire de la saison, il coupe l’avance de Cooper Webb au championnat de moitié, passant de 15 à 8 points. Pas mal pour un mec qui perdait des points comme on perd des chaussettes dans une laverie depuis cinq courses.

Webb, justement, le leader du général, a vécu une soirée qu’on qualifiera poliment de « contrastée » (7-4-1, P4 overall). Comprenez : un désastre en première manche, une remontée laborieuse, et une victoire tardive qui limite la casse mais ne masque pas la déception. « Tu peux pas te mettre dans cette position », a-t-il grogné, la mâchoire serrée. Après cinq podiums consécutifs, ça doit faire mal de glisser hors du top 3 à cause d’une bourde initiale. Arlington doit encore hanter ses nuits : là-bas, Sexton l’avait presque eu avant de se vautrer bêtement. À Birmingham, pas de crash, mais un Webb fébrile qui voit son trône vaciller.
Et puis il y a Malcolm « Predator » Stewart, P2 au général (3-2-3), qui roulait avec une hanche en compote après s’être mangé le guidon de Justin Hill en qualifs. « J’ai fait une erreur, j’ai tapé fort », a-t-il admis, philosophe. Mais sur la piste, aucune trace de douleur : juste un guerrier qui serre les dents et va chercher un podium overall. Respect. Derrière, Aaron Plessinger (3-2-5) et Ken Roczen (4-6-4) complètent un top 5 qui sent la testostérone et la sueur.
| Pos | Moto | Pilote | Race1 | Race2 | Race3 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | KTM | SEXTON | 1 | 1 | 2 |
| 2 | Husqvarna | STEWART | 3 | 2 | 3 |
| 3 | KTM | PLESSINGER | 2 | 3 | 5 |
| 4 | Yamaha | WEBB | 7 | 4 | 1 |
| 5 | Suzuki | ROCZEN | 4 | 6 | 4 |
| 6 | Yamaha | COOPER | 6 | 7 | 6 |
| 7 | Kawasaki | ANDERSON | 5 | 8 | 12 |
| 8 | Honda | MCELRATH | 8 | 12 | 9 |
| 9 | Gasgas | BARCIA | 18 | 5 | 7 |
| 10 | Beta | BLOSS | 10 | 10 | 11 |
SX250 Est : Thrasher gagne sans gagner, Vialle survit, Deegan fait le clown
Passons au SX250 Est, où Nate Thrasher a décroché la timbale sans même remporter une seule manche (3-3-2). Un exploit qui en dit long sur le chaos ambiant. RJ Hampshire (1-2-5) pensait tenir le coup avec une victoire et une P2, mais s’est fait piéger dans un embouteillage de pilotes au sol en troisième manche. Résultat : une cinquième place fatale et une égalité de points avec Thrasher, départagée au profit de ce dernier grâce à la règle du meilleur résultat final. « J’ai pas eu l’étincelle », a marmonné Hampshire, dépité. On compatit, RJ, mais c’est dur de briller quand on passe son temps à slalomer entre les corps.

Tom Vialle, lui, continue de jouer les métronomes discrets. Troisième au général (2-5-3), toujours sans victoire cette saison, mais un mental d’acier qui lui permet de conserver la tête du championnat avec 10 points d’avance sur Hampshire. « Content de survivre au Triple Crown », a-t-il glissé, presque soulagé. Survivre, le mot est faible vu le carnage. Max Anstie, lui, n’a pas eu cette chance : une chute brutale en qualifs, un péroné gauche en miettes, et un guerrier de moins dans la bataille. Seth Hammaker (9-1-1) et Daxton Bennick (8-7-4) ferment le top 5, mais franchement, qui s’en souvient dans cette foire d’empoigne ?
| Pos | Moto | Pilote | Race1 | Race2 | Race3 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Yamaha | THRASHER | 3 | 3 | 2 |
| 2 | Husqvarna | HAMPSHIRE | 1 | 2 | 5 |
| 3 | KTM | TOM VIALLE | 2 | 5 | 3 |
| 4 | Kawasaki | HAMMAKER | 9 | 1 | 1 |
| 5 | Yamaha | BENNICK | 8 | 7 | 4 |
Et pendant ce temps, loin de Birmingham, Haiden Deegan, leader du SX250 Ouest, faisait des siennes en Floride. Arrêté pour « course de rue et conduite acrobatique », le gamin a passé deux heures au frais avant de sortir contre une caution de 1000 $. Réaction ? Un post sur ses réseaux : « Cascadeur professionnel certifié ». On ne sait pas si on doit rire ou lever les yeux au ciel. Ce mec est un aimant à problèmes, mais il a le mérite de rendre le feuilleton palpitant.
Block pass et Triple Crown : la recette du bordel
Ce round de Birmingham, en format Triple Crown, a été un festival de contacts musclés. Chaque course, chaque catégorie, une avalanche de block pass à faire rougir un pilote de stock-car. Le format, censé égaliser les chances, a surtout transformé la piste en arène de gladiateurs. Sexton l’a bien résumé : « Même si tu gagnes les deux premières, un virage foireux peut tout foutre en l’air. » Et il a raison. Hampshire en a fait les frais, Webb aussi. Protective Stadium, avec ses lignes serrées et son public en transe, a été le théâtre parfait pour ce chaos organisé.
Alors, que retenir ? Sexton relance la machine, Webb serre les fesses, Stewart défie la douleur, Thrasher joue les opportunistes, Vialle reste solide, et Deegan fait le buzz en dehors de la piste. Birmingham a livré du spectacle, du sang (au sens figuré, quoique), et des sueurs froides. Le Supercross US est de retour, et il n’a pas fait semblant. Prochain arrêt : on espère encore plus de drama. Parce qu’au fond, c’est pour ça qu’on regarde, non ?