vendredi, octobre 9, 2026
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Grève de parole, la FIA doit assumer..

Le World Rally Championship (WRC) vient de prendre un virage savoureux, et pour une fois, ce n’est pas sur une spéciale boueuse du Kenya. Non, cette fois-ci, c’est une guerre ouverte entre les pilotes et la FIA, cette entité aussi rigide qu’un vieux chêne face à une tempête d’adrénaline. À l’origine du scandale ? Une amende de 10 000 dollars infligée au Français Adrien Fourmaux, pilote Hyundai, pour avoir osé lâcher un « we had a fucking day » après une étape en Suède. Oui, un gros mot, un juron bien senti, qui a visiblement fait trembler les bureaux feutrés de la FIA. Résultat : les pilotes et copilotes, unis sous la bannière de la World Rally Drivers’ Alliance (WoRDA), ont décidé de la jouer muets ou de causer dans leur langue maternelle lors des interviews de fin de spéciale. Et franchement, on ne peut que saluer cette rebellion face à une autorité qui confond rallye et messe dominicale.

Prenons le Safari Rally Kenya, qui se déroule cette semaine. Mercredi, lors du shakedown, les caméras étaient braquées sur les héros du jour. Elfyn Evans, le Gallois, a répondu en gallois – autant dire qu’on a entendu du vent pour les non-initiés. Thierry Neuville, en bon Belge francophone, a sorti son français, et Fourmaux, lui, a opté pour le silence, un mutisme plus éloquent qu’un discours. Même Kalle Rovanperä, double champion du monde, a lâché un laconique : « Si c’est ce qu’il faut pour faire bouger les choses, on le fera. » Pendant ce temps, Ott Tänak a surenchéri, expliquant que l’adrénaline post-spéciale rend ces règles absurdes. Et il a raison : après avoir frôlé des arbres à plus de 150 km/h, on ne va pas demander à ces gars de réciter du Baudelaire sans un juron ou deux.

La FIA, sous la houlette de Mohammed Ben Sulayem, avait pourtant pondu de nouvelles « lignes directrices » sur le langage, histoire de polir l’image du sport. Mais 10 000 dollars pour un « fucking » isolé ? C’est plus qu’une sanction, c’est une déclaration de guerre contre l’humain derrière le volant. WoRDA, dans un communiqué daté du 24 février, a demandé un tête-à-tête avec le président. Réponse ? Néant. Pas un mot, pas une réunion. Alors les pilotes ont dégainé leur arme : le boycott linguistique. Et ils ont bien raison de ne pas plier face à cette bureaucratie qui préfère les robots aux passionnés.

Leur dernier communiqué à DirtFish est un bijou de diplomatie acide : « On veut bien éviter les grossièretés, mais laissez-nous respirer, bon sang ! » Ils demandent juste un peu de liberté d’expression, un filet d’air dans ce carcan où chaque mot est une bombe à retardement. Parce que soyons sérieux deux minutes : qui regarde le WRC pour entendre des banalités aseptisées ? Les fans veulent des tripes, des émotions brutes, pas des pilotes qui ânonnent des excuses scriptées sous peine de ruine financière.

Alors oui, c’est dommage pour les spectateurs du Safari Rally, privés des réactions à chaud. Mais cette fronde, c’est un électrochoc nécessaire. La FIA doit arrêter de jouer les pucelles effarouchées du micro et comprendre que le rallye, c’est du sang, de la sueur et, parfois, un bon gros mot bien placé. Espérons que cette grève des langues fasse plier Ben Sulayem et sa clique. Sinon, on risque de voir le WRC devenir un concours de mimes…

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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