lundi, septembre 7, 2026

Hécatombe en Allemagne…Marquez (encore) vainqueur !

Le Sachsenring, ce petit tourniquet teuton perdu dans la Saxe, est censé être le jardin préféré de Marc Marquez. Mais ce dimanche, le terme “carnage” semble plus approprié que “course”. Oubliez la finesse du pilotage, la stratégie millimétrée ou même la météo capricieuse – car, ironie du sort, le soleil brillait – ce Grand Prix d’Allemagne s’est transformé en un jeu macabre à dix survivants. Oui, dix sur dix neuf au départ. Un ratio digne d’un épisode de Squid Game, version cuir et gomme tendre.

Un virage 1, des ambitions fracassées

Tout a commencé avec ce désormais tristement célèbre virage 1, cette petite courbe insignifiante au bout d’une ligne droite de 700 mètres – mais qui s’est révélée aussi accueillante qu’un bar de bikers pour un hipster vegan. Un virage qui a méthodiquement éjecté une bonne partie des ambitions et quelques poignets au passage.

Bezzecchi ? À la trappe. Di Giannantonio ? Roulé-boulé dans les graviers. Même Johann Zarco s’est fait embarquer dans le plan incliné du désespoir. Il aurait presque fallu y installer un guichet d’assurance et un camion de recyclage. À se demander si les organisateurs n’ont pas secrètement versé de l’huile d’olive pour pimenter l’affaire.

La loi des Marquez : 200 pour l’un, 100 pour l’autre, 0 pitié pour les autres

Pendant que les uns dégringolaient plus vite qu’un cours de la bourse après un tweet d’Elon Musk, Marc Marquez célébrait son 200e départ avec un récital à l’ancienne. Le roi du Sachsenring, alias “l’homme qui ne connaît pas la gravité locale”, a simplement repris ses droits. Holeshot, rythme indécent, pas une erreur : le Marquez Show dans toute sa splendeur. À croire qu’il a profité de la trêve hivernale pour greffer un gyroscope dans le casque.

Derrière, son petit frère Alex, pourtant amoché avec une main aussi valide qu’un ticket de métro à Barcelone, signait un 100e départ héroïque en P2. Blessé, mais stoïque. Un exploit ou une inconscience médicale, on vous laisse juger. En tous cas les chutes de certains lui ont clairement profité.

Francesco Bagnaia ITA Ducati Lenovo Team Germany 2025 (circuit Sachsenring) 11-13/07/2025 

photo: MICHELIN

Quant à Bagnaia, auteur d’un samedi façon somnambule, il a profité de la loterie pour remonter sur le podium. Opportuniste, certes. Brillant ? Pas vraiment. Mais vu le contexte, c’est presque une performance.

VR46 : une équipe, un homme, et un tas de regrets

Côté VR46, on pourrait croire à une mauvaise blague. Morbidelli, victime d’un crash lors de la Sprint du samedi, a laissé Di Giannantonio porter seul les couleurs de l’équipe. Il a bien tenté quelque chose, Diggia. Parti comme une balle, il s’est battu pour le podium… jusqu’à ce que le virage 1 l’avale tout cru, comme il l’avait déjà fait pour Bezzecchi. Résultat : 0 point pour VR46, et une envie généralisée d’effacer ce week-end des tablettes.

Plus de chutes sous le soleil que sous la pluie : bienvenue en 2025

Le plus cocasse dans cette hécatombe ? Il a fait sec. Pas une goutte d’eau. La piste était chaude, les pneus aussi. Et pourtant, on a compté plus de chutes ce dimanche qu’en Sprint sous la pluie. À croire que les pilotes, frustrés de ne pas avoir pu jouer aux funambules la veille, se sont vengés en confondant grip et illusion.

Même les spectateurs les plus aguerris ont fini par ne plus suivre : « Il reste combien ? Trois ? Quatre ? Ah, non, Raul Fernandez est encore debout… » Atmosphère de fin du monde sur le paddock, où la ligne d’arrivée ressemblait davantage à un comité de survie.

Des survivants et des figurants

Derrière le trio de tête, on notera la résistance inattendue de Fabio Quartararo, rescapé d’un week-end grisâtre, qui arrache une P4 (après un podium en Sprint la veille) devant Fermin Aldeguer, le rookie qui confirme course après course qu’il est là pour durer.

Luca Marini, alias “le revenant du HRC”, écarté des circuits pendant 3 GP décroche sa meilleure perf’ sur la Honda, une P6 pas franchement brillante, mais qui brille par contraste. Derrière, c’est la cour des miracles : Binder, Miller, Raul Fernandez et Alex Rins ferment la marche, chacun félicitant sans doute son destin de ne pas avoir goûté aux graviers du virage maudit.

PosPiloteTeamChrono
1M. MarquezDUCATI40:42.854
2A. MarquezGRESINI+6.380
3F. BagnaiaDUCATI+7.080
4F. QuartararoYAMAHA+18.738
5F. Aldeguer GRESINI+18.916
6L. MariniHONDA+24.743
7B. BinderKTM+24.820
8J. MillerPRAMAC+25.757
9R. FernandezTRACKHOUSE+25.859
10A. RinsYAMAHA+39.419

Sachsenking, encore et toujours

En résumé ? Une victoire incontestable, un podium 100% Ducati, et un championnat pas vraiment relancé. Marc Marquez sort plus que jamais renforcé, avec un 69e succès MotoGP et un message clair : “La retraite, ce n’est pas pour tout de suite.” Il dépasse ainsi Agostini au palmarès des meilleurs performers mais reste encore à 20 longueurs du maestro Valentino Rossi (89 succès en catégorie reine).

Le Sachsenring lui appartient, comme une couronne en carbure de tungstène. Le reste du peloton ? En ruine, littéralement.

Et maintenant, cap sur Brno…

Le paddock plie les gaules, direction Brno en République tchèque, pour une possible revanche – ou une répétition. Parce que si les rivaux ne trouvent pas rapidement une solution au Marquez Problem, ils risquent tous de finir comme aujourd’hui : par terre ou derrière lui.

PosPiloteTeamTotal
1M. MarquezDucati344
2A. MarquezGresini261
3F. BagnaiaDucati197
4F. Di GiannantonioVR46142
5F. MorbidelliVR46139
6M. BezzecchiAprilia130
7J. ZarcoHonda LCR104
8P. AcostaKTM99
9F. Aldeguer Gresini92
10F. QuartararoYamaha87
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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