Le grand cirque du MXGP, après avoir posé ses valises en Argentine, en Espagne et en France, pose ses crampons boueux en Sardaigne pour la quatrième manche, à Riola Sardo. Oui, en Sardaigne, pas en Italie, parce que dire à un Sarde qu’il est Italien, c’est comme expliquer à un Réunionnais qu’il est Antillais – un non-sens qui mérite une baffe bien sentie. Alors que le paddock s’installe sur ce tas de sable qui passe pour un circuit, le suspense est à son comble : Jeffrey Herlings, le Néerlandais increvable, fait son grand retour. Pendant ce temps, Tim Gajser rigole en tête du MXGP avec 29 points d’avance sur Romain Febvre, et en MX2, Liam Everts se la joue équilibriste avec trois petits points de marge sur Simon Längenfelder. Bref, ça sent le chaos, la sueur , les high side et les gadins monstrueux.

Commençons par le clou rouillé du spectacle : Jeffrey Herlings. Le quintuple champion du monde, 30 ans au compteur et un genou droit reconstruit façon puzzle en octobre 2024, a décidé que trois Grands Prix à regarder Netflix depuis son canapé, c’était assez. Red Bull KTM annonce fièrement son retour à Riola Sardo, où il rejoindra Lucas Coenen dans la catégorie reine. Herlings, c’est un peu le Highlander du motocross : on le croit fini, il se casse en mille morceaux, et paf, il revient sur sa KTM 450 SX-F comme si de rien n’était. Deux victoires et un podium ici ces quatre dernières années, le gars connaît le sable sarde mieux que les locaux ne connaissent leurs chèvres. Il a repris l’entraînement il y a trois semaines, bidouillé sa bécane 2025, et le voilà prêt à rappeler à tout le monde que Gajser n’est pas encore le roi incontesté. Sauf que, soyons honnêtes, affronter un Slovène en pleine bourre avec 29 points d’avance après avoir raté trois courses, ça ressemble à un pari aussi malin que de rouler le casque à l’envers et le bras droit dans le dos sur ce circuit infernal.
Parce que Riola Sardo, parlons-en. Ce n’est pas une piste, c’est une plage abandonnée où quelqu’un a oublié des bosses et des ornières. Un classique du calendrier, certes, mais un classique qui te fait regretter d’avoir choisi le motocross plutôt que la belote. Le sable profond, les creux vicieux, le soleil qui te grille la cervelle : chaque année, c’est le même cirque. Des favoris qui s’effondrent, des outsiders qui brillent, et des pneus qui supplient qu’on les achève. Herlings adore ça, Gajser s’en sort toujours, et Febvre, deuxième au général, va devoir serrer les dents s’il veut ne pas se faire bouffer par le revenant néerlandais. Parce que 29 points, ça fond vite quand “The Bullet” décide de tirer dans le tas.

En MX2, c’est encore pire : un vrai bordel organisé. Liam Everts, fils de son père – oui, ça aide –, mène la danse avec trois points d’avance sur Simon Längenfelder. Derrière, c’est la guerre : six vainqueurs différents en six courses sur les trois premiers GP ! Everts, Längenfelder, Kay de Wolf, Andrea Adamo, Lucas Coenen, et on en oublie. Même Thibault Benistant, cinquième à 24 points, doit se demander s’il a signé pour du motocross ou pour une loterie. Le Réunionnais Quentin Prugnières, #319, douzième au championnat, revient sur une piste où il avait pris une leçon l’an dernier : P12 en première manche pour son année de rookie, puis un abandon en course 2. Cette fois, il espère éviter de jouer les figurants…

Herlings, lui, n’a rien à perdre et tout à prouver. Cinq titres mondiaux, une carrière en dents de scie à cause des blessures, et une envie de montrer que les jeunes loups ne l’ont pas encore enterré. Gajser, 29 points devant Febvre et une régularité insolente, doit regarder dans son rétro (en option sur sa Honda pas vraiment stock) avec un sourire crispé. Le Slovène caracole en tête, mais un Néerlandais affamé dans le sable, ça peut vite transformer un week-end tranquille en cauchemar. Et Febvre, le Français qui rêve de gloire, va devoir sortir autre chose que des “presque” s’il veut pas se faire voler la vedette.
Suzuka ? Non, Riola Sardo, désolé, on s’est trompés de briefing. Ici, pas de bitume lisse ou de virages à 300 km/h, juste du sable qui te bouffe les suspensions et des pilotes qui finissent en sueur ou en larmes. Les 13 spéciales ? Oubliez ça, c’est du rallye. À Riola, c’est deux manches par catégorie, et ça suffit amplement pour séparer les hommes des gamins. Les MX2 vont s’étriper dans un peloton où tout le monde peut gagner – ou tout perdre en un virage mal négocié. Everts, Längenfelder, Benistant, Prugnières : ça va voler dans tous les sens, et pas que du sable.
Alors, ce GP de Sardaigne ? Herlings qui revient pour jouer les emmerdeurs, Gajser qui veut asseoir sa domination, Febvre qui prie pour un miracle, et une meute de MX2 prêts à s’entre-déchirer. Sur ce circuit où rien n’est jamais joué, attendez-vous à des surprises, des gamelles et des excuses bidon en conférence de presse. Le Circus MXGP est de retour, et il a apporté son lot de clowns, de héros … et de chèvres sardes pour regarder le spectacle.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Samedi 5 Avril | ||||
| MX2 FP | 25′ | 10h30 | 12h30 | 15h30 |
| MXGP FP | 25′ | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| MX2 Chronos | 30′ | 13h40 | 15h40 | 18h40 |
| MXGP chronos | 30′ | 14h15 | 16h15 | 19h15 |
| MX2 R Qualif | 20’+2tours | 16h35 | 18h35 | 21h35 |
| MXGP R Qualif | 20’+2tours | 17h25 | 19h25 | 22h25 |
| Dimanche 6 Avril | ||||
| MX2 WU | 15′ | 10h25 | 12h25 | 15h25 |
| MXGP WU | 15′ | 10h45 | 12h45 | 15h45 |
| MX2 R1 | 30’+2tours | 13h15 | 15h15 | 18h15 |
| MXGP R1 | 30’+2tours | 14h15 | 16h15 | 19h15 |
| MX2 R2 | 30’+2tours | 16h10 | 18h10 | 21h10 |
| MXGP R2 | 30’+2tours | 17h10 | 19h10 | 22h10 |