Il fait chaud, il fait sec, on est à Aragon, en Espagne. Et comme si ça ne suffisait pas pour donner un petit coup de pression, le champion en titre de la série Superbike, Alvaro Bautista, a décidé de faire une nouvelle démonstration de force à domicile. Face à un Toprak Razgatlioglu de retour après une chute à Magny-Cours (et probablement une bonne dose de glaçons pour soigner les bobos), Bautista a prouvé que la fatigue n’était pas un concept qu’il connaissait. Résultat ? Une victoire, mais pas n’importe laquelle, une victoire XXL. Oui, parce que quand Bautista gagne, il ne fait pas semblant.
Alvaro Bautista, le patron XXL
Soyons clairs : cette année, le titre pour Bautista, c’est un peu comme vouloir attraper du vent – pas facile à choper. Mais visiblement, ça ne l’a pas empêché de sortir les gros moyens à Aragon. Il a décidé que, titre ou pas, il allait mettre tout le monde d’accord, y compris Toprak, ce gars-là même qui, quelques semaines plus tôt, avait fait un gros câlin à l’asphalte à Magny-Cours. On aurait pu penser que Toprak allait y aller mollo pour son retour, mais non, le Turc s’est accroché à Bautista comme un moustique sur un pare-brise de Ducati.
Toprak Razgatlioglu, l’homme-glue
Pendant une bonne partie de la course, Toprak est resté collé derrière Bautista, histoire de lui rappeler que même sans titre en vue, ce ne serait pas une balade de santé. “C’est sympa de revenir après ma chute,” devait se dire Toprak, “mais je vais quand même te faire bosser pour ta victoire, Alvaro.” Et bosser, Bautista l’a fait ! Il a dû taper dans le dur, comme disent les spécialistes, pour maintenir ce diable de Turc à distance.
Mais bon, c’est là que la magie Bautista opère. Plus le temps passe, plus il devient rapide. Alors que certains commencent à avoir les bras en compote après quelques tours, lui, il trouve encore le moyen d’améliorer ses temps. Un vrai chef d’orchestre, mais avec une Ducati à la place de la baguette.
Un tour chrono de folie (et un record avec ça)
Et puis, comme si maintenir Toprak à distance ne suffisait pas, Bautista décide de marquer l’histoire. À deux tours de la fin, il nous sort un tour chrono que même les puristes du MotoGP n’avaient pas vu venir. Un tour en 1’48.121. Oui, vous avez bien lu, il bat le chrono de Marc Marquez lui-même sur ce même circuit, établi il y a tout juste un mois en MotoGP (1’48.186). Rien que ça.

Franchement, qui a encore envie de dire que le Superbike, c’est la deuxième division de la moto ? Après une performance pareille, même Marquez doit être en train de se demander si Bautista ne va pas venir lui piquer sa place. Si on ajoute à ça le fait que de plus en plus d’anciens du MotoGP se retrouvent dans cette série, il serait temps de prendre le Superbike au sérieux. Parce que les batailles y sont épiques. Genre, vraiment.
63 victoires, mais qui compte encore ?
Avec cette victoire, Bautista en est à sa 63e victoire personnelle en Superbike. Ouais, on pourrait dire qu’il commence à être habitué à monter sur le podium, mais quand même, 63 victoires, c’est pas rien. Et histoire de faire encore plus impressionnant, c’est aussi la 100e victoire d’un pilote espagnol en SBK. Bref, Bautista est non seulement en train de remplir son palmarès perso, mais il est aussi en train de gonfler le CV des pilotes espagnols dans la série.
Ah, et on ne s’arrête pas là ! Cette victoire en course 2 vient juste après sa victoire en Course Sprint. Une petite virée tranquille pour lui, quoi. Mais attention, ce n’est pas lui qui a tout raflé : la course 1, c’est l’Italien Iannone qui l’a prise. Pas grave pour Bautista, il avait déjà marqué son territoire en sprint, et puis, il faut bien laisser un peu de place aux copains de temps en temps.
Ducati sur tous les fronts (encore)
Une chose est sûre : si vous êtes fan de Ducati, vous avez dû passer un sacré bon week-end. Après tout, c’est de nouveau la marque italienne qui a brillé à Aragon, grâce à un Bautista en pleine forme. Il est en train de leur rendre de sacrés services, et eux, ils lui rendent bien avec cette machine de guerre qu’est la Ducati. Mais pendant que Bautista faisait des tours de piste record, Toprak Razgatlioglu ne chômait pas. En maintenant sa position de leader absolu du championnat, il augmente même son avance sur son poursuivant le plus proche, un certain Bulega.
En résumé, Bautista est peut-être trop rapide pour sa propre planète
Pour conclure, Bautista a prouvé qu’il était bien plus qu’un simple pilote Superbike. Même sans le titre cette année, il joue clairement dans la cour des grands et continue de faire pleurer le chrono. Le Superbike, qui était parfois vu comme le petit frère du MotoGP, est en train de devenir une vraie arène où les anciens du MotoGP et les stars montantes se donnent à fond. Et si vous pensiez que c’était moins intense, il est peut-être temps de rebrancher la télé.
Alvaro Bautista n’a pas seulement battu ses concurrents à Aragon, il a battu le temps lui-même, laissant tout le monde bouche bée. Alors que Razgatlioglu continue de dominer le championnat, Bautista prouve qu’il est toujours là pour le spectacle, record ou pas. Si cette performance ne vous donne pas envie de suivre le Superbike, c’est que vous n’aimez probablement pas voir des gars taper des records tout en forçant des légendes comme Marc Marquez à garder un œil dans le rétro.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez une Ducati passer en trombe, jetez un œil. Ce sera peut-être Bautista, en train de repousser encore une fois les limites de ce qui est humainement possible. Un coup d’oeil sur le Championnat après cette Course2 historique à Aragon ci-dessous
- TOPRAK RAZGATLIOGLU 414
- NICOLO BULEGA 375
- ALVARO BAUTISTA 333
- DANILO PETRUCCI 277
- ALEX LOWES 264
- ANDREA LOCATELLI 197
- ANDREA IANNONE 195
- MICHAEL VAN DER MARK 195
- GARRETT GERLOFF 149
- REMY GARDNER 140