vendredi, octobre 9, 2026
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Honda sort le chéquier, Lawson éjecté, Tsunoda héritier…

Quelle surprise ! À peine deux Grands Prix disputés en 2025, et Red Bull nous offre déjà un feuilleton digne d’un soap opera à la sauce énergétique. Liam Lawson, le jeune prodige néo-zélandais de 23 ans, pur produit de la filière du taureau ailé, se retrouve catapulté hors du baquet principal après avoir eu l’audace de ne pas briller aux côtés de l’intouchable Max Verstappen. Direction Racing Bulls, l’antichambre où l’on parque les espoirs déchus et/ou à venir. À sa place ? Yuki Tsunoda, le Japonais de 25 ans, qui doit encore se pincer pour y croire. Le tout, bien sûr, avec une petite odeur de billets verts estampillés Honda. Préparer les maki, sashimi, nigri, uramaki, temaki ou autres sushis, le Grand Prix du Japon s’annonce savoureux.

Commençons par le grand perdant : Liam Lawson. Le Kiwi, né à Hastings, avait pourtant tout pour plaire. Un parcours impeccable dans les catégories inférieures, un remplacement remarqué de Daniel Ricciardo en 2023 chez Alpha Tauri, et une gueule d’ange qui aurait pu faire vendre quelques canettes supplémentaires. Mais voilà, Red Bull lui a offert un cadeau empoisonné : une monoplace taillée sur mesure pour Verstappen, un engin si pointu que même Max, quadruple champion du monde, doit parfois serrer les dents pour la dompter. Résultat ? Lawson n’a jamais passé le cap des Q1 ou SQ1, et son compteur de points reste désespérément bloqué à zéro. Australie ? Une sortie de piste humiliante. Chine ? Une avant-dernière place qui sentait le sapin. Christian Horner, jamais avare d’une petite phrase assassine, n’a pas traîné : « On a besoin de deux voitures qui marquent des points. » Traduction : « Désolé gamin, t’as pas le niveau. »

Et qui pour récupérer ce baquet maudit, ce siège éjectable que Sergio Pérez a chauffé pendant des années avant de se faire dégager ? Yuki Tsunoda, bien sûr ! Le Japonais, qui végétait chez Racing Bulls (ex-Alpha Tauri) depuis 2021, a enfin tiré le gros lot. Bon, soyons honnêtes, ses stats ne cassent pas trois pattes à un canard : P12 en Australie après une qualif prometteuse en P5, puis un week-end chinois à oublier avec une P6 en sprint et une P16 pathétique en course, à un tour du vainqueur Oscar Piastri. Mais visiblement, ça suffit pour impressionner Horner et Helmut Marko. Ou plutôt, pour convaincre Honda de sortir le portefeuille.

Car oui, derrière ce switch éclair, il y a du gros sous. Selon De Limburger, le motoriste japonais aurait aligné plusieurs millions d’euros – on parle d’une rallonge de 10 millions – pour s’assurer que leur poulain national ait sa chance chez les grands. Horner, d’abord réticent, aurait fini par céder devant l’appel du cash. Après tout, pourquoi se contenter d’un Néo-Zélandais prometteur mais fauché quand on peut avoir un Japonais bankable, surtout à quelques jours du Grand Prix de Suzuka ? Timing parfait, cynisme assumé. Red Bull ne fait pas dans la dentelle, et encore moins dans le sentimentalisme.

Pour Lawson, c’est un retour à la case départ. Direction Racing Bulls, où il ira tenir la main d’Isack Hadjar, un autre jeune qui rêve de gloire mais risque de se cogner au plafond de verre. Le Kiwi doit se demander ce qu’il a fait pour mériter ça. Deux courses, deux circuits qu’il ne maîtrisait pas, une voiture capricieuse, et hop, dehors ! Toutefois, avec une voiture Racing Bulls moins taillée Verstappen, les résultats pourraient bien revenir si le kiwi sait faire preuve de fightin’ spirit et affronte ce revirement comme un challenge à relever. Pendant ce temps, Tsunoda va devoir enfiler le costume de coéquipier de Verstappen – 36 points à lui seul cette saison – et assumer la pression d’un baquet qu’il convoitait depuis quatre ans. Pas sûr que ses nerfs tiennent le choc, lui qui est connu pour ses coups de sang à la radio plus que pour sa régularité en piste.

Ce revirement brutal, décidé lors d’une réunion à Dubaï entre Horner et Marko, est un camouflet pour Lawson, que beaucoup voyaient comme le successeur naturel de Pérez. Ses performances correctes en fin de saison 2024 chez Racing Bulls avaient pourtant séduit. Mais face à un Tsunoda en légère progression et un Honda prêt à jouer les Pères Noël, le rêve s’est envolé. Red Bull crée la surprise ? Non, Red Bull fait du Red Bull : pragmatique, impitoyable, et un poil opportuniste.

Alors, que faut-il attendre du Grand Prix du Japon le 6 avril ? Tsunoda, sous les vivats de Suzuka, aura tout à prouver. S’il se plante, il offrira à Lawson une belle occasion de ricaner depuis le garage de Racing Bulls. Quant à Verstappen, il continuera de faire ce qu’il fait de mieux : aligner des points en attendant (enfin!) des évolutions dans quelques semaines, pendant que ses coéquipiers se battent pour ne pas être le prochain sur la liste des sacrifiés. Chez Red Bull, le baquet maudit a encore de beaux jours devant lui.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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