samedi, octobre 17, 2026
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Hyundaï sur le départ ?

Amateurs de glisse sur gravier ou goudron et de hurlements de moteurs : Hyundai, l’écurie germano-coréenne qui fait trembler les spéciales depuis 2014, pourrait bien plier bagage et quitter le Championnat du Monde des Rallyes (WRC) dès la fin de cette saison. Thierry Neuville, tout juste auréolé de son titre de champion des pilotes en 2024, risque de se retrouver à inaugurer des supermarchés en Belgique plutôt que de défendre sa couronne en tous cas pour le compte de Hyundaï. Et pendant ce temps, les ateliers d’Alzenau, en Allemagne, seraient déjà en train de lorgner du côté des courses d’endurance sur piste. Un virage à 180 degrés qui sent le pneu brûlé et la désertion pure et simple.

AUTO – WRC 2002 – MONTE CARLO RALLY 020120 – PHOTO: CLAUDE SAULNIER / DPPI SEBASTIEN LOEB – DANIEL ELENA / CITROEN XSARA T4 WRC – ACTION

L’info traîne dans les paddocks comme une rumeur de fond depuis des lustres, murmurée à voix basse par certains qui savent – ou d’autres qui disent savoir. Mais là, ça devient sérieux : l’annonce officielle ne serait plus qu’une question de semaines, voire de jours. Hyundai, acteur majeur du WRC avec deux titres constructeurs (2019 et 2020) et ce récent sacre pilote, pourrait donc claquer la porte d’un championnat déjà mal en point. Parce que soyons honnêtes : avec seulement trois constructeurs en WRC1 – Hyundai, Toyota et un Ford à moitié fantomatique via M-Sport –, le départ des Coréens sonnerait comme un coup de massue sur une discipline qui tangue dangereusement.

AUTO – WRC 2002 – FINLAND RALLY 20020811 – PHOTO: FRANCOIS BAUDIN / DPPI N¡ 2 – MARCUS GRONHOLM – TIMO RAUTIAINEN / PEUGEOT 206 WRC – ACTION JUMP

Et ne venez pas me parler de coïncidence heureuse avec le retour au thermique pur décidé par la FIA cette année. Exit l’hybridation, bonjour les bonnes vieilles explosions à l’essence : un choix qui devait soi-disant raviver la flamme des puristes. Sauf que, visiblement, ça n’a pas suffi à retenir Hyundai, dont les valises étaient déjà bouclées bien avant cette pirouette réglementaire. Non, ici, c’est une stratégie froide et calculée : l’endurance, avec ses 24 Heures du Mans et son aura de prestige technologique, fait de l’œil à un constructeur qui veut briller ailleurs. Tant pis pour les spéciales boueuses et les fans en anorak.

Mais alors, que reste-t-il du WRC si Hyundai s’en va ? Un Toyota esseulé, un Ford qui joue les figurants via M-Sport, et un grand vide sidéral. On parle quand même d’une catégorie reine qui, il y a une vingtaine d’années, alignait Peugeot (206), Citroën (Xsara), Subaru (Impreza), Mitsubishi (Lancer), Skoda (Octavia), Hyundaï (Accent) et Ford (Focus) dans une orgie de puissance et de spectacle. Et encore, je vous parle même pas de la collection de pilotes privés qui alignaient des châssis WRC ! A cette époque, Suzuki lorgnait également du côté du WRC avec l’Ignés. Aujourd’hui, on en est réduits à compter les survivants sur les doigts d’une main amputée. Toyota, fidèle au poste, pourrait bien pousser un soupir de soulagement si Subaru revenait dans la danse – une rumeur qui circule depuis deux ans, avec un possible transfert de technologie en prime. Parce qu’un championnat reposant sur une marque et demie, soyons sérieux, ça ne tient pas la route. Même les commentateurs les plus enjoués ne pourraient pas vendre ça comme un sommet de la compétition automobile.

Et puis, il y a les dommages collatéraux. Les clients en Rally2 – ces écuries privées qui font vivre la base de la pyramide – risquent de se retrouver le bec dans l’eau si Hyundai coupe les vivres. Moins de constructeurs en haut, c’est moins de développement, moins de pièces, moins d’intérêt. Une réaction en chaîne qui pourrait transformer le WRC en un vague souvenir nostalgique, un peu comme ces VHS de Colin McRae qu’on ressort pour se rappeler le bon vieux temps.

Bref, si Hyundai confirme son jet d’éponge, c’est tout l’avenir du rallye mondial qui risque de prendre un sérieux gadin. Les fans, eux, regardent le navire couler avec une boule au ventre. Alors, croisons les doigts pour que Toyota et Subaru sauvent les meubles et pourquoi pas le retour d’autres constructeurs. Sinon, il ne restera plus qu’à aller voir les Coréens faire des tours de circuit en endurance. Passionnant, non ?

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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