Et c’est reparti pour un tour – une centaine plus littéralement. Ce week-end, l’NTT IndyCar Series 2025 dégaine son coup d’envoi avec le Firestone Grand Prix de St. Petersburg, sur un circuit occasionnel de 1,8 mile (2,896km) et 14 virages (5 à gauche, 9 à droite, pour les obsessionnels du détail). On y trouve les rues bien proprettes du centre-ville mélangées à une piste d’atterrissage d’Albert Whitted, parce que rien ne crie “sport auto” comme un bout de bitume où des pilotes du dimanche garaient leur Piper il y a dix ans. Une longue ligne droite, un virage à droite traître, un gauche perfide : bienvenue dans le piège à novices où des carrières se sont brisées plus vite qu’une promesse électorale. Ajoutez deux autres droites avec des freinages à vous décoller la rétine, et vous avez le parfait terrain de jeu pour l’IndyCar – ce truc bizarre qui se prend pour un mélange de Formule 1 vintage et de stock-car sous stéroïdes.

Parce que oui, l’IndyCar, c’est ça : des circuits urbains “classiques” comme St. Pete, où les murs vous rappellent que l’erreur n’est pas une option, des tracés routiers traditionnels qui sentent bon l’asphalte d’antan, et des ovales où les pilotes tournent en rond jusqu’à ce que mort – ou victoire – s’ensuive. Une formule unique, un chaos organisé, un refus obstiné de choisir entre la sophistication européenne et la brutalité américaine. Et pour 2025, ô joie, toutes les courses seront diffusées sur le même réseau. Finie l’époque où il fallait un doctorat en zapping pour suivre Palou ridiculiser ses petits camarades.
Palou, justement. Le roi Alex, double champion en titre chez Chip Ganassi Racing, revient avec une mission : décrocher un triplé historique, un exploit que seuls Ted Horn (1946-1948), le français binoclard Sébastien Bourdais (2004-2007) et Dario Franchitti (2009-2011) ont osé dans ce cirque roulant. Trois titres d’affilée, rien que ça. Le genre de domination qui fait passer Verstappen pour un amateur malgré sa collection de couronnes impressionnante. Mais attention, il y a du monde au portillon pour lui mettre des bâtons dans les roues – ou dans les pneus, plutôt. Scott Dixon, son coéquipier aux six couronnes, doit ronger son frein en se disant qu’il est temps de reprendre le trône. Team Penske sort l’artillerie lourde avec McLaughlin, Power et Newgarden, ces habitués des podiums et des tête-à-queue. Andretti Global aligne Herta et Kirkwood, pendant que Pato O’Ward, vainqueur l’an dernier à St. Pete, rêve de rejouer les héros. Power, avec ses neuf poles ici (record absolu), et Penske, qui a pillé 11 victoires depuis 2006, ont de quoi pavoiser. Mais Palou, lui, doit bien se marrer en les voyant s’échiner dans son sillage.

Ce début de saison, c’est le grand barnum Palou contre le reste du monde. En 2023, il a plié le championnat avant même la finale – du jamais-vu depuis Wheldon en 2005. L’an dernier, Power a tenté un baroud d’honneur, mais ses ceintures de sécurité ont lâché à Nashville, le laissant à 31 points du patron. À St. Pete, pourtant, Palou n’a jamais gagné. Sa meilleure perf ? Une deuxième place en 2022, l’année où Power l’a coiffé au poteau. Allez, Alex, fais un effort, sinon on va croire que tu boycotterais la Floride si tu pouvais.
Mais l’IndyCar, ce n’est pas qu’un one-man-show. Onze pilotes ont changé de baquet depuis l’an dernier, et trois rookies viennent jouer les trouble-fêtes. PREMA Racing, ces tyrans des formules juniors européennes, débarquent avec Callum Ilott et Robert Shwartzman, pendant qu’Alexander Rossi, viré d’Arrow McLaren, tente de se refaire une santé chez Ed Carpenter Racing. Marcus Armstrong chez Meyer Shank, Christian Lundgaard chez Arrow McLaren, David Malukas chez AJ Foyt : le mercato IndyCar, c’est Dallas avec des casques. Et puis il y a les alliances techniques : Ganassi et Meyer Shank main dans la main, histoire de mutualiser les galères. Penske et AJ Foyt, eux, rigolent encore de leur coup de maître en 2024.

Côté losers magnifiques, Newgarden veut oublier une saison 2024 où il a brillé à Indy mais sombré partout ailleurs (huitième, pathétique pour un Penske). Ericsson, 15e chez Andretti, doit encore voir l’Indy 500 en cauchemar, entre crashs et qualifications foireuses. Et Malukas, poignet pété et viré d’Arrow McLaren, espère que 2025 ne sera pas juste un pansement sur sa carrière.
Les rookies, eux, sont trois : Foster, Abel et Shwartzman. Des gamins prêts à se jeter dans la mêlée, entre les murs de St. Pete et les ovales à venir. Pendant ce temps, les dinosaures – Dixon, Power, Rahal, Newgarden – cumulent presque la moitié des départs du plateau. L’IndyCar, ce sport où les anciens s’accrochent comme des moules à leur rocher pendant que la jeunesse rêve de tout casser.
Ce week-end, donc, St. Pete donne le la. Palou pour l’histoire, les autres pour la survie, le tout sur un circuit qui hésite entre charme rétro et sadisme moderne. L’IndyCar, c’est ça : un mélange tordu de tradition, de bitume urbain et d’ovales où la raison n’a pas sa place. Accrochez-vous, ça va secouer – ou pas, si Palou décide encore de tuer le suspense.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 28 Février | ||||
| FP1 | 15h00 | 00h00 | 21h00 | 03h00(J+1) |
| Samedi 1er Mars | ||||
| FP2 | 10h00 | 19h00 | 16h00 | 22h00 |
| Qualifs | 14h30 | 23h30 | 20h30 | 02h30(J+1) |
| Dimanche 2 Mars | ||||
| Warmup | 09h00 | 18h00 | 15h00 | 21h00 |
| Course 100 tours | 12h00 | 21h00 | 18h00 | 00h00(J+1) |