Dernier round du premier triple header de la saison 2025, le Grand Prix d’Arabie Saoudite s’apprête à faire suer jusqu’au dernier micron de carbone ses pilotes, ses mécaniciens, ses commentateurs et probablement même ses mascottes. Rendez-vous donc sur le ruban bitumé de la Corniche de Jeddah, ce chef-d’œuvre de la souffrance urbaine conçu par l’architecte en chef des lignes droites avortées, Hermann Tilke, avec l’aide inestimable de Google Earth (car rien ne dit « performance » comme un circuit dessiné depuis un satellite).
Bienvenue en enfer, version premium
6,174 km, 27 virages et à peu près autant d’occasions de finir dans le mur, le tout saupoudré d’un air marin qui colle, d’un bitume glissant comme une savonnette et d’un éclairage à vous donner des flashbacks de boîte de nuit. Oui, Jeddah est rapide. Très rapide. Trop rapide pour la logique. Deuxième vitesse moyenne du calendrier après Monza, mais sans les longues lignes droites. Ici, on tourne sans arrêt, comme dans une boucle YouTube de highlights de 2005, sauf que cette fois, tout le monde termine avec les cervicales de travers et les yeux injectés de sueur.
Et comme si ce n’était pas assez, la météo promet de transformer les cockpits en hammams roulants : plus de 30°C attendus tout le week-end, et une gestion des pneumatiques qui s’annonce aussi amusante que de faire des mathématiques dans un sauna. Avec 50 tours au programme, ce Grand Prix s’apparente plus à une séance de torture sponsorisée par Pirelli qu’à une course automobile.
McLaren : quand le kangourou dépasse le gentleman

Chez McLaren, Oscar Piastri arrive le torse bombé comme un joueur de cricket après avoir gagné à la pétanque. Deux victoires, une pole, et Lando Norris qui regarde son coéquipier avec des yeux de collégien recalé à l’épreuve de techno. À Bahreïn, l’Australien a tout simplement mis la fessée au Britannique, lequel, entre une position de départ foireuse et une pénalité pour placement de grille approximatif (à croire qu’il visait une place de parking au Lidl), n’a pu que se contenter de la troisième marche du podium.
Et ce n’est pas comme si Jeddah allait arranger les choses. Piastri adore ce circuit, il y avait déjà humilié Norris l’an dernier. McLaren reste sur une dynamique positive, mais à ce rythme, Lando va devoir investir dans une boule de cristal ou un psy spécialisé en confiance en soi pour retrouver le chemin de la victoire.
Red Bull : l’effet boomerang

Max Verstappen, alias le triple champion du monde en titre, connaît un début de saison en mode montagnes russes. Après avoir volé au-dessus du paddock à Suzuka, il a lourdement chuté dans le piège bahreïni. Problèmes de freins, voiture capricieuse, stratégie en mode « roulette russe » et un arrêt au stand digne d’un jeu de société pour enfants : la totale.
Autant dire que le Néerlandais arrive à Jeddah avec la même confiance qu’un chat sur une patinoire. Le circuit ultra-rapide pourrait théoriquement convenir à Red Bull, sauf que depuis que la RB21 a décidé de devenir bipolaire, personne ne sait trop quelle version de l’écurie autrichienne va se pointer : celle qui atomise tout, ou celle qui fait des donuts en Q2.
Ferrari : Hamilton découvre la vie en rouge

Lewis Hamilton, fraichement débarqué de sa fusée Mercedes pour rejoindre le théâtre d’ombres qu’est Ferrari, continue sa phase d’apprentissage. Il décrit sa SF-25 comme « alien », et on ne sait pas s’il parle d’un vaisseau venu de l’espace ou d’un objet non identifié qui refuse d’aller où on lui dit.
À Bahreïn, il a progressé. Oui, bon, il a fini cinquième. Mais attention, il a appris des choses. Notamment que Leclerc connaît mieux la voiture que lui. Révélation. À Jeddah, Lewis espère transformer ses révélations philosophiques en chronos. Il en aura besoin s’il ne veut pas que Charles Leclerc le transforme en porte-drapeau de la médiocrité rouge.
Le fond du panier se rebiffe

Miracle en bas de grille : Alpine a marqué ses premiers points de la saison à Bahreïn, et Pierre Gasly s’est offert une septième place comme on décroche le dernier cookie du paquet. L’écurie française quitte donc la zone de non-existence pour rejoindre le club très fermé des « on marque de temps en temps », aux côtés de Sauber, Haas, Williams et consorts.
Autrement dit, le ventre mou du peloton est devenu une arène de coups bas, stratégies kamikazes et tentatives désespérées de ne pas finir 11e. À ce rythme, même une Q2 devient un triomphe, et un point au championnat vaut presque autant qu’une victoire chez Red Bull. Presque…
Jeddah : ou l’art de souffrir avec panache

Mais revenons au circuit. Le contraste avec Bahreïn est total : là-bas, on freine fort, on gère les pneus sur du papier de verre ; ici, on slalome à pleine balle entre des murs menaçants, avec un bitume lisse mais une température intérieure proche du micro-ondes.
Tout se jouera en FP2, unique session sous les mêmes conditions que la course, où les ingénieurs auront l’air de chefs cuistots improvisant une recette sans ingrédients. McLaren part favori, certes, mais comme tout le monde l’a vu ces deux dernières semaines, ce championnat est aussi prévisible qu’une telenovela brésilienne.
Conclusion : Jeddah ou la F1 version extrême
Ce Grand Prix d’Arabie Saoudite, c’est un peu comme si on demandait aux pilotes de courir un marathon dans une cocotte-minute, tout en jonglant avec des pneus usés et des coéquipiers sous pression. Et après ça ? Miami. L’Amérique, la plage, les influenceurs et le show à l’américaine. Mais avant, il faudra survivre aux 27 virages de l’enfer lors de chacun des 50 tours.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 18 Avril | |||||
| FP1 | 60′ | 16h30 | 17h30 | 15h30 | 20h30 |
| FP2 | 60′ | 20h00 | 21h00 | 19h00 | 00h00(J+1) |
| Samedi 19 Avril | |||||
| FP3 | 60′ | 16h30 | 17h30 | 15h30 | 20h30 |
| Qualifs | 60′ | 20h00 | 21h00 | 19h00 | 00h00(J+1) |
| Dimanche 20 Avril | |||||
| Course | 50 tours | 20h00 | 21h00 | 19h00 | 00h00(J+1) |