mercredi, septembre 9, 2026

Jett Lawrence en mode maitrise, l’infirmerie déborde…

Ce week-end, la caravane bringuebalante du championnat américain de motocross plante ses tonnelles en pleine forêt, direction Washougal, Etat de Washington, pour la huitième étape d’une saison aussi imprévisible qu’un départ en grille sous l’orage. Washougal… son atmosphère bucolique, ses sapins centenaires, ses rivières sinueuses et ses épingles huileuses. Un circuit aussi photogénique qu’un compte Instagram de vanlife, mais derrière la carte postale, c’est surtout un traquenard glissant qui brise les égos aussi bien que les chevilles.

Vacances forcées pour Plessinger et Vialle

Premier constat : l’infirmerie affiche complet. Aaron Plessinger, le cowboy moustachu de la bande, dégaine un “DNF médical” cette semaine. Son corps en vrac a décidé de dire stop, sa KTM restera au box, et ses fans devront se contenter de ses storys Instagram depuis un jacuzzi médical. Le gaillard, d’habitude tout sourire, n’a plus grand-chose à rire ces temps-ci, entre chutes acrobatiques et chronos plombés.

Côté français, même tarif. Tom Vialle, notre petit coq tricolore, ne viendra pas répandre la bonne parole de la finesse européenne sur le sol américain. Une blessure de plus, et c’est l’Hexagone tout entier qui retourne bouder devant sa galette-saucisse. Le rêve américain de Vialle continue de ressembler à un stage commando en terrain hostile, avec piqûre de rappel tous les week-ends.

Le piège Washougal : glissade garantie

Si Washougal fait saliver les amateurs de photos filtrées à la lueur du couchant, les pilotes, eux, savent à quoi s’attendre : un vrai billard de verglas caché sous une couche de poudre de cacao. À l’œil, la terre paraît moelleuse, presque accueillante. En réalité, c’est du savon noir camouflé. Le grip, ici, c’est une légende urbaine. Le genre de circuit où tu peux perdre l’avant, l’arrière, et parfois les deux en même temps – le tout flat out sous les applaudissements d’un public en mode touriste.

Ajoutez à cela les jeux d’ombres et de lumière qui transforment chaque ornière en énigme visuelle, et vous obtenez un cauchemar pour metteur au point. Les suspensions pleurent, les pneus prient, et les pilotes prient encore plus. Et pourtant, année après année, ils reviennent. Masochisme ? Tradition ? Peut-être les deux.

Les stats ne mentent jamais…

Du côté des palmarès, certains noms brillent plus que d’autres sur le flanc du mont Washougal. Ryan Dungey, le Ken de l’ère carburateur, y a signé 5 victoires en 450 – propre, clinique, sans une mèche de travers. Ricky Carmichael, lui, y est venu, a vu, et a labouré la forêt avec sa légendaire brutalité pour quatre victoires. Plus récemment, Chase Sexton et Eli Tomac s’en sont sortis avec trois bouquets chacun, histoire de rappeler qu’il faut à la fois des jambes, des bras et un cerveau pour dompter ce circuit piégeux.

En 250, Haiden Deegan est l’homme du moment. Deux victoires, la dernière toute fraîche, et une envie manifeste de marcher dans les pas de James Stewart. Reste à voir s’il pourra gérer la pression d’un terrain où la moindre erreur se paie cash, et où la seule constance, c’est l’inconstance.

Une ambiance de kermesse forestière

Washougal, c’est aussi l’unique course dans le Pacifique Nord-Ouest, et ça se sent. Le public local débarque en famille, entre deux randonnées et un barbecue, prêt à hurler au moindre whip. L’événement, qui court depuis 1980 (presque sans interruption, on vous épargne le Covid), est devenu une tradition régionale. Une messe motocross célébrée au cœur des bois, entre deux nuages de poussière et trois food trucks.

Mais ne vous y trompez pas : malgré les fumets de hot-dogs et les balades en quad, on est ici sur l’une des étapes les plus techniques du championnat. Ceux qui performent à Washougal méritent plus qu’un trophée : ils mériteraient presque une médaille militaire.

Le scénario du week-end : tout sauf prévisible

Alors, à quoi s’attendre pour ce week-end ? À peu près tout, sauf à quelque chose de rationnel. Avec une grille privée de quelques têtes d’affiche, c’est l’occasion rêvée pour les seconds couteaux de sortir du bois (sans jeu de mots). Peut-être un podium surprise, un holeshot d’un pilote inconnu, ou une victoire tactique d’un vétéran qui connaît chaque racine du circuit.

Mais attention, rien ne se passe jamais comme prévu à Washougal. C’est le genre d’endroit où la météo décide parfois de jouer les trouble-fête, où les chronos sont écrasés d’une manche à l’autre, et où les commentateurs eux-mêmes finissent par abandonner toute logique pour parler d’« ambiance mystique ».

En résumé : beauté, pièges, et chaos organisé

Washougal est l’illustration parfaite de ce qu’est le motocross : un sport où la nature impose ses règles, où le talent seul ne suffit pas, et où chaque victoire a le goût d’un exploit. Entre la boue sournoise, les arbres centenaires et les absents de marque, cette 8e manche s’annonce comme un théâtre parfait pour le drame, les surprises et quelques envolées lyriques.

Alors oui, c’est beau Washougal. Mais c’est un peu comme les vacances dans un chalet sans chauffage : ça a du charme, mais faut aimer souffrir.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
MX450 R130’+2tours12h1023h1021h1002h10(J+1)
MX250 R130’+2tours13h1000h10(J+1)22h1003h10(J+1)
MX450 R130’+2tours14h2501h2523h2504h25(J+1)
MX 250 R130’+2tours15h2502h2500h25(J+1)05h25(J+1)
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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