Bienvenue dans le fascinant monde du Rallycross, cette discipline bâtarde où l’on balance des voitures de plus de 600 chevaux dans des arènes à mi-chemin entre le circuit de karting mal goudronné et le terrain vague après une rave-party. Un sport né pour les écrans de télévision, qui a fini par disparaître des radars. Mais surprise ! Pour 2025, la FIA a décidé de reprendre le bébé en main. Comme souvent, c’est quand tout le monde s’en fiche qu’elle débarque, cigarette au bec, pour “sauver ce qui peut l’être”.
Un championnat qui s’est (re)perdu en chemin
Le Championnat du Monde de Rallycross (WRX) a connu ses heures de gloire… il y a une dizaine d’années. À l’époque, les stars du WRC en fin de contrat – ou par simple amusement – venaient jouer des portières contre des fous furieux scandinaves élevés à la glisse et au gravier. Sébastien Loeb, Petter Solberg, Marcus Grönholm… Un casting de gala pour une discipline explosive. Sauf que depuis, plus personne n’a vraiment compris qui gérait quoi, à quel moment, et pourquoi la finale se déroulait devant 400 pelés sur une piste en Lettonie un jeudi matin.
Résultat : une visibilité en berne, des calendriers abscons et une offre streaming digne d’un VPN mal réglé. Il aura fallu que la FIA, jusqu’ici occupée à redessiner le calendrier de la Formule E et à simuler de la neutralité politique tout en préparant les prochaines élections, se décide enfin à intervenir. Dès 2025, c’est donc elle qui reprend directement les commandes du WRX. À défaut de vision, on aura au moins de la paperasse.
Kickoff à Lousada : on refait le monde sur de la poussière
C’est donc ce week-end, à Lousada, au Portugal, que la saison 2025 redémarre, dans un nuage de terre sèche, de pneus carbonisés et d’espoirs humides. Un lieu mythique pour les amateurs de rallye, recyclé en théâtre d’empoignades mécaniques à coups d’ailes froissées et de “joker laps” improvisés. Le tout sera diffusé en direct sur YouTube, pour ceux qui auront survécu à l’algorithme et ses suggestions d’essais de tondeuses thermiques. On ne pourra pas dire qu’on ne l’avait pas rendu accessible – encore faut-il savoir que ça existe.
Six manches, zéro finale… pour l’instant

Cette saison 2025 ressemble à un carnet de commandes en début d’activité. On compte six manches au calendrier. Oui, six. Pas dix, ni douze. Six. Comme les doigts de la main d’un mécanicien distrait passé par la moulinette de l’intelligence artificielle. Et cerise sur le carénage : on ne sait toujours pas où aura lieu la finale prévue les 22 et 23 novembre. Un détail, paraît-il. L’essentiel, c’est d’avoir une date. Le lieu viendra… ou pas. On murmure même que la FIA envisage une épreuve en “lieu secret”, histoire de pimenter les recherches Google.
Des voitures de guerre pour un public de niche
Si le Rallycross s’est perdu dans les méandres de l’organisation, son ADN, lui, n’a pas changé. Des voitures façon silhouette surpuissantes, un peu comme si on collait la carrosserie d’une citadine sur un missile sol-sol. Le tout dopé à l’électrique pour le WRX pur jus, tandis que les séries ERX1 et ERX3, adossées aux manches européennes, proposent des déclinaisons techniques plus variées (comprendre : un joyeux foutoir).
Les ERX1 regroupent les engins thermiques à la sauce traditionnelle, tandis que les ERX3 s’adressent aux versions deux roues motrices, plus abordables mais aussi plus susceptibles de finir dans un muret. C’est dans ces catégories que l’on trouvera les futurs talents… ou les pilotes recalés des autres disciplines venus faire un dernier tour de piste avant de rendre leur licence.
Système de course : la foire au chaos
Les meetings se déroulent selon un schéma bien huilé (ou justement pas assez) : d’abord des poules de qualification, où l’on vous classe selon vos chronos et votre capacité à ne pas finir sur le toit. Puis viennent les quarts, les demies et enfin, les finales. On commence à 20 voitures et on finit à huit dans une arène de la taille d’un terrain de rugby. Ambiance stock-car sous amphétamines.

Chaque manche est un condensé de furie, où l’on passe de la cinquième à la marche arrière en l’espace d’un virage, où les commissaires font la loi au ralenti et où chaque contact est soit “partie intégrante du spectacle”, soit “pénalisable de 5 secondes”, selon l’humeur du directeur de course ou la nationalité du pilote.
Les ex du WRC : ils sont venus, ils sont tous là (sauf quand ils ne sont pas payés)
Désormais, les stars du rallye se font plus rares, la discipline n’étant plus assez sexy pour attirer les gros sponsors. On en trouvera encore un ou deux planqués dans les ERX, bien décidés à faire parler la glisse entre deux interventions TV.
Mais le vrai problème reste ailleurs : qui regarde encore le WRX en 2025 ? Et surtout, où ? La FIA a promis un plan de communication, de la diffusion en direct et une meilleure exposition. Résultat : un lien YouTube balancé 12 heures avant la course et une couverture médiatique aussi dynamique qu’un commentaire de golf. Je vais finir par m’y coller ! (private joie…ou pas!)
Une discipline à l’agonie… mais attachante
Malgré tous ses défauts – son amateurisme assumé, son casting en dents de scie, ses calendriers flous et ses tribunes dégarnies – le Rallycross a quelque chose de profondément jouissif. C’est brutal, intense, sans filtre. Une discipline qui fait tout à l’instinct, avec le bruit et la fureur, quitte à se brûler les ailes à chaque virage.

Alors oui, WRX 2025 démarre à Lousada, dans une ambiance qui oscille entre relance et réveil tardif. Mais tant qu’il y aura des pilotes fous, des virages en terre et des départs catapulte façon Mad Max, on continuera à s’y intéresser. Entre deux plantages de stream et un crash dans le Joker Lap.
On appelle ça du rallycross. Ou de la poésie mécanique. Façon pot d’échappement.