Le Championnat d’Europe des Rallyes (ERC) 2025 s’élance cette semaine (3-6 avril) dans la chaleur étouffante de Cordoue, en Espagne, avec le 42e Rallye Sierra Morena – Córdoba Patrimoine de l’Humanité. Pour la première fois, ce bled andalou, plus connu pour ses patios fleuris que pour ses moteurs hurlants, hérite du privilège d’ouvrir la 72e saison de l’ERC. Avec 64 équipages prêts à en découdre sur 13 spéciales en asphalte aussi rapides qu’impitoyables, l’entrée en matière promet d’être un carnage jubilatoire. Et cerise sur le capot : Carlos Sainz, 62 ans et double champion WRC, sort de sa retraite dorée pour jouer les trouble-fêtes. On dirait un western-paëlla, mais avec plus de chevaux sous le capot. Retenons également la présence d’un duo français qui pourrait bien jouer les premiers rôles: Bonato/Boulloud (Citroën C3 Rally2) et Lefebvre/Malfoy (Hyundaï i20 Rally2). Ces deux là se sont tirés une magnifique bourre sur le terrain ch’ti pour le kickoff tricolore avec l’avantage Lefebvre.
Le plateau est fourni, presque indécent : 29 Rally2 venues de Citroën, Ford (M-Sport), Hyundai, Škoda et Toyota, 11 ERC3, 24 ERC4, 22 Junior ERC, et même cinq papys dans le tout nouveau FIA Master ERC Championship, dont un certain Jos Verstappen – oui, le père de Max, qui troque ses anciennes F1 pour une virée dans la poussière espagnole. Avec 23 nationalités au départ, l’ERC se la joue melting-pot international, mais ne vous y trompez pas : ça va surtout être un festival d’ego froissés et de pneus éclatés. Parmi les têtes d’affiche, on retrouve Efrén Llarena et Sara Fernández, ex-champions ERC, Miko Marczyk et Szymon Gospodarczyk, troisièmes l’an dernier, et Andrea Mabellini avec Virginia Lenzi, qui ont décroché une victoire surprise en 2024. Sans oublier Mille Johansson, 19 ans, qui passe des Juniors à l’ERC1 avec l’arrogance d’un gamin qui a tout gagné en 2024. Bonne chance, petit. Vous aurez noté que le champion en titre kiwi Hayden Paddon est pointé DNS.

Llarena, 29 ans, ne se contente pas de piloter : il joue aussi les patrons avec son propre team. « J’adore ce sport, c’est mon avenir », claironne-t-il, comme si on allait lui donner une médaille pour ça. Marczyk, lui, la ramène avec son optimisme de Polonais surmotivé : « On est confiants, on va tout donner dès le départ. » Super, mec, mais t’as vu le nombre de furieux au départ ? Quant à Mabellini, 25 ans, il joue la carte de la prudence mielleuse : « On a une grosse opportunité, mais faut rester focus. » Traduction : il sait qu’il va se faire bouffer tout cru s’il relâche le volant une seconde.
Et puis, il y a Carlos Sainz. Oui, LE Sainz, légende vivante du WRC, deux titres mondiaux, 26 victoires, et une carrière qui sentait déjà la naphtaline il y a 20 ans. À 62 balais, le voilà qui débarque à Cordoue, troquant son Ford Raptor T1+ du Rallye-Raid pour une Fiesta Rally2 de chez M-Sport. Trente-six ans après sa dernière pige en ERC, le voilà qui revient, probablement parce qu’il s’ennuyait entre deux parties de golf. « On est ravis d’accueillir le roi Carlos », s’extasie Iain Campbell, patron de l’ERC, avec des étoiles dans les yeux. « Quelques défis logistiques, mais ça valait le coup. » Tu m’étonnes, Iain, un papy pareil au départ, c’est du pain béni pour la com’. Reste à voir si Sainz, inscrit au Master ERC (ci-dessous en photo en 1986 sur R5 Groupe B) avec Verstappen, a encore les réflexes ou s’il va juste jouer les touristes en Fiesta.

Le parcours ? Un régal pour les sadiques : 209,96 km de chrono sur 664,04 km au total, avec 13 spéciales en asphalte abrasif qui vont transformer les pneus en chewing-gum fondu. Ça commence vendredi à 20h05 avec une super spéciale dans le centre de Cordoue – histoire de réveiller les mamies du coin. Samedi, trois spéciales à boucler deux fois, dont la monstrueuse Villaviciosa (27,19 km), la plus longue du rallye. Dimanche, même topo avec deux boucles de trois spéciales, jusqu’à l’Ermitas-Trassiera Power Stage à 17h05, 25e du nom en ERC. « Les spéciales sont incroyables, le décor sublime, les fans espagnols tarés », s’émerveille Campbell. Ouais, et l’asphalte impitoyable, les virages en pagaille et les copilotes au bord de la crise de nerfs, ça te fait pas rêver, ça, Iain ?
Avec huit vainqueurs d’épreuves ERC au départ, dont certains qui se prennent déjà pour des rois du bitume, la bataille s’annonce féroce. Johansson, le suédois insolent, veut prouver qu’il peut jouer dans la cour des grands en ERC1. Sainz, lui, risque de rouler sur son expérience – ou sur les nerfs de Jon Armstrong, son coéquipier chez M-Sport pour ce one-shot. Verstappen, on sait pas trop ce qu’il fout là, mais voir un ex pilote de F1 se perdre dans les chemins espagnols, ça vaut son pesant de cacahuètes.
Alors, ce Rallye Sierra Morena, coup d’envoi génial ? Avec un plateau aussi chargé et un règlement qui fait déjà jaser (on y reviendra), ça sent le bordel rallystique parfaitement organisé. Les pneus vont hurler, les ambitions s’écraser, et Sainz risque de rappeler à tout le monde qu’à 62 ans, il peut encore leur mettre une fessée.
| Intitulé | Longueur | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 4 Avril | ||||
| ES1 Córdoba | 1,500Km | 20h05 | 22h05 | 01h05(J+1) |
| Samedi 5 Avril | ||||
| ES2 Obejo1 | 6,700Km | 10h00 | 12h00 | 15h00 |
| ES3 Villanueva1 | 12,800Km | 11h05 | 13h05 | 16h05 |
| ES4 Villaviciosa1 | 27,190Km | 12h10 | 14h10 | 17h10 |
| ES5 Obejo2 | 6,700Km | 15h10 | 17h10 | 20h10 |
| ES6 Villanueva2 | 12,800Km | 16h15 | 18h15 | 21h15 |
| ES7 Villaviciosa2 | 27,190Km | 17h20 | 19h20 | 22h20 |
| Dimanche 6 Avril | ||||
| ES8 Cerrobejuelas1 | 19,890Km | 08h20 | 10h20 | 13h20 |
| ES9 Pozoblanco1 | 25,220Km | 09h25 | 11h25 | 14h25 |
| ES10 Ermitas1 | 12,430Km | 11h05 | 13h05 | 16h05 |
| ES11 Cerrobejuelas2 | 19,890Km | 13h55 | 15h55 | 18h55 |
| ES12 Pozoblanco2 | 25,220Km | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| ES13 Ermitas2 | 12,430Km | 17h05 | 19h05 | 22h05 |