vendredi, septembre 11, 2026

Kickoff endurance moto au Mans…

Sous ses airs d’acronyme propret à la sauce ONU, l’EWC cache en réalité un cocktail hautement inflammable : de l’huile, de la sueur, de la stratégie millimétrée et des mecs assez fêlés pour rouler à 100%… pendant 24 heures d’affilée. Car oui, dans le monde très feutré des disciplines moto, l’endurance, c’est un peu l’enfant rebelle qui a décidé que faire dix tours à fond, c’était sympa, mais qu’en faire plusieurs centaines d’affilée, c’était mieux. Et comme on est bien élevés, c’est au Mans, sur le circuit Bugatti, que cette folie recommence chaque année. Tout est en place pour ce kickoff 2025 du Championnat du Monde d’Endurance Moto. Les moteurs vont hurler, les mécanos ne dormiront pas, et les pilotes finiront la course en parlant à leur guidon. Un week-end comme les autres, donc.

L’endurance moto : sport mécanique ou test clinique ?

Commençons par le commencement : l’EWC, c’est une spécialité française. Un peu comme les fromages qui puent ou les débats sur la baguette à moins d’euros. Certes, les motos viennent du Japon, les pneus parfois d’ailleurs, mais les mecs qui tiennent les guidons ou les clefs de 17, eux, sont souvent nés entre Dunkerque et Nice. L’an passé, dans les cinq teams les mieux classés, neuf pilotes tricolores (sur un total de 15) se sont envoyé douze cafés par relais et se sont succéder comme des sprinters insomniaques. Et ça ne s’arrête pas là cette saison: cinq écuries françaises sur seize engagées à temps plein, et deux des quatre manches sur sol français, dont l’ouverture ce week-end au Mans, et la clôture au Castellet pour le Bol d’Or.

À ce stade, on peut le dire sans rougir : l’EWC, c’est le Tour de France des moteurs, avec moins de pédales et beaucoup plus de vitesses. Quoi, moi taquin ?

Le SERT, roi de la nuit…et à domicile !

Tenants du titre 2024, le SERT (Suzuki Endurance Racing Team pour les intimes) a eu le bon goût de rafler tout ce qu’il y avait à prendre, y compris le #1, symbole d’une domination sans bavure. L’équipe, coachée par des sorciers mi-ingénieurs, mi-chamans, joue cette année encore les gros bras avec une GSX-R1000 RRRRRRRR……. affûtée comme un bistouri de neurochirurgie.

L’an passé, le SERT avait croqué la classique mancelle malgré quelques déboires dont une chute, laissant à ses adversaires le soin de méditer sur la notion de “fiabilité sous haute tension”. Car l’endurance moto, ce n’est pas juste un sport : c’est une contradiction roulante. On exige des machines aussi rapides que des missiles sol-sol, tout en étant aussi endurantes qu’un mulet tibétain. Le tout, sans jamais griller un embrayage, péter une vis ou planter une boîte de vitesses. En somme : on veut le beurre, l’argent du beurre, la crémière et si possible la fille si elle a plus de 18 printemps…

Le circuit Bugatti : 4,185 km d’insomnie

Ne vous y trompez pas : on parle bien du circuit Bugatti, pas de la version 13 km utilisée par les voitures. Le tracé moto, long de 4,185 km, enchaîne les enfilades techniques, les freinages en descente, les chicanes à clous et les zones de grip aussi capricieuses qu’un chef étoilé. Entre les S du Dunlop, la chicane Ford et le fameux infield en mode essoreuse, les pilotes n’ont pas le temps de se demander s’ils ont bien fermé la porte du box. Ajoutez à cela les nuits froides d’avril, les températures qui flirtent avec le mépris, et vous obtenez une ambiance à mi-chemin entre un survival game et un bal masqué (les casques, les phares, le chaos…).

La schizophrénie comme stratégie

Soyons clairs : les équipes d’endurance sont toutes atteintes d’un syndrome bizarre. Elles veulent des machines les plus rapides possibles. Mais aussi les plus fiables. Ce que tout ingénieur vous dira impossible sans que ça se termine par une explosion ou une panne d’ECU à 4h du matin. Et pourtant, elles y arrivent. Par miracle ? Non. Par litres de sueur, nuits blanches et routines de relais répétées comme des chorégraphies de ballet soviétique.

Imaginez un trio de pilotes : chacun doit s’adapter à la moto, à la stratégie, à la météo et à ses coéquipiers. Le tout sans casser le moteur, ni sa nuque. Et quand ça se passe bien ? On pointe en tête à 8h du matin, en serrant les fesses jusqu’au dernier tour à 15h00. Quand ça se passe mal ? Une boîte cassée, une chute dans la nuit, et adieu podium, bonjour goulag du classement général.

En conclusion : vive la France, vive les fous

Ce coup d’envoi de l’EWC 2025 au Mans s’annonce comme une grande messe mécanique où les croyants prient avec du sans plomb dans les veines en pleines fêtes pascales. Le SERT remet son titre en jeu, les Français ont la dalle, les pneus vont pleurer, et le café va couler à flots. C’est l’endurance moto : une discipline où l’on gagne à force d’intelligence, de patience, et de nerfs d’acier. Et un peu de folie, aussi. Parce qu’il faut l’être, pour rouler aussi vite, aussi longtemps, en pleine nuit, à quelques centimètres des autres, pour un tour de plus. Les 24H du Mans c’est également et surtout une fête ininterrompue dédiée à la moto et tout ce qui va avec (concerts de rock, concours tous plus crétins les uns que les autres…)…adorateurs de la bien pensance et de la pensée unique, wokistes en carton et autres déconnectés, ne venez surtout pas ! Immense risque de PLS…

Rendez-vous dimanche 15h00 pour les survivants. Les autres ? Ils seront déjà à la buvette, en train de se demander pourquoi ils y retournent chaque année.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnamJapon
Jeudi 17 Avril
Essais libres2h10h0012h0015h0017h00
Qualifs11h5016h0018h0021h0023h00
Essais nuit1h3020h3022h3001h30(J+1)03h30(J+1)
Vendredi 18 Avril
Qualifs21h5010h2012h2015h2017h20
Samedi 19 Avril
Warm up45′10h3012h3015h3017h30
Course24H15h0017h0020h0022h00
Dimanche 20 Avril
Arrivée15h0017h0020h0022h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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