C’est reparti pour un tour. Ou plutôt douze. Ce week-end, le rideau se lève sur la saison 2025 du Championnat JuniorGP, l’antichambre où se forgent les futurs rois de la vitesse. Niché dans l’organigramme de la FIM, ce championnat ne fait pas dans le folklore : ici, pas de paillettes, pas de parasols promotionnels, mais du cuir, du talent brut, et des trajectoires millimétrées. C’est à Estoril, au Portugal, que les choses sérieuses commencent.
Une saison à travers l’Europe… mais pas trop non plus
Composé de 7 meetings répartis dans 4 pays (Portugal, Espagne, France et Italie), le calendrier 2025 reste fidèle à sa ligne de conduite : la péninsule ibérique en épicentre. Sur les 12 courses programmées, 7 auront lieu en Espagne, preuve, s’il en fallait une, que le royaume de Márquez et Lorenzo reste la matrice de production des jeunes fauves. Toutefois, calez vos agendas, la course unique en MotoGP en France se déroule le 6 Juillet.
Ce choix logistique n’est pas anodin. Outre l’ensoleillement garanti, la densité de circuits homologués et le public averti en font un laboratoire idéal pour les futures stars du MotoGP. C’est ici, sur ces terres abrasives, que se révéleront ceux que l’on retrouvera peut-être dans quelques années à dompter des proto à la cavalerie et l’aéro fous à Losail ou Mugello.
36 gladiateurs dans l’arène
Ils seront 36 pilotes à temps plein à tenter de s’extirper de cette jungle de gommes et de carénages. Venus du monde entier – Europe, Asie, Amériques – les engagés partagent une même ambition : intégrer le cercle fermé du Moto3, première marche du championnat du monde. Et attention, le JuniorGP n’est pas une énième coupe monomarque avec des adolescents qui confondent virage et TikTok. Ici, ça roule fort, très fort, souvent plus vite que dans certaines manches de championnat national.
Parmi cette meute affûtée, un nom attire déjà l’attention côté français : #33 Enzo Bellon. Ce jeune talent réunionnais, soutenu par la Fédération Française de Motocyclisme et reconnu comme sportif de haut niveau, débute cette saison face à une concurrence aussi vorace qu’expérimentée. Pas simple, sur le papier.
Enzo Bellon, l’audace de la jeunesse

À peine sorti de l’adolescence – et encore, il y traîne un orteil – Enzo “fasty foxy” Bellon débarque dans le paddock du JuniorGP avec une étiquette flatteuse mais lourde à porter : celle du petit prodige tricolore. À Estoril, il faudra faire mieux que jouer les touristes à la sortie du virage Parabolica Interior. Face à des pilotes plus costauds, plus vieux, souvent aguerris au JuniorGP depuis un ou deux ans, Bellon devra composer avec un déficit d’expérience et parfois de gabarit.
Mais n’allez pas croire qu’il est là pour faire de la figuration. Doté d’une intelligence de course rare et d’une capacité d’adaptation impressionnante, #33 Fasty Foxy aborde ce championnat comme une immense opportunité. Pas question de lui chercher des excuses a priori. Il est là pour apprendre, pour se battre, et pourquoi pas, pour briller.
Chaque départ, chaque freinage raté, chaque dépassement au chausse-pied sera une leçon. Et dans cette cour des miracles version FIM, ceux qui survivent aux premiers tours sont souvent ceux que les recruteurs n’oublient pas.
Une vitrine pour les recruteurs… et les vautours
Car le JuniorGP n’est pas qu’une compétition : c’est aussi un vaste marché aux talents. Les équipes officielles de Moto3 et Moto2 y piochent à foison. KTM, Honda, GASGAS ou Ducati scrutent chaque chrono, chaque camera embarquée. Et même au-delà des usines, les agents, managers, et autres chasseurs de pépites hantent les paddocks à la recherche du prochain miraculé de la courbe de Rossi.
Certes, plusieurs teams MotoGP disposent déjà de leur propre structure Junior, mais ça n’empêche pas les coups de filet surprises. Un gros dépassement en dernière chicane peut suffire à décrocher un test en Moto3 ou une place dans une équipe satellite. Le moindre fait d’armes peut valoir plus qu’un trophée.
Estoril, première ligne droite vers les sommets

Le circuit portugais, avec ses 4,1 km de pièges et son asphalte technique, servira de premier juge de paix. Ceux qui sortiront du week-end avec un top 10 ou même un top 15 pourront déjà bomber le torse. Ceux qui rentreront dans la camionnette avec des carénages en kit comprendront que le JuniorGP, c’est un sport de contact… mais à plus de 200 km/h.
Pour Enzo Bellon, c’est une plongée dans l’inconnu, mais c’est aussi la chance d’une vie. Il aura contre lui l’âge, l’expérience, les gabarits espagnols bâtis pour encaisser, mais avec lui, le talent, la fraîcheur et une ambition dévorante. Il n’aura pas forcément le luxe de tout gagner cette année, mais il a celui de tout apprendre.
Le JuniorGP 2025 est lancé. Les compte-tours s’affolent, les trajectoires se croisent, et les rêves s’écrivent à coups de genoux posés au sol. À Estoril, la saison commence, et peut-être aussi une carrière. Alors bonne chance, Enzo. Et aux autres aussi… mais un peu moins.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Mercredi 30 Avril | |||||
| TrackWalk | 1h30 | 17h00 | 20h00 | 18h00 | 23h00 |
| Jeudi 1er Mai | |||||
| FP1 | 35′ | 10h30 | 13h30 | 11h30 | 16h30 |
| FP2 | 35′ | 14h15 | 17h15 | 15h15 | 20h15 |
| Vendredi 2 Mai | |||||
| FP1 | 35′ | 10h30 | 13h30 | 11h30 | 16h30 |
| FP2 | 35′ | 14h15 | 17h15 | 15h15 | 20h15 |
| Samedi 3 Mai | |||||
| FP | 30′ | 10h20 | 13h20 | 11h20 | 16h20 |
| Qualifs1 | 15′ | 13h10 | 16h10 | 14h10 | 19h10 |
| Qualifs2 | 15′ | 15h15 | 18h15 | 16h15 | 21h15 |
| Dimanche 4 Mai | |||||
| Course | 16 tours | 13h00 | 16h00 | 14h00 | 19h00 |