Long Beach. Ses palmiers, ses sunsets Instagrammables, ses embouteillages millénaires… et une fois par an, son Grand Prix IndyCar, où des fusées roulantes slaloment entre les glissières de sécurité comme si leur vie (et surtout celle de leurs suspensions) en dépendait. Oubliez les ovales à 370 km/h où les pilotes se rasent les moustaches avec les rétroviseurs. Ici, c’est virages à angle droit, bosses traîtresses, et murs plus proches que la belle-mère un soir de Noël après moult toasts portés…
Et ce week-end, pour le 50e anniversaire du GP de Long Beach (oui, 50 piges à tenter de ne pas s’écraser contre les rails en décor plastique), la météo était parfaite, le soleil était au rendez-vous, et le spectacle… aussi chaotique que jouissif.
Kirkwood sort les crocs (et les centièmes)
Dans cette jungle urbaine tapissée de grip incertain c’est Kyle Kirkwood qui a dégainé le chrono le plus sec du samedi. 1’06”1921. Troisième pole en carrière, première de la saison. Et surtout, sur son circuit fétiche. Il avait déjà mis tout le monde d’accord ici en 2023 avec la pole et la victoire. L’histoire se répète ? Lui, en tout cas, y croit dur comme du carbone : “Quand t’es dans une Andretti à Long Beach, tu sais que t’es rapide“. Traduction une fois décodé: “J’ai le matos, j’ai les bras, et cette fois j’ai même pas frotté le mur, miracle !”

On l’imagine encore tremblant de l’adrénaline post-tour qualif, comme s’il venait de battre Verstappen dans un kart de location. Mais bon, il peut trembler tout ce qu’il veut : il a verrouillé la première place avec un tour au couteau.
Andretti Global : la revanche des enfants gâtés
Andretti Global, cette équipe qu’on aime souvent brocarder pour sa capacité à transformer du potentiel en frustrations diverses, a décidé de rappeler qu’elle savait encore comment se hisser en haut de la feuille des temps sans avoir besoin d’un effondrement stratégique ou d’un miracle météorologique.

Colton Herta, enfant de la côte Ouest et golden boy local, complète le doublé en deuxième position. Lui aussi a claqué un tour solide, même s’il a eu le malheur de rater le timing parfait pour chauffer ses pneus. Résultat : un peu de patinage en début de tour, quelques dixièmes envolés, et une belle excuse toute prête pour justifier la “petite” différence avec Kirkwood : “Je pense que j’ai perdu le temps dans les premiers virages à cause du warm up“. Factuellement pas faux mais ça sonne quand même genre: “mon chien a mangé mes devoirs” en version pilote pro.
Et histoire de compléter le tableau, Marcus Ericsson, nouvelle recrue Andretti exilé de chez Ganassi, claque un cinquième chrono. Trois voitures Andretti dans le top 5. Le genre d’alignement planétaire qui n’arrive qu’une fois par décennie, ou quand Michael Andretti menace de ressortir le casque.
Palou : le roi n’est pas mort, mais il est descendu du trône (temporairement)
Alex Palou, double vainqueur en 2025 et leader du championnat, s’est fait voler la vedette sur la ligne. Le gars avait sorti une masterclass dans les dernières secondes de la Fast Six, reprenant la tête à 30 secondes de la fin. On croyait l’affaire pliée. Sauf que Kirkwood et Herta avaient encore du jus sous le pied, et Palou s’est retrouvé éjecté du trône plus vite qu’un tweet gênant.
Il partira donc troisième. Ce qui, vu son rythme habituel en course, signifie qu’il a déjà programmé sa remontée vers la victoire à peu près au moment où il mettra la première au départ ou pour le moins quand lui le décidera s’il souhaite jouer un peu.
Les invités surprise et les boulets habituels
Derrière, Felix Rosenqvist s’est glissé en quatrième position, profitant d’une bénédiction tombée du ciel : la boulette de Christian Lundgaard, qui a eu la brillante idée de finir sa qualif dans un tas de pneus à Turn 6. Un crash pile après le drapeau à damier, histoire de bien tout gâcher. Et comme le règlement IndyCar punit les fauteurs de rouge par une double suppression de leurs meilleurs chronos (oui, c’est aussi cruel que ça en a l’air), exit Lundgaard, bonjour Felix.
Rosenqvist, lui, n’en demandait pas tant. Chez Meyer Shank Racing, on savoure chaque passage en Fast Six comme un repas gastronomique en haut du Piton des Neiges.
Scott McLaughlin, de son côté, a sauvé les meubles de chez Penske avec une sixième place sans panache. Une perf correcte, mais qui ne fera pas frissonner Roger Penske dans sa loge climatisée. Quand on voit Newgarden et Power hors du coup, on se dit que les Rouges jouent petit bras cette saison sur les tracés urbains.
| Pos | Pilote | Chronos |
| 1 | Kyle Kirkwood | 1’06.1921 |
| 2 | Colton Herta | +0.2311 |
| 3 | Alex Palou | +0.4333 |
| 4 | Felix Rosenqvist | +0.4437 |
| 5 | Marcus Ericsson | +0.5140 |
| 6 | Scott McLaughlin | +0.8472 |
| 7 | Marcus Armstrong | +0.5162 |
| 8 | Alexander Rossi | +0.7770 |
| 9 | Pato O’Ward | +1.1321 |
| 10 | David Malukas | +1.5599 |
Le décor est planté, les murs sont proches, les nerfs vont sauter
Alors voilà, les dès sont jetés. Demain, ce sera 85 tours d’intensité, de freinages à l’agonie, de stratégies foireuses, de neutralisations surprises, et de commentateurs qui prononcent “Push-to-pass” comme s’ils vendaient des aspirateurs. À Long Beach, une pôle ne garantit rien, sauf peut-être une meilleure vue sur le carnage du premier virage.
Mais une chose est sûre : Kirkwood aura une cible dans le dos plus grosse qu’un SUV version US. Palou rôde. Herta veut briller devant les siens. Et au moindre restart foireux, c’est toute la hiérarchie qui peut basculer dans la folie furieuse d’un tracé où le plus petit contact avec un mur transforme une victoire potentielle en week-end ruiné.
Bienvenue à Long Beach. Ici, c’est beau, c’est chaud, et c’est souvent brutal.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Dimanche 13 Avril | ||||
| Warmup | 12h00 | 23h00 | 31h00 | 02h00(J+1) |
| Course 90 tours | 16h30 | 04h30(J+1) | 02h30(J+1) | 07h30(J+1) |